Seulement 14 survivants : la Draft 2015 a pris très cher

Towns, Booker, Porzingis, Portis… et de moins en moins d’autres. La Draft 2015 s’est vidée à une vitesse étonnante en seulement onze ans.

Seulement 14 survivants : la Draft 2015 a pris très cher

Il suffit parfois d'une petite phrase lancée au milieu d'un clash pour réaliser que le temps passe très, très vite en NBA. En répondant à Norman Powell, avec lequel il venait d'avoir un échange un peu tendu sur les réseaux sociaux, Bobby Portis a glissé un détail presque plus intéressant que leur embrouille.

« On est de la même Draft. Big up à 2015. Il ne reste plus qu'environ neuf d'entre nous », a écrit le nouveau joueur du Miami Heat, avant de demander à Powell de ne plus parler de lui comme d'une simple pièce ajoutée à un trade.

Portis y va un peu fort. Mais son impression n'est pas très éloignée de la réalité.

Les joueurs sélectionnés lors de la Draft 2015 et actuellement présents dans un roster NBA pour la saison 2026-2027 ne sont plus que 14 sur les 60 draftés : Karl-Anthony Towns, D'Angelo Russell, Kristaps Porzingis, Mario Hezonja, Myles Turner, Trey Lyles, Devin Booker, Kelly Oubre Jr, Bobby Portis, Tyus Jones, Larry Nance Jr, Kevon Looney, Pat Connaughton et Norman Powell.

Et encore, 2015 vient de récupérer deux joueurs

Le plus amusant est que ce chiffre de 14 est même un peu flatteur pour la Draft 2015. Mario Hezonja vient de faire son retour en NBA après six années d'absence, Cleveland l'ayant signé cet été. Le Croate n'avait plus joué dans la ligue depuis la saison 2019-2020.

Même chose pour Trey Lyles, qui a passé la saison dernière au Real Madrid avant de revenir aux Etats-Unis en signant avec Minnesota. Sans ces deux revenants de l'été, on serait donc tombé à seulement 12 représentants.

La phrase de Portis devient tout de suite beaucoup moins exagérée. Lorsqu'on revient au soir de la Draft, la disparition de cette génération saute encore plus aux yeux. Dans le top 10 de 2015, on trouvait Towns, Russell, Jahlil Okafor, Porzingis, Hezonja, Willie Cauley-Stein, Emmanuel Mudiay, Stanley Johnson, Frank Kaminsky et Justise Winslow. Quatre seulement sont aujourd'hui sur un roster NBA : Towns, Russell, Porzingis et Hezonja.

Heureusement pour la réputation de la cuvée, la suite avait été beaucoup plus riche : Myles Turner en 11, Devin Booker en 13, Oubre en 15, Portis en 22, Tyus Jones en 24, Larry Nance Jr en 27, Kevon Looney en 30, Pat Connaughton en 41 et Norman Powell en 46. La Draft 2015 n'était donc certainement pas une mauvaise Draft. Elle a simplement perdu énormément de profondeur en route.

2014 fait aussi bien que 2015… un an plus tard

Pour savoir si la situation est réellement exceptionnelle, le plus intéressant est évidemment de regarder les Drafts qui entourent celle de 2015. En appliquant exactement le même critère aux rosters actuels, voilà ce que cela donne :

  • Draft 2014 : 14 joueurs
  • Draft 2015 : 14 joueurs
  • Draft 2016 : 12 joueurs
  • Draft 2017 : 18 joueurs
  • Draft 2018 : 27 joueurs

Le premier chiffre est probablement le plus surprenant. La Draft 2014, pourtant plus ancienne d'un an, possède encore exactement autant de représentants que celle de 2015. On y trouve toujours Andrew Wiggins, Joel Embiid, Aaron Gordon, Marcus Smart, Julius Randle, Zach LaVine, Jusuf Nurkic, Gary Harris, Clint Capela, Bogdan Bogdanovic, Kyle Anderson, Jerami Grant, Nikola Jokic et Jordan Clarkson.

2015 n'est cependant pas la classe la plus touchée. Cet honneur douteux revient pour l'instant à 2016, avec seulement 12 joueurs draftés encore présents en NBA : Brandon Ingram, Jaylen Brown, Kris Dunn, Buddy Hield, Jamal Murray, Jakob Poeltl, Domantas Sabonis, Taurean Prince, Caris LeVert, Pascal Siakam, Dejounte Murray et Ivica Zubac.

Le chiffre peut donner une impression trompeuse parce que la « génération 2016 » compte aussi des undrafted qui ont réalisé de très belles carrières, notamment Alex Caruso et Fred VanVleet. Mais si l'on parle strictement des joueurs appelés lors de la Draft, 2015 et 2016 forment clairement un petit trou générationnel.

Et puis arrive la monstrueuse Draft 2018

Le contraste commence réellement avec 2017. Neuf ans plus tard, cette Draft conserve encore 18 de ses 60 joueurs, avec une liste qui reste particulièrement solide : Jayson Tatum, Donovan Mitchell, Bam Adebayo, De'Aaron Fox, Lauri Markkanen, OG Anunoby, Jarrett Allen, John Collins, Malik Monk, Derrick White, Josh Hart, Isaiah Hartenstein ou encore Dillon Brooks.

C'est peut-être là que la remarque de Bobby Portis prend tout son sens. Il s'est trompé dans ses comptes, mais pas vraiment dans son ressenti. Onze ans après, les membres de sa Draft commencent effectivement à se faire rares.