Pendant vingt minutes, la France a réellement fait vaciller Team USA. Puis la machine américaine s’est remise en marche. Les Bleues ont fini par s’incliner en finale du Mondial (97-79), victimes d’un énorme coup de pompe après la pause et de la montée en puissance d’une équipe américaine qui n’a plus laissé respirer son adversaire.
La déception était immense sur les visages français au coup de sifflet final. Elle disait aussi quelque chose de la performance accomplie jusque-là. Cette équipe avait fini par croire qu’elle pouvait vraiment aller chercher les Etats-Unis. Le premier quart-temps lui avait donné toutes les raisons d’y croire.
La France l’a terminé devant (20-17) grâce à une défense remarquable, agressive sur le porteur, présente dans les aides et suffisamment disciplinée pour empêcher les Américaines de trouver leur rythme habituel. Team USA devait travailler pour chaque panier et paraissait parfois franchement en délicatesse.
La confiance française a continué de grandir dans le deuxième quart-temps. Derrière une Gabby Williams héroïque et une Janelle Salaün au diapason, les Bleues ont même compté jusqu’à 11 points d’avance. Pendant quelques minutes, l’impossible ne semblait plus si impossible.
Les Etats-Unis ont toutefois commencé à trouver des solutions avant la pause. Jackie Young et Chelsea Gray ont pris feu par séquences et permis aux Américaines de réduire progressivement l’écart. Le 3 points inscrit sur le fil par Caitlin Clark a ramené Team USA à seulement deux longueurs au moment de rentrer aux vestiaires (47-45).
Un petit coup derrière la tête après une première période presque idéale. La suite a malheureusement été beaucoup plus compliquée.
Au retour des vestiaires, les Bleues ont perdu l’intensité et la lucidité qui avaient fait leur force durant les vingt premières minutes. Les minutes sans Williams ont été particulièrement douloureuses : moins de création, moins d’agressivité vers le cercle, davantage de possessions statiques et une attaque qui s’est progressivement enfermée dans le un-contre-un.
La défense de zone, jusque-là capable de perturber les Américaines, n’a plus produit les mêmes effets. Team USA a trouvé les espaces, accéléré la circulation du ballon et surtout puni presque chaque baisse de régime française.
Quelques temps morts pris tardivement n’ont pas davantage permis de couper l’élan adverse. L’écart s’est creusé à toute vitesse et, à mesure que les Etats-Unis prenaient le contrôle, le body language français s’est dégradé. Têtes basses, moins de communication, moins d’énergie... La résignation est apparue bien plus vite qu’au cours des précédentes rencontres de ce Mondial.
A la fin du troisième quart-temps, Team USA avait déjà pris le large (73-57). A six minutes du terme, le tableau affichait 86-59. Cette fois, il n’y avait plus de suspense. Le 11/24 à 3 points français montre pourtant que l’adresse extérieure n’a pas été le problème principal. C’est davantage dans la capacité à continuer de produire collectivement sous la pression, ainsi que dans l’intensité défensive, que l’écart s’est créé après la pause.
Comme souvent dans les grands rendez-vous, Breanna Stewart a rappelé pourquoi elle reste l’un des visages majeurs du basket mondial. La star américaine termine avec 22 points et 10 rebonds. Young ajoute 18 points, Kahleah Copper 15 et Gray 12.
Breanna Stewart, la boss finale invaincue que les Bleues doivent faire tomber
Williams conclut de son côté la finale avec 20 points à 6/16. L’adresse n’est pas exceptionnelle, mais sa ligne statistique ne raconte qu’une partie de son match. Son activité, sa capacité à créer quelque chose lorsque l’attaque française se grippait et son importance défensive ont encore été immenses. Sur l’ensemble du tournoi, elle aura tout simplement été exceptionnelle et peut légitimement être considérée comme l’une des meilleures joueuses de ce Mondial, même sans le titre au bout.
Dominique Malonga termine meilleure marqueuse française avec 21 points, mais son total est trompeur. Une partie importante de sa production est arrivée lorsque la rencontre était déjà jouée. Dans les moments où la France avait besoin de présence intérieure pour résister à l’impact américain, elle a semblé trop tendre et pas suffisamment agressive près du cercle.
Ce sera probablement l’un des axes de progression les plus intéressants pour la suite. Malonga possède un talent immense, et cette finale lui aura offert un aperçu très concret du niveau physique et mental nécessaire pour peser lorsque les meilleures joueuses du monde augmentent encore l’intensité.
Le 97-79 final est finalement sévère par rapport à ce qu’a montré la France pendant une moitié de match. Il rappelle aussi l’incroyable marge dont dispose encore Team USA. Même bousculées, même menées de 11 points, les Américaines possèdent suffisamment de profondeur et de talent pour faire basculer une finale en quelques minutes.
La tristesse des Bleues est donc logique. Après un tel parcours et une première mi-temps pareille, elles avaient le droit de rêver encore plus grand.
Reste désormais à mesurer tout ce qui a été accompli. La France quitte ce Mondial avec une médaille d’argent, une première finale mondiale et la conviction qu’elle appartient désormais au cercle très fermé des équipes capables de regarder les Etats-Unis dans les yeux à chaque affrontement.
