Ça y est, c’est fait. Stephen Curry prolonge pour 116 millions de dollars sur deux ans, alors qu’il pouvait en toucher 136. Une petite ristourne de 20 millions. À son échelle, certains trouveront peut-être ça négligeable. Nous, ce qui nous intéresse, c’est surtout le message sportif derrière.
Curry n’a pas attendu de tester le marché. Il s’engage, laisse de l’argent et fait confiance à son front office. En gros, le message que nous comprenons c'est : avec ce que je vous permets d’économiser, et éventuellement les efforts que d’autres pourront faire ensuite, débrouillez-vous pour que ma fin de carrière soit productive.
On est donc pas du tout dans le "on ne joue plus les playoffs, mais tout va bien, on s’aime." Curry est encore très fort. Son dernier challenge, il semble avoir choisi de le relever chez lui. Aux Warriors de lui donner les moyens de le faire.
Et franchement, nous sommes contents. Nous aussi, à certains moments, nous avons commencé à imaginer Curry ailleurs. Ce qui paraissait impensable avait fini par nous traverser l’esprit. Peut-être parce qu’à force de voir LeBron changer d’équipe, nous avons envisagé le même scénario pour tout le monde. Sauf que Stephen Curry n’est pas LeBron James. Il a répété que ça ne l’intéressait pas. Il fallait peut-être simplement l’écouter.
Il reste une option sur la saison 2028-29, donc rien ne sert de présenter la suite comme définitivement écrite. Mais la perspective de le voir terminer avec une seule franchise se rapproche sérieusement.
En revanche, il faut regarder le bon calendrier. Le grand rendez-vous nous semble davantage être la saison prochaine que celle qui arrive.
Avec Jimmy Butler absent pendant six mois, puis de retour d’une déchirure des ligaments croisés, les ambitions immédiates sont forcément limitées. Une arrivée de Giannis aurait changé la discussion. Elle n’a pas eu lieu. Cette saison 2026-27 ressemble donc à un pont vers 2027-28, où la situation financière doit offrir davantage de possibilités.
Draymond Green et Butler aimeraient eux aussi finir à Golden State. Très bien. Mais il faudra sans doute, pour eux aussi, accepter un sacrifice financier. L’idée serait alors de retrouver Curry, Green et Butler, d’y ajouter un ou deux renforts intéressants, et de reconstruire une équipe vraiment compétitive. Avec quels moyens physiques pour ce trio ? Ça, nous ne le savons pas encore.
Cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien à regarder cette année. Les Warriors ont de la qualité. La progression de Brandin Podziemski, de Gui Santos et des autres jeunes peut compter. Des mouvements restent envisageables. Simplement, prolonger Curry ne transforme pas magiquement les capacités de l’effectif actuel.
Ça enlève au moins une question franchement pénible : est-ce que le meilleur joueur de l’histoire de la franchise va partir ? Désormais, la saison peut se dérouler dans un climat plus calme, sans que chaque résultat semble décider de son avenir.
Curry devrait aussi être ménagé pour son genou. Si les Warriors démarrent bien, ils joueront leur chance. Si c’est plus compliqué, il pourrait être en vacances un peu plus tôt que d’habitude. Et un gros choix de draft à l’approche de la fin de sa carrière, ce ne serait pas mal pour préparer la transition. Joe Lacob aime rappeler que son équipe a des années-lumière d’avance : qui sait, c’est peut-être le plan.
Pour l’instant, Curry a fait sa part. Il reste et laisse une marge à ses dirigeants. À eux, maintenant, de faire quelque chose de cette confiance.
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