[ITW] TJ Parker : “Gagner l’Euroleague ? Pas du tout, il faut être réaliste”

[ITW] TJ Parker : “Gagner l’Euroleague ? Pas du tout, il faut être réaliste”

Coach de l’ASVEL, TJ Parker nous parle de son expérience à Lyon-Villeurbanne, des ambitions de son équipe, de l’arrivée de Nando de Colo et de son été en NBA.

Benjamin MoubechePar Benjamin Moubeche  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Interview

Entraîneur de l’ASVEL depuis 2020, TJ Parker a trouvé sa place. Le frère de Tony Parker se sent bien à Lyon, avec cette équipe qui domine la France et vise le plus haut niveau européen. Mais cela ne l’empêche pas de rêver de NBA pour autant.

À l’occasion des Paris European Games, organisés par le Paris Basketball, il nous parle de son lien avec l’ASVEL, des objectifs de l’équipe, de l’arrivée de Nando de Colo et de sa Summer League en NBA avec les Milwaukee Bucks.

BasketSession : Vous avez prolongé à l’ASVEL jusqu’en 2026, après presque 10 ans dans le coaching staff. Que représente ce club pour vous ?
TJ Parker : Ce club représente beaucoup pour moi. Quand je suis arrivé ici en 2013, c’était un projet. Tony (Parker, son frère, ndlr) prend toujours les Spurs comme exemple. Il voulait que je sois assistant coach pendant huit ans comme Mike Budenholzer. Comme plein de coaches, il fallait que j’attende mon tour. J’ai finalement eu la chance de devenir coach en chef, ça m’a réussi sur les dernières années. Lyon est ma maison maintenant. J’ai tout là-bas : ma famille, mes enfants. Pour moi c’était une évidence de re-signer à l’ASVEL.

Envisagez-vous éventuellement d’y finir votre carrière ?
Finir ma carrière, quand même pas (rires). Le projet que l’on a avec le président Tony, c’était de rester un bon moment, de voir la grande salle arriver et, bien sûr d’emmener l’ASVEL au plus haut niveau européen possible tout en continuant de gagner des titres. Pour l’instant, ce qu’on doit faire, c’est défendre notre titre pour faire quelque chose qui n’a jamais été fait dans le basket français : en remporter quatre d’affilée.

L’effectif a beaucoup évolué, notamment avec Joffrey Lauvergne et Nando de Colo. Êtes-vous optimiste par rapport au recrutement ? Comment intégrer autant de nouveaux éléments dans un effectif si compétitif  ?
Ce n’est jamais facile de changer tous les joueurs. Il faut quatre ou cinq mois pour s’habituer, avant de jouer très bien au basket. Sur cette période, on perd parfois des matches qu’on ne devrait pas perdre et qu’on ne perdrait pas à la fin de la saison. C’est la loi à l’ASVEL. On prend des joueurs, ensuite les autres clubs sont intéressés et nous les prennent. On a quand même perdu neuf joueurs. Récupérer Nando et Joffrey, c’est super pour ensuite construire autour de ça.

Beaucoup parlent justement de l’ASVEL comme d’un club de transition, où les joueurs viennent se relancer pour atteindre le top niveau européen. Êtes-vous en accord avec cette image ou est-ce quelque chose que vous essayez de déconstruire ?
Club de transition… on peut le formuler comme ça. C’est avant tout un club qui peut donner un sens à des joueurs et les mettre en valeur. Je crois qu’on l’a plutôt bien fait sur ces dernières années. On a même bien alimenté l’équipe de France, avec Moustapha Fall, Guerschon Yabusele, Élie Okobo, William Howard ou même Thomas Heurtel que l’on a relancé après qu’il n’ait pas trop joué à Barcelone. Ce sont des joueurs qui cherchent aussi à se montrer pour ensuite aller voir ailleurs, mais j’espère qu’on pourra un jour garder ces joueurs au club.

Le recrutement de Nando de Colo a fait beaucoup de bruit cet été, les projecteurs sont concentrés sur lui pour le moment. Qu’attendez-vous de lui sur le terrain cette saison ?
Nando, ce n’est pas que sur le terrain. C’est en dehors aussi. C’est à l’entraînement, tous les jours. Un joueur comme ça, avec une telle expérience et dont tout le monde peut apprendre, c’est très important. Pour ses coéquipiers c’est super, sa connaissance basket aide aussi. Ça va plus vite quand tu veux mettre les choses en place.

 

"J’espère qu’on pourra un jour garder ces joueurs au club."

L’année dernière, l’ASVEL était dans le bas de classement de l’EuroLeague. L’équipe gagne en expérience et en alchimie au fil des années, concevez-vous le fait de gagner l’EuroLeague comme un objectif réaliste cette année ?
Gagner L’EuroLeague ? Cette année ?! Pas du tout. Il faut être réaliste et respecter l’EuroLeague. Ils ont fait un classement, dans lequel on se retrouve 17e sur 18. L’Euroleague, c’est très difficile. Même sans les équipes russes, plein de clubs se sont renforcés. Pour nous, l’enjeu est de faire une bonne saison, de rester en bonne santé — car ça nous a couté cher l’année dernière quand on a perdu des joueurs importants — et nous verrons au mois de février ou de mars là où nous en sommes.

Dans l’esprit des fans, une rivalité commence à se créer entre l’ASVEL et Monaco du fait de leur place en Betclic Élite. Ce sentiment gagne-t-il également les joueurs ?
C’est beau de voir deux belles équipes en France qui jouent l’EuroLeague et qui donnent de belles finales, comme la première en 2019. C’est bien d’avoir une autre équipe qui pousse aussi au niveau européen. Bien sûr, on va appeler ça une rivalité, mais on va s’occuper de nous d’abord. Le plus important c’est de faire de notre mieux en Euroleague.

Aujourd’hui, vous êtes venu disputer les Paris European Games. Qu’est-ce que cet évènement représente pour vous et votre équipe ?
C’est super que ces clubs européens acceptent de venir à Paris pour disputer deux matches. C’est super pour le basket français, et même pour les supporters. Tout le monde n’a pas la chance de venir à Lyon ou à Monaco pour voir des équipes comme celles-ci. Il faut féliciter Paris pour avoir mis ce tournoi en place.

Cet été, vous avez fait la Summer League avec les Bucks. Que tirez-vous de cette expérience et d’où vient ce lien entre vous et la NBA ?
J’ai toujours eu ce lien. En suivant Tony quand il était joueur aux San Antonio Spurs, j’ai rencontré beaucoup de gens qui sont aujourd’hui coaches ou assistants. Je garde contact avec tous ceux que j’ai pu connaître. Même Kenny Atkinson, qui était mon assistant coach à Paris, je suis toujours en contact avec lui. C’est une belle expérience. On verra dans le futur si je peux un jour toucher à la NBA ou à la NCAA.

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