Comment les Bucks peuvent ralentir Trae Young et aller en finales NBA

Comment les Bucks peuvent ralentir Trae Young et aller en finales NBA

S’il fallait une confirmation supplémentaire de l’ascension de Trae Young au statut prisé de superstar, le jeune homme l’a délivré mercredi soir sur le parquet des Milwaukee Bucks en postant 48 points tout en menant les Atlanta Hawks à leur toute première victoire en finales de Conférence depuis leur déménagement de St. Louis en 1968. […]

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse

S’il fallait une confirmation supplémentaire de l’ascension de Trae Young au statut prisé de superstar, le jeune homme l’a délivré mercredi soir sur le parquet des Milwaukee Bucks en postant 48 points tout en menant les Atlanta Hawks à leur toute première victoire en finales de Conférence depuis leur déménagement de St. Louis en 1968.

Trae Young fait déjà mieux que toutes les légendes des Atlanta Hawks

Le meneur de 22 ans – seulement ! – pose de très sérieux problèmes aux meilleures défenses NBA et il se sublime depuis le début des playoffs. Même Jrue Holiday, pourtant réputé et reconnu comme vraiment coriace voire cauchemardesque pour les attaquants adverses, s’est retrouvé sans solution. Un peu à l’image de ce crossover où Holiday est resté sur place sans prendre la peine de recouvrir (pour une raison simple : l’action était déjà terminée au moment du cross, Young aurait pu et dû tirer immédiatement… mais il est taquin.)

Cette action est intéressante parce qu’elle illustre le principal problème des Bucks sur cette rencontre. Mike Budenholzer est un adepte du « drop » sur pick-and-roll. Sur les écrans, son pivot recule pour couper l’accès au cercle, quitte à laisser de l’espace à mi-distance. Brook Lopez est de toute façon trop lent pour réellement contester un drive en collant son vis-à-vis. Alors il laisse l’espace, comme Rudy Gobert. Ou ici avec Bobby Portis.

Trae Young

Les adeptes des analytiques ont proscrit le tir à mi-distance des attaques NBA. Parce qu’un long deux-points représente un niveau de difficulté trop important et pas assez récompensé en comparaison avec un trois-points. Il n’existerait donc plus que trois options : le layup, car proche du panier, le lancer-franc, car sans défenseur pour contester, et le trois-points, le plus valorisé.

Le tir à mi-distance en voie d'extinction ? Pas du tout !

Sauf que les playoffs font parfois exploser ces convictions chiffrées. La zone à mi-distance étant la plus libre, elle est la plus exploitée par les superstars depuis le début de la compétition. Chris Paul et Devin Booker y font des merveilles. Kawhi Leonard et Paul George aussi. Kevin Durant se régalait. Khris Middleton a peut-être offert la qualification de Milwaukee à quatre ou cinq mètres. Et Trae Young, lui, s’y promène match après match.

Il a développé un flotteur très efficace après le pick-and-roll. Si l’intérieur qui défendait sur le poseur d’écran recule, il dégaine, sûr de sa force. Et c’est là où ça va poser de sérieux soucis à Budenholzer et ses assistants. Au tour précédent, Lopez pouvait compenser les points concédés en punissant les joueurs plus petits des Brooklyn Nets – du moins au moment où ses coéquipiers se sont enfin appuyés sur lui ! – en attaque. Mais Clint Capela représente une toute autre menace défensive dans la raquette. Le Suisse ne se laissera pas dominer.

Les Bucks vont devoir vite s’adapter, ce qui n’est justement pas spécialement le point fort de leur entraîneur d’un match sur l’autre. Il va falloir prendre des risques à ce stade de la compétition. Et, comme souvent à partir des finales de Conférence, il va falloir jouer « small ball. » C’est devenu récurent en NBA : à un certain niveau, l’idéal, ça reste d’aligner cinq joueurs mobiles et de sacrifier les grands trop lents.

Les Bucks n'ont pas le choix, ils doivent jouer small ball

Trae Young NBA

Les Golden State Warriors ont dominé la ligue comme ça. Les Los Angeles Lakers ont essentiellement fait la différence en alignant Anthony Davis au poste cinq. Giannis Antetokounmpo va devoir faire de même. Ça peut sembler tôt pour tirer une conclusion sur une série après un seul match mais les Bucks vont probablement être poussés à laisser Brook Lopez sur le banc pendant une majeure partie des rencontres. Et, même s’il ne s’agit que du Game 1, le temps presse à ce stade de la compétition.

Pour ralentir Trae Young, Milwaukee doit pouvoir lui envoyer plusieurs défenseurs différents. Tous mobiles. Autrement dit, un cinq majeur avec Holiday, Giannis, Middleton, PJ Tucker et Pat Connaughton. Un groupe qui aligne un différentiel de +26 sur 100 possessions. Oui, vous avez bien lu, +26 sur 100 possessions (116 points marqués, 90 encaissés). 16 points de mieux que le cinq de départ « classique » de Budenholzer.

Les Bucks ont besoin de switcher sur tous les écrans. Ce n’est possible que sans Lopez (et Portis). Même s’il est long, Antetokounmpo est capable de contenir Young sur certaines séquences avec sa taille et ses bras tentaculaires. Il peut aussi ralentir John Collins ou Clint Capela. C’est d’ailleurs sa polyvalence défensive qui fait de lui l’un des meilleurs joueurs de la NBA dans le domaine et un lauréat du DPOY l’an dernier.

Trae Young, vraie superstar

Trae Young était flamboyant quasiment tout au long de la partie hier. Mais c’est au moment où Lopez est sorti, avec une configuration « small ball » mise en place par Milwaukee, que le meneur a eu le moins de succès. Il n'a marqué qu'un seul panier en neuf tentatives au cours des 14 dernières minutes de la partie, avec justement un cinq plus petit en face. Hasard ou non, le pivot des Bucks a lui terminé avec un +/- de -14, le plus bas de son équipe. L’ajustement paraît vraiment nécessaire pour la suite de la série. L'inconvénient, c'est que ça laisse beaucoup plus de rebonds potentiels pour Capela et Collins. Il vaut mieux ça que de laisser Ice Trae prendre feu.

« J’ai déjà vu toutes les défenses possibles », rétorque déjà la jeune star des Hawks. « J’essaye juste de bien lire le jeu et de comprendre la stratégie mise en place par l’autre équipe. S’ils défendent d’une certaine manière, j’attaque d’une certaine manière. Je ne suis jamais surpris. »

Bouclons la boucle : Young est une superstar. Et les superstars trouvent toujours un moyen pour marquer. Mais si les Bucks parviennent à le limiter en termes d’adresse et de scoring, ils devraient largement avoir les moyens pour aller chercher leur qualification pour les finales NBA.

CQFR : Diabolique, Trae Young assomme déjà les Bucks !

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