Victor Wembanyama, de la gourmandise à l’exploit face aux Rockets

DE NOTRE CORRESPONDANT À SAN ANTONIO – Victor Wembanyama a connu deux soirées en une ce vendredi, pour décrocher sa première victoire en carrière en NBA, avec les San Antonio Spurs.

Victor Wembanyama, de la gourmandise à l’exploit face aux Rockets

Alors que Keldon Johnson récupère la balle en transition, deux de ses coéquipiers dépassent presque simultanément la ligne à trois points, levant la main en signe d’appel. Johnson saisit le message, plutôt deux fois qu’une, et propulse le ballon dans les airs pour un alley-oop. La sphère atterrit dans les mains de Jeremy Sochan, avant que Victor Wembanyama, lancé lui aussi, ne lui dérobe pour finir l’action. On pense ainsi tenir le moment marquant du match — question de rareté — après deux minutes de jeu.

Dans les dernières minutes du temps règlementaire, le rookie des Spurs contre Jabari Smith Jr, une fois de la main droite, une seconde de la gauche, pour empêcher les Rockets de creuser l’écart. Puis, lors de la dernière possession de San Antonio, à seulement 20 secondes de la fin, il crée son tir sur la ligne de fond pour égaliser (111-111) et forcer la prolongation. Période ultime pendant laquelle le Français s’est révélé extraordinaire pour arracher la victoire (126-122).

Wembanyama, accablé par les fautes lors de son premier match deux jours plus tôt, a saisi l’opportunité de se rattraper ce vendredi, contre Houston. Si l’un de ses vieux péchés, la gourmandise, a resurgi dans un premier temps, c’est ensuite un nouveau visage, conquérant, qui a repris le dessus.

La gourmandise et la maladresse pour commencer

L’année dernière, en France, Vincent Collet a souligné à plusieurs reprises la « gourmandise » comme l’un des défauts que le phénomène devrait corriger à l’avenir. Avec 19 tirs en 31 minutes, plus que tout autre joueur des Spurs, ce trait s’est davantage manifesté lors de cette sortie qu’à sa grande première (9 tirs en 23 minutes). Le succès individuel, quant à lui, est relatif. Il y a certes ses 21 points et 12 rebonds (dont 5 offensifs), mais aussi un maigre taux de réussite (7/19), particulièrement marqué à trois points (0/6).

Le joueur de 19 ans avait anticipé cette maladresse, d’une certaine manière, car cela arrive naturellement à tous les athlètes. « Ça va m’arriver des centaines de fois dans ma carrière, tout comme dans la carrière de n’importe quel bon joueur», avait-il prédit une semaine plus tôt, après avoir vécu une soirée similaire à cet égard, déjà face à Houston, en pré-saison. « Il y a d’autres façons d’aider mon équipe », avait-il cependant appuyé. Des propos qu’il a répétés ce vendredi, après une solide performance défensive et une grande présence au rebond.

«Le bilan du match est positif, étant donné qu’on a gagné. Disons que les instants après le match, on peut célébrer les petites victoires comme les grandes», a estimé Victor Wembanyama. Avant de contraster : «Mais soit après, soit le lendemain, on se remet au boulot. Parce que c’est loin d’être parfait, individuellement comme collectivement.»

Luka Doncic voit grand pour Victor Wembanyama

La prouesse et l’envie pour finir

Pour la deuxième fois en autant de matches, ses dernières minutes ont tout changé. Cette fois-ci, il a complètement bouleversé le cours de la rencontre, surfant sur un regain d’énergie collectif, avec 13 points, 8 rebonds et 3 contres dans le dernier quart-temps et en prolongation.

D’abord, avec ses deux contres décisifs sur Jabari Smith Jr ont fait toute la différence. «Tous les grands contreurs se font dunker dessus régulièrement. Il faut oser. Moi, je n’en ai pas peur. Et j’imagine que des actions comme ça c’est un peu une notion de sacrifice», a-t-il expliqué. «Il ne faut pas réfléchir. C’est de l’instinct, il faut y aller.» Ensuite, avec le panier de l’égalisation : «lorsqu’il est temps de marquer un panier, il faut le faire.»

Le coup de grâce : une prolongation de haut vol des deux côtés du terrain pour aller chercher la première victoire de sa carrière, une «victoire d’envie». Naturellement, de quoi susciter des émotions : «J’aime vraiment, vraiment gagner. C’est ce que j’aime le plus dans la vie. En rentrant dans le vestiaire, Pop a souligné le fait que c’était ma toute première victoire en NBA. Et ça m’a rendu fier.»

Victor Wembanyama voient les Spurs être des contender « bientôt »