Vince Carter, Paul Pierce, au bon souvenir des anciens

Il y a dix-sept ans jour pour jour, deux gamins ambitieux nommés Vince Carter et Paul Pierce débutaient leur carrière NBA par un duel qui en appellera bien d'autres.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Vince Carter, Paul Pierce, au bon souvenir des anciens
Vince Carter et Paul Pierce sont deux basketteurs débarqués d'une autre époque. Ils ont fait leur début en NBA il y a dix-sept ans jour pour jour, avant le bug de l'an 2000, avant Twitter, avant LeBron James. Une époque où la ligue se cherchait un nouveau visage, un héritier direct à Sa Majesté Michael Jordan. Une époque où les arrières et les ailiers explosifs et aériens ont pris le pouvoir, reléguant doucement les poids lourds à des rôles plus secondaires. Une époque où le tir à trois-points n'était pas une arme de destruction massive. Une époque où est toujours bloqué Byron Scott d'après les dernières nouvelles. Et Zach Randolph, aussi. Stars à l'université, Carter et Pierce ont été draftés la même année. En juin 1999. Le voltigeur de North Carolina a été sélectionné en cinquième position par les Golden State Warriors avant d'être échangé dans la foulée contre Antawn Jamison, le quatrième choix des Toronto Raptors. L'ailier prolifique de Kansas a lui été drafté cinq rangs plus loin par les Boston Celtics. Ce n'est que quelques mois plus tard, en février 99, lockout oblige, que les deux jeunes hommes ont foulé pour la première fois un parquet NBA. Le même parquet, en l'occurrence. Le 5 février, les Raptors étaient de passage à Boston pour affronter les Celtics. Un avant-goût d'un duel entre deux jeunes cracks qui deviendront les figures de leur franchise respective. Pierce a cumulé 19 points, 9 rebonds et 5 passes ce soir-là. Carter a terminé avec 16 points en 31 minutes mais son équipe a remporté la partie. Quelques mois plus tard, il décrochait le trophée de Rookie Of The Year. [caption id="attachment_272737" align="alignright" width="318"] Paul Pierce est l'une des légendes de l'une des équipes mythiques de la NBA.[/caption] Ce premier affrontement en annonçait des dizaines et des dizaines d'autres. Patron des Raptors, 'Vinsanity' a eu l'occasion de croiser le fer avec 'The Truth' lors des premières années de sa carrière. Les Celtics étaient guidés par le duo d'artificiers constitué par Pierce et Antoine Walker. Toronto s'articulait autour de sa superstar du dunk, elle-même entourée de vétérans chevronnés. Après quelques duels épicés en saison régulière, PP et VC ont pu en découdre en playoffs lorsque ce dernier a rejoint les New Jersey Nets - au cours de la saison 2004-2005 - puis le Magic d'Orlando.
"Vince était un monstre athlétique. Je sais que le terme est employé pour beaucoup de joueurs mais il lui collait parfaitement. On a eu quelques belles batailles au début des années 2000. Personne ne voulait se faire dunker dessus par Carter. Je pensais ça avant même le début de chaque match contre lui. Mon but était de ne pas me faire dunker dessus. C'était l'enfer de défendre sur lui dans le périmètre parce il monte très haut sur ses tirs. On avait peur de se faire monter dessus alors on lui laissait de l'espace pour shooter. Et lorsqu'il prenait feu à trois-points... que pouvait-on faire ?" Se remémorait Paul Pierce dans sa colonne dans The Player Tribune.
La légende des Celtics considère son compère futur Hall Of Famer comme l'un des cinq joueurs qui lui ont donné le plus de fil à retordre en défense au cours de sa longue carrière. Pierce comme Carter ont tous les deux été des figures majeures de la ligue pendant la première décennie des années 2000, même si le second nommé a même été élevé au rang d'icône après son concours de dunks remporté à Oakland en 2000.

Pas le même style, pas la même carrière mais le même respect

[caption id="attachment_215269" align="alignleft" width="318"] Vince Carter et Kobe Bryant, deux icônes de la NBA au début des années 2000.[/caption] Le style plus aérien de VC suscitait la crainte de ses adversaires mais aussi - et surtout - l'admiration des fans. Il a inspiré une génération de basketteurs. Kevin Durant était l'un des ses plus grands supporteurs par exemple. Vince Carter était un athlète hors du commun. Il courait plus vite que tout le monde, sautait beaucoup plus que tout le monde. Il était élégant, fluide. Un régal à voir jouer et une machine à highlights. Pierce évoluait dans un registre complètement différent. Son passé d'ancien adolescent en surpoids se ressentait dans ses mouvements. Il n'était pas aussi athlétique que ses rivaux de l'époque - Carter, Tracy McGrady - mais il était technique. Complet. Malin. Il savait terminer près du cercle en éliminant ses adversaires par ses feintes de tirs, son jeu de jambe. Il lisait le jeu. Ils ont aussi connu des carrières complètement différentes. Celle de Vince Carter, en quelque sorte, restera incomplète si l'on prend en compte son immense talent. Il n'a jamais su porter une équipe vers les sommets et c'est ce qui lui a valu des critiques saison après saison. La série entre les Philadelphie Sixers et les Toronto Raptors, en demi-finale de la Conférence Est en 2001, symbolise finalement son passage en NBA : des cartons offensifs, un superbe duel avec Allen Iverson, des dunks irréels et... un tir pour la gagne manqué au buzzer du Game 7. https://www.youtube.com/watch?v=3emK-oy0LyQ Ce tir l'a hanté pendant de longues années. On lui a collé l'étiquette de superstar incapable de faire gagner son équipe et les quelques tirs assassin qu'il a planté par la suite n'ont rien changé à sa réputation. Celle de Paul Pierce dans le money time est plus glorieuse. Que ce soit à Boston, à Brooklyn et à Washington (pas vraiment aux Los Angeles Clippers), il s'est toujours distingué pour son sang froid et sa paire de balloches dans les moments les plus chauds d'une rencontre. Une qualité qui lui a ouvert les portes des finales NBA, disputées à deux reprises (2008 et 2010) et qui lui a permis de décrocher un titre, précieux sésame qui manque à la carrière de Carter. Kevin Garnett et Ray Allen l'y ont bien aidé aussi. Les deux vétérans ont pris de l'âge. Et même si leur parcours est différent, ils suivent la même direction : le panthéon du basket-ball. Paul Pierce et Vince Carter s'approchent doucement de la quarantaine mais ils seront encore en tenue ce soir, lorsque les Clippers se rendront à Orlando et les Grizzlies à New York. Les dinosaures sont bel et bien là. Ils jouissent du même respect. Celui des anciens qui ont connu leur heure de gloire avant d'opter pour un autre rôle sans pour autant s'effacer. Le respect que l'on accorde à ceux qui resteront dans l'histoire de la plus grande ligue du monde.
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