Vœu 2026 : Une révolution du basket français

L'année 2025 a montré un certain nombre de limites du basket français. Un seul vœu pour cette nouvelle année : que la fédé se pose les bonnes questions.

Vœu 2026 : Une révolution du basket français

Après l'été plus que compliqué qu'ont vécu nos sélections nationales, nous ne formulons qu'un seul vœu pour 2026. Que le basket français change ENFIN de direction et se posent les bonnes questions.

Ce sujet, nous l'évoquons depuis les tout premiers numéros de REVERSE il y a vingt ans, et sur BasketSession depuis toutes ces années. Après cette campagne 2025 qui nous a mis face à notre dure réalité, il est plus urgent que jamais pour notre fédération de s'y atteler.

Voici ce que nous écrivions à la sortie de l'Euro à ce propos dans notre newsletter - et nous ne changerions pas un mot :

L’équipe de France masculine n’aura donc pas sauvé l’été catastrophique du basket tricolore. Un mal pour un bien en vue des Jeux Olympiques 2028 et plus largement pour le futur de notre sport en France ? Oui, si l’on se pose la question de notre sacro-sainte formation.

Un an après les trois médailles aux JO de Paris et les quatre médailles d’or en compétition jeunes, les Bleus, toutes générations confondues, n’ont pas empoché un seul titre et n’ont glané que trois pauvres médailles (l’argent européen en U18M, et deux de bronze aux Euros U18F et U20M). Certes, en cumulé nos équipes de 5x5 ont remporté 47 victoires pour 20 défaites. Certes, il y a bien évidemment un contexte à prendre en compte : les absences de marque chez les A (mais aussi en U18 et U19), Victor Wembanyama en tête, l’inexpérience du groupe et des joueurs, la blessure d’Alexandre Sarr. Malgré ces excuses valables, les équipes de France avaient de quoi faire bien mieux cet été, à commencer par les A qui avaient le matos nécessaire pour battre la terrible Géorgie.

Bref, c’est la gueule de bois pour le basket français en cette rentrée. C’est aussi l’occasion pour lui de se poser les bonnes questions. Pas de tout révolutionner, bien sûr : au complet, mené par la superstar Victor Wembanyama, les A auront fière allure ; Fauthoux et son staff ont globalement fait du bon boulot ; et de manière générale, notre basket continue de sortir des gros talents chez les jeunes. Mais il y a des choses à faire évoluer. A commencer par cette formation française, qui ne doit plus se cacher derrière les quelques phénomènes qu’elle produit et qui garantissent (garantissaient) des résultats en jeunes comme en adulte.

Car on peut critiquer tant qu’on veut les joueurs, leur production sur le terrain, les sélections des coaches comme leur plan de jeu, tant qu’une mise à jour ne sera pas faite du côté de la DTN, on constatera à chaque compétition internationale les mêmes erreurs et les mêmes lacunes. Pas d’adresse, difficulté face aux zones, attaque stagnante quand on n’a pas réussi à développer du jeu rapide, … La plupart du temps, ça n’empêche pas les résultats, car le talent est là, et ces questions sont esquivées. Ce coup-ci, on a pris le problème en pleine face.

Il y aurait énormément de choses à dire sur le sujet, mais l’un des problèmes majeurs réside dans le profil des jeunes joueurs que nous détectons et formons. Comme Théo le disait récemment dans notre podcast, comme nous le mentionnions en en riant (jaune) dans Une Saison en Enfer et comme nous l’évoquions il y a 20 ans dans les premiers numéros de REVERSE, miser sur le tout-athlétique à la base de la pyramide est une erreur. Bien évidemment, ça permet aux « gros » clubs formateurs et aux sélections départementales, puis aux pôles régionaux d’obtenir plus facilement des résultats, aux équipes de France jeunes de faire régulièrement de grosses moissons de médailles.

Il ne s’agit pas de renier notre potentiel athlétique, c’est une force que l’on doit exploiter. Mais pourquoi exclure de nos filières élite des joueurs qui ont du ballon et de l’adresse plein les mains, une vision du jeu supérieure, sous prétexte qu’ils sont un peu plus lents, maigrichons et moins puissants que les autres ? Alors même qu’une fois leur retard physique en grande partie compensé à 18-19 ans, ils auraient pu être ceux qui éclairent le jeu bien terne de nos équipes. Et quand bien même ces joueurs ne perceraient pas au plus haut niveau, leur présence en sélections et en pôles aurait permis à nos « athlètes » d’élargir leur palette en jouant aux côtés de profils différents ; et aux coaches d’avoir à composer avec eux, d’être obligés de changer un peu leur manière de travailler, de moins miser sur le un-contre un et d’exploiter et potentialiser d’autres qualités.

Et c’est là le deuxième point noir de notre formation, celle des joueurs mais aussi celles de ceux qui les forment. Au-delà des profils détectés, que fait-on avec ces heureux élus ? Après tout, même si l’on ne choisit que les meilleurs athlètes, qu’est-ce qui nous empêche d’axer le travail, plutôt qu’uniquement sur le un-contre-un, la défense et le jeu rapide, sur la prise de décision, sur le playmaking, sur l’adresse ? De développer des joueurs au sens premier du terme, des mecs qui jouent, qui se jouent de leurs adversaires ? Des joueurs « joueurs », des équipes « joueuses », entraînés à prendre des décisions et à trouver des solutions ne seraient pas tétanisées quand Israël sort une jolie zone, ne se contenteraient pas d’artiller sous prétexte que les shoots sont ouverts contre la Géorgie alors qu’on ne met rien de loin.

Effectivement, c’est plus compliqué, c’est un processus plus long, avec des résultats moins garantis en jeune. Mais il va falloir s’y atteler. L’un des enseignement de notre Mook #10, où nous célébrions les playmakers, était qu’on se dirige de plus en plus vers un basket où il y aura plusieurs joueurs de ce type, voire cinq, sur le terrain.

Avoir seulement un Nando et un Evan, qui dans des profils différents, en sont naturellement ne suffira plus. Il va falloir en façonner à tous les échelons pour alimenter le haut niveau. A ce titre, l’été catastrophique et déprimant qu’on vient de vivre, aura au moins permis de rappeler l’urgence de la situation.

Excellent article merci!!!
En effet, si on regarde le profil des joueurs aujourd'hui on remarque que la révooution du jeu en NBA forme nos jeunes joueurs qui y sont à plus de polyvalence, ce qui était longtemps une faiblesse des joueurs français. Des grands qui shootent de loin, des joueurs capable de jouer des 2 côtés du terrain du poste 2 à 4, on remarque que ces profils commence à être présent mais seulement outre atlantique. En EL et en betclic ce n' est toujours pas le cas, ce qui n'est pas la fin du monde vu que l'EDF est un mix de tout cela.
Par contre il manque cruellement d'un meneur, ou porteur de ballon, un créateur de grande taille.
En soit un Nando De Colo qui a mérité sa retraite l'internationale, et qui ne peut pas être remplacé avec les joueurs actuels car l'accent sur ce type de profil n'est pas mis par la DTN. On remarque que dans les clubs franćais de Betclic l'accent est mis sur les petits arrières rapides qui crée des décalages et abreuvent leurs coéquipiers de passe décisive, où finissent eux même., que ce soit en joueur américain ou français. La DTN s'efforce à continuer sur cette lancé, mais comme on a pu le voir, contre des défense regroupé, collective à très haut niveau c'est compliqué, du moins pendant tout un match. De plus ces petits gabarits, soit vifs sont des liabilité en défense en face de joueurs plus costaud (Avdija, Doncic, Micic...) qui savent utiliser leur corp pour provoquer des fautes de ce type de joueurs. Par exemple aujourd'hui on a 3 petits gabarits qui font partis de meilleurs joueurs français avec Francisco, Strazel et Hifi, et très honnêtement pour le bien de l'EDF, il ne faudrait en prendre qu'un, pcq plus c'est mettre la défense en difficulté à cause des éléments précédemment cités. Par exemple Francisco me paraît le plus fort des 3, c'est un dynamiteur, mais en face d'une zone bien établi et s'il n'est pas adroit, il faudrait un grand joueur pour pouvoir distribuer au dessus de la défense. Pour moi c'est une vrai faiblesse aujourd'hui surtout que Fauthoux aime bien jouer avec 2 petits ensemble, mais ça ne marche pas dans le basket FIBA des équipes nationales. Tout simplement pcq la plupart des arrières en face ont des plus grand gabarits, et jouent différemment, il y a quelques américains naturalisés, mais c'est bcp moins qu'elle club.
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Je pense plutôt qu'on a le matériel au poste 1 pour ce fameux profil de grand (par la taille) créateur! Sans parler des prospects Traoré (1m91) ou Atamna (1m95), ya aussi un Benitez (1m92) qui s'éclate à Manresa (Liga et Eurocup), Hugo Besson (1m92) qui commence a avoir une belle carrière, voire Milan Barbitch (1m95) qui découvre la Grèce ou ce qu'on retrouvera de Kilian Hayes (1m96)...
Faut surtout les faire jouer en équipe de France car en effet, on se tape toujours les mêmes profils que tu cites (et j'ajouterai même Okobo et Maledon)...
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Le basket est un sport de grands. Oui. Et le restera.
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Je pense que pour gagner on devrait s'inspirer davantage des Yougo que des Ricains. A savoir travailler les fondamentaux plutôt que le côté athlétiques. Après nos joueurs venant d'horizons différents et parfois lointains, c'est peut-être pas si simple. Mais perso je préfèrerais avoir des shooteurs plutôt que des dunkeurs.
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100% d'accord.
Faut voir avec quel acharnement les sélections jeunes sont faites pour insister sur des gosses qui savent même pas mettre un pied devant l'autre ...
Mais ils sont très grands donc on fonce tête baissée...
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Amen
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