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Avec Boston, le doute n’est jamais loin…

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

Les Boston Celtics ont replongé dans le doute après une quatrième défaite de suite. On les pensait guéris, mais Kyrie Irving et ses coéquipiers sont convalescents.

A chaque fois qu'ils semblent aller mieux, les Boston Celtics se font un malin plaisir de casser cette bonne impression. Après avoir gagné 5 matches sur 6 et fait croire à tout le monde qu'ils étaient de retour au meilleur des moments, les joueurs de Brad Stevens sont à nouveau en mini-crise de résultats. Quatre défaites de suite à ce stade de la saison, quand on cherche à installer une dynamique positive juste avant les playoffs, ça fait tâche. La quatrième, survenue cette nuit à domicile contre San Antonio, a encore fait des dégâts.

On pensait que le "vol de la réconciliation" dans un avion entre Boston et San Francisco, empêcherait toute rechute. Le groupe devait être fédéré autour d'un Kyrie Irving moins rentre-dedans, dans un rôle de leader positif et plus en train de ruminer. Raté. Après le revers subi contre la bande à Popovich, le vestiaire des locaux a été fermé pendant près de 30 minutes avant que la presse n'y entre. Une fois Brad Stevens arrivé en salle de presse, les joueurs se sont ainsi réunis pour une énième réunion "players only" pour "se dire les choses" et trouver ce qu'il n'allait déjà plus. Impossible de savoir ce qui s'y est dit, bien entendu. Mais au sortir de ce meeting, Kyrie Irving semblait presque revenu sur le mode passif agressif qui a desservi ses partenaires ces derniers mois malgré des prestations individuelles de haut niveau de sa part.

"Gagner, c'est dur. L'environnement d'une équipe, c'est dur. Il ne suffit pas d'écouter tout le monde parler et donner son avis sur ce qui se passe dans l'équipe. Personne ne s'est retrouvé dans ma position. Personne ici, en tout cas. Je ne m'attends pas à ce que quelqu'un comprenne ça. La chose sur laquelle je me concentre, c'est de trouver une solution pour tirer le meilleur des gars qui sont avec moi dans le vestiaire, et qu'eux fassent de même avec moi", a expliqué Irving après le match.

Toujours ce positionnement du "j'ai vécu des choses que les autres n'ont pas vécu", avec une pincée d'agacement de voir ses partenaires ne pas être au diapason. Brad Stevens a une approche un peu moins psychologique de la chose. Là où ses joueurs cherchent constamment ce qui cloche sur le plan mental, lui estime que le problème vient du terrain.

"Il y a de la frustration dans l'équipe. Mais on n'a pas besoin de s'embarquer dans un grand huit émotionnel. Ce dont on a besoin, c'est de mieux jouer. [...] C'est la première fois que je vois une équipe qui vit autant par sa réussite au tir. Depuis un mois, c'est notre problème. Au lieu de bosser et de réussir des stops en défense, de trouver le moyen de gagne des matches, on s'arrête à notre réussite au tir", a déploré le coach des C's.

La veille, après une défaite contre Charlotte et un one-man show de Kemba Walker, Kyrie Irving avait regretté que son équipe ne "trappe pas assez" le meneur des Hornets qui "nous explose à chaque fois". Il y a donc chez "Uncle Drew" une aigreur face aux difficultés mentales de son équipe, mais aussi face à l'approche tactique de son coach, qu'il a exprimée à nouveau en se dédouanant un peu. Boston ne peut pas se permettre d'avoir un discours et un visage aussi changeant au gré des matches et des adversaires. Son franchise player non plus. Dès que le niveau s'est un peu élevé et qu'une cohésion pour enchaîner les bons résultats a été nécessaire, les Celtics ont explosé en vol. Peut-être existe-t-il un bouton qui leur permet de "passer en mode playoffs" pour atteindre leurs objectifs. C'est tout le mal qu'on leur souhaite. Mais des quatre équipes qui visent raisonnablement les Finales NBA à l'Est - no offense aux Pacers capables d'un upset au 1er tour mais moins crédibles pour un run plus long - Boston est la seule à avoir aussi peu de certitudes à ce stade de la saison. Milwaukee, Toronto et Philadelphie savent exactement sur quelles forces s'appuyer et leurs vestiaires respectifs paraissent suffisamment soudés pour ne pas connaître de coups de mou aussi spectaculaires que leurs rivaux du Massachusetts.