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Vous voyez que la défense existe toujours en NBA !

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

C'est d'abord en défendant dur que les Bucks et le Thunder sont venus à bout de deux candidats au titre, les Warriors et les Rockets, cette nuit.

Il paraît que la défense a disparu en NBA. C’est vrai que le début de saison est marqué par une vraie éruption offensive qui est aujourd’hui le résultat de plusieurs facteurs allant de l’utilisation de plus en plus accrue du tir à trois-points, des espaces et des difficultés pour défendre que ça génère, de l’évolution d’un jeu de plus en plus rapide mais aussi enfin d’une volonté de la ligue d’axer sur le spectacle à tout va en laissant de moins en moins de marge de manœuvre aux défenseurs. Mais la défense a changé, tout comme la ligue a changé. Ce sont simplement les armes pour le faire qui ont été chamboulés. Les prestations des Milwaukee Bucks ou du Oklahoma City Thunder de ce côté du parquet cette nuit démontrent qu’il est toujours possible de contenir les meilleures attaques adverses. Il faut simplement avoir les bons outils.

Les Golden State Warriors et les Houston Rockets formaient deux des équipes les plus prolifiques du championnat l’an dernier. Et pourtant, elles ont mordu la poussière contre des défenses bien préparées cette nuit. Avec deux roustes encaissées respectivement contre les Bucks (111-134) et le Thunder (80-98). Deux succès d’abord dessinés d’un côté du parquet.

La franchise du Wisconsin dispose d’un roster armé de stoppeurs modernes. Des basketteurs longs et mobile, des arrières suffisamment costauds pour se coltiner des adversaires plus lourds et surtout une ribambelle de joueurs interchangeables. La polyvalence est un luxe et les hommes de Mike Budenholzer ont appliqué à merveille la stratégie de leur coach. Avec quelques principes assez simples : garder tout le temps un corps entre le porteur de balle et le panier. Surtout quand Stephen Curry et Kevin Durant ont la gonfle entre les mains.

Pour ça, il faut switcher sur les picks-and-roll. Quasiment constamment. Et il faut donc avoir cinq joueurs capables de tenir le choc. Les MVP des Warriors ont été harcelés et ils ont tous les deux passés une sale soirée. Ce qui est sacrément rare. Curry a compilé 10 petits points à 5/14 aux tirs sans shooter le moindre lancer avant de passer la fin du match sur le banc suite à une blessure aux abducteurs. Durant a fini avec 16 points et 9 passes mais à 6/15 aux tirs et avec 6 ballons perdus. Ils n’ont pas pesé. Parce qu’ils n’ont pas eu d’espaces à exploiter. Ajoutez-y de la maladresse et ça donne une piquette.

James Harden et Chris Paul, les deux superstars des Rockets, n’ont pas été beaucoup plus en réussite contre le Thunder. 19 points pour le barbu à 7/19. 10 pts pour CP3, à 4/12. Là encore, les maestros sont tombés sur des défenseurs physiques et rapides. Avec un Paul George exemplaire pour insuffler la bonne attitude à ses coéquipiers. Il a beau être la première option du Thunder en l’absence de Russell Westbrook (touché à la cheville), PG se comporte comme un col bleu en allant au charbon. Il a cumulé 24 points mais aussi 11 rebonds, 6 passes et 6 interceptions.

Le jeu d’Oklahoma City n’a jamais été le plus séduisant mais cette équipe peut justement se créer une identité en défendant dur. Elle sera toujours plus ou moins chaotique en attaque, parce qu’elle est drivée par Westbrook et surtout parce qu’elle est coachée par Billy Donovan. Mais avec des athlètes comme Steven Adams, Jerami Grant ou George, il y a de la matière pour défendre dur. Les Rockets n’ont donc inscrit que 80 points et le Thunder a gagné son septième match de suite. Comme quoi, la défense fait toujours gagner des matches – et probablement même des titres.