Ces champions NBA inattendus ou presque

Ces champions NBA inattendus ou presque

Les franchises NBA à avoir déjoué les pronostics en remportant le titre contre toute attente ne sont pas si nombreuses dans l'histoire. Voici celles qui ont marqué les esprits.

N.SPar N.S | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
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Dans l'histoire du sport il a toujours existé des surprises de taille. Ces histoires sont rares, mais contribuent à la légende. Il est vrai que le format de certaines compétitions, où demeurent les fameux matches couperets, peut provoquer ce genre de résultats inattendus. La Grèce, le Portugal lors des Euros de foot 2004 et 2016 (pour parler de l'histoire récente) peuvent venir illustrer ces propos. Tout comme la jeunesse américaine de hockey sur glace qui a terrassée la grande URSS aux JO de 1980. Le Français Pierre-Ambroise Bosse, disciple du 800 m et champion du monde à la surprise générale en 2017, peut également en témoigner. Le Leicester de 2016 face aux puissants de Premier League... La NBA et le basket en général ont aussi connu ces exploits que personne ou presque n'avait vu venir.

Qui n'a pas vibré, supporter ou pas, devant l'épopée fantastique de Nanterre en 2013 ? Huitièmes de la saison et plus petit budget de Pro A (ancienne Jeep Elite), les Franciliens avaient créé un exploit incommensurables. Depuis 1949 et sa création, la NBA a également eu son lot de surprises. Certes réduites par le fait qu'une série de playoffs au meilleur des sept rencontres baisse fortement la probabilité d'upset. Mais quelques franchises ont su tirer leur épingle du jeu et profiter des circonstances pour soulever le trophée Larry O'Brien sans qu'on s'y attende. Voici leur histoire.

Saison 1968-1969 : Boston Celtics

Oui, mettre la franchise la plus dominante de l'époque parmi les champions surprises peut paraître surprenant au premier abord. Mais vous verrez que c'est moins évident qu'il n'y parait.

Avant cette saison 1968-69, les Boston Celtics rasent tout simplement tout sur leur passage. Dix titres sur les douze dernières années dont huit d'affilée entre 1959 et 1966, avec un joueur légendaire en la personne de Bill Russell et le mythique Red Auerbach à la manoeuvre sur le banc. Boston est le despote de la ligue. Sauf que ce fameux épisode 68-69 n'est pas tout rose. Bill Russell, devenu coach-joueur depuis un an, doit jongler entre plaquette et rebonds. La saison régulière est prise à la légère. Résultat, les C's pointent à la 4e place à l'Est, loin derrière Baltimore, Philly et New York, au moment d'entamer les playoffs. À l'époque, cette 4e place est la dernière qualificative dans un championnat à 16 équipes.

En bonne championne en titre qu'elle est, la maison verte se met en route en disposant des Sixers (4-1) et des Knicks (4-2), sans l'avantage du terrain. Direction les Finales, où les Lakers de Jerry West, Wilt Chamberlain et Elgin Baylor se présentent, pour une fois avec le statut de favori. Aucune formation ne flanche à domicile, si bien qu'il faut un Game 7 pour décider du sort de la saison. Personne n'imagine les Bostoniens gagner au Forum d'Inglewood, où tout est prêt pour fêter les Californiens. Malgré une tentative de remontada dans le dernier quart-temps de la part des locaux, Boston domine toute la rencontre et offre à Bill Russell son 11e et dernier titre. Pour la petite histoire, Jerry West, du haut de ses 38 pions de moyenne, se consolera avec le titre de MVP des Finales. "Le Logo" demeure encore aujourd'hui le seul joueur d'une équipe perdante à l'avoir remporté.

Saison 1976-1977 : Portland Trail Blazers

Le seul et unique titre des Blazers en NBA commence à dater. Mais qu'il fût beau. Pour la première fois de son histoire, Portland se hisse en playoffs, dont la configuration fait penser à ce qui se fait aujourd'hui en Top 14 de rugby Les deux premiers de chaque conférence sont qualifiés pour les demi-finales, tandis que les huit autres se disputent un premier tour aux allures de mélange Est-Ouest. Enfin, si on regarde la NBA que l'on connait de nos jours. Ainsi, San Antonio et Houston jouent à l'Est tandis qu'Indiana, Milwaukee et Chicago se trouvent dans la midwest division, donc à l'Ouest... C'est l'occasion de voir des affiches inédites comme Warriors-Pistons, Spurs-Celtics, Bullets-Cavs et donc Blazers-Bulls.

Détenteur du 3e bilan à l'Ouest, Portland efface Chicago avant de sweeper violemment les Lakers de Kareem Abdul-Jabbar. Une énorme sensation pour la bande à Lionel Hollins (oui, celui qui est aujourd'hui assistant aux Lakers) et Bill Walton, futur MVP des Finales, qui doit remonter un 0-2 contre Philly dans l'ultime bataille. Les Blazers enchaîneront quatre succès de suite, devenant seulement la seconde équipe de l'histoire à remonter un tel déficit. Au final, l'escouade de Jack Ramsey aura effacé de son chemin les trois meilleurs bilans de la saison pour toucher le Graal.

Saison 1977-1978 : Washington Bullets

Même format et nouvelle déconvenue pour les favoris. Portland, leader de la NBA et donc champion sortant, se fait sortir par Seattle, quatrième de l'Ouest, qui ira jusqu'aux Finales NBA. Lakers, Spurs et Sixers sont tous au tapis. Tout paraît ouvert et c'est Washington qui profite de l'occasion pour s'avancer contre les Sonics.

Le troisième de la conférence Est aura besoin de sept rencontres pour remporter son tout premier titre contre toute attente après deux Finales perdues en 1971 et 1975, alors que l'équipe était basée à Baltimore. L'autre grosse surprise, c'est que le MVP, Wes Unseld, ne tournera qu'à 9 points et 11 rebonds de moyenne. Une récompense inoubliable pour celui qui reste aujourd'hui l'un des deux seuls joueurs de l'histoire avec Wilt Chamberlain à avoir été ROY et MVP la même année, en 1969. À noter que cette finale est la seule de l'histoire entre deux équipes n'ayant pas terminé dans le top 3 de leur conférence respective.

Saison 94-95 : Houston Rockets

"Ne sous-estimez jamais le coeur d'un champion". Cette tirade célébrissime de Rudy Tomjanovich est forcément issue d'un exploit authentique. Celui d'un champion en titre en pleine galère toute une saison pour finalement rafler une seconde couronne de suite. Pour les moins jeunes, ce doublé des Texans est sûrement celui dont l'histoire est la plus belle, la plus captivante.

À ce jour, ces Rockets de 1994-1995 restent légendaires car uniques dans l'histoire. Jamais une équipe aussi mal classée à l'issue des 82 matches de saison régulière n'avait réussi à être sacrée. Sixième de l'Ouest après un exercice passé à digérer le sacre de l'année précédente, personne ne donnait cher de la peau du champion.

Même si Clyde Drexler, que l'on disait rincé, débarque dans le Texas au moment où le bilan est à 30-17, les Rockets ne font peur à personne. Spurs, Suns, Jazz et Sonics dominent largement l'Ouest et tout le monde s'attend à ce que l'un de ces quatre-là soulève le trophée. Mais tous vont prendre la foudre entre avril et mai 1995 et les trois premiers seront sortis par le futur lauréat, mené par un Hakeem Olajuwon en fusion (33 points, 10,4 rebonds, 4,5 passes et 2,8 contres de moyenne en playoffs).

Cinq matches contre Utah (série au meilleur des cinq), sept contre Phoenix après avoir été mené 3-1 et six contre San Antonio. Avec au passage des performances légendaires comme le "Kiss of Death" de Mario Elie sur le Game 7 à Phoenix. Ou la série stratosphérique d'Olajuwon contre San Antonio et son MVP David Robinson (35 pions dont trois matches à plus de 40 points et un à 39 unités). La NBA vit l'une de ses plus belles épopées.

Le Magic du duo Shaq-Hardaway, sorti vainqueur de l'Est, subira le même sort en Finales avec un bon vieux sweep, que Nick Anderson aurait pu éviter avec plus de sang froid sur la ligne des lancers... C'est la dernière parenthèse enchantée pour les rivaux des Bulls avant le vrai retour aux affaires de Michael Jordan.

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