Dejounte Murray, la nouvelle trouvaille des Spurs

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Il semblerait que les Texans aient encore fait une super affaire en dénichant le jeune meneur. Zoom sur leur dernier steal.

Quand une franchise dispute les playoffs vingt saisons de suite, avec au moins 50 victoires à chaque fois, forcément, elle a peu d’occasion de piocher avant le vingt-cinquième choix. Les San Antonio Spurs se sont offerts ce luxe à une seule reprise depuis 1997 : en 2011, quand ils ont eu la brillante idée de sélectionner Kawhi Leonard. Et encore, le pick avait en réalité été acquis au préalable en envoyant George Hill aux Indiana Pacers le soir de la draft. Quand une organisation est constamment contrainte de drafter en toute fin de premier tour, elle apprend à flairer les bonnes affaires. Et pour ça, les Texans sont de véritables experts. Dejounte Murray en est la dernière preuve à ce jour.

Quand il a quitté la faculté de Washington, son coach universitaire, Lorenzo Romar, le qualifiait de « futur All-Star ». Les scouts étaient un peu moins optimistes – il n’était pas considéré comme l’un des dix meilleurs joueurs de la cuvée – mais reconnaissaient chez le jeune combo-guard un potentiel intrigant. Encore lui fallait-il le bon coach et la bonne équipe pour se développer. San Antonio, c’est toujours la franchise idéale. Et Gregg Popovich est le meilleur sur le circuit.

Pourtant, Murray n’a pas le profil qui colle avec les éperons. Les dirigeants choisissent généralement des joueurs confirmés, expérimentés aux joutes chez les professionnels, donc souvent internationaux. Pas des prospects au talent « brut » dont les fondamentaux sont à parfaire car ils ont été élevés à la sauce AAU. Ils préfèrent aussi miser sur des basketteurs au sens du collectif aiguisé. Pas une réplique de Jamal Crawford, à qui le jeune homme était comparé à sa sortie de l’université.

Un an après avoir débarqué en NBA, Dejounte Murray est pourtant devenu l’un des hommes clés du bon départ des San Antonio Spurs cette semaine. La franchise a gagné ses trois premiers matches. Alors même qu’elle est privée de son meilleur joueur. En l’absence de Leonard (et de Tony Parker !), tous les membres de l’effectif ont haussé leur niveau de jeu. A commencer par le sophomore, devenu le parfait lieutenant de LaMarcus Aldridge sur les trois premiers matches.

Quand TP s’est blessé, en pleine campagne de playoffs, Popovich s’était tourné vers son rookie afin de laisser Patty Mills dans son rôle de joker offensif. Il a fait de même sur ce début de saison. Murray est encore une fois titulaire. Et il assure ! Illustration cette nuit avec ses 16 points, 14 rebonds et 6 passes en 28 minutes. Avec un différentiel de +13 dans un match serré finalement remporté par les Spurs contre les Toronto Raptors.

Pas vraiment meneur, pas vraiment arrière (il lui manque un shoot pour ça), le jeune homme évolue dans son propre style. Avec un registre particulier. Il est extrêmement long mais il sait se servir de son corps pour finir près du cercle. C’est un avantage, surtout pour un joueur qui, rappelons-le, n’est pas du tout à l’aise avec son tir extérieur. Il n’a pas encore rentré un seul trois-points depuis le début de la saison. A vrai dire, il ne tente jamais vraiment sa chance de loin.

Le garçon compense sa maladresse en défense ou aux rebonds. Dans tous les petits détails qui font gagner une équipe. Et ça, par contre, c’est vraiment le propre des San Antonio Spurs. Après trois matches, il affiche donc des moyennes de 13,3 points, 9,7 rebonds et 4,7 passes en 26 minutes. Solide. Très solide. A voir s’il peut confirmer sur toute la saison mais, encore une fois, ça sent vraiment bon le « steal » pour les Spurs.