Devonte Graham est devenu Stephen Curry

Devonte Graham est devenu Stephen Curry

Inconnu au bataillon ou presque, le meneur-scoreur Devonte Graham enchaîne les performances enflammées depuis le début de la saison.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

En NBA comme dans la vie, il faut savoir saisir sa chance quand une opportunité se présente. Une porte s’est grand ouverte à Devonte Graham le jour où Kemba Walker a décidé de s’engager avec les Boston Celtics. Son départ a marqué la fin d’une époque aux Charlotte Hornets. Sans All-Star, sans réelles ambitions, la franchise de Caroline du Nord a alors décidé de laisser la place à ses jeunes joueurs. L’occasion pour Graham, 24 ans, d’enfin se mettre en valeur après une première saison NBA très discrète dans l’ombre de Walker.

Il a début sa deuxième année sur le banc. En tant que doublure du nouvel arrivant Terry Rozier, signé pour 58 millions pendant l’intersaison. Il a rapidement convaincu son coach James Borrego de lui donner beaucoup de responsabilités. Après six semaines de compétition, voilà qu’il s’est affirmé comme le joueur le plus consistant des Hornets. Et même bien plus encore. C’est peut-être une star de demain qui se développe à Charlotte.

Ses performances actuelles laissent pantois, mais aussi rêveur. Nouvelle illustration hier soir. Un véritable festival offensif du meneur de poche (1,85 mètre), auteur de 40 points pour venir à bout des Brooklyn Nets (113-108) alors que son équipe a compté jusqu’à 20 longueurs de retard. 40 pions. Bien évidemment son record personnel. Kenny Atkinson et ses ouailles ont été pris de court par un phénomène encore trop peu exposé malgré les nombreuses prestations de haut vol.

« Je suppose que nous aurions pu faire plus de prises-à-deux sur lui », notait le coach de la formation new-yorkaise.

Devonte Graham, favori pour le MIP

Personne ne s’attendait à voir Devonte Graham évoluer à un tel niveau, probablement pas même les Hornets, et ses adversaires sont encore surpris par moment. Mais plus pour longtemps. Le sophomore est en train de se révéler aux yeux de tous comme un scoreur de premier plan en NBA. Il a tous les atouts du meneur prolifique, notamment sur pick-and-roll. Son centre de gravité est assez bas et il est très explosif sur son dribble. Ça lui permet d’aller vite vers le cercle quand son défenseur le serre de trop près. Si son vis-à-vis préfère flotter pour empêcher la pénétration, il dégaine sans hésiter en suspension. Et ce quelle que soit la distance. Cinq, six, sept, huit mètres. Il est petit pour les standards de la ligue mais il est costaud et gainé. Le profil type du guard dynamique qui plante.

« Il a toujours eu du jeu », témoignait D’Angelo Russell. « Il a toujours été un bon shooteur à la fac et ça se retranscrit désormais en NBA. »

Après 27 matches, dont 10 débutés sur le banc, Graham affiche 20 points touts ronds à 43% à trois-points en plus de ses 7,6 passes décisives. Une évolution monstrueuse en comparaison des 4,7 pts et 2,6 pds de la saison dernière. Une hausse vertigineuse qui le place bien entendu en sérieux candidat au trophée de joueurs ayant le plus progressé. Mais était-il vraiment moins fort l’an dernier ? Il découvrait le monde professionnel après un cursus complet à l’université et il lui fallait donc du temps pour s’adapter à la ligue. Peut-être avait-il aussi simplement besoin d’une opportunité pour montrer ce dont il était capable.

« Je ne pense pas qu’il ait eu sa chance l’an dernier. Là il a des minutes et il les exploite. Il fait une très belle saison », commentait Draymond Green.

Contrairement à l’an passé, quand sa préparation avait été tronquée par une blessure au genou, le natif de Raleigh, Caroline du Nord, a pu bosser tout l’été. En fait, il a surtout fait le plein de confiance et ça se sent sur le terrain. Il est en contrôle. Sûr de ses mouvements. Reste maintenant à savoir jusqu’où il peut aller.

Devonte Graham va fêter ses 25 ans en février prochain. Si les joueurs ayant passé quatre à la fac sont parfois sous-cotés, c’est aussi parce que leur potentiel est considéré comme plus limité. Il était excellent à Kansas, un programme réputé, et il a pourtant été drafté au second tour (34e choix). Une bonne pioche pour les Hornets qui ont trouvé leur artificier en chef. Que ce soit dans un rôle à la Lou Williams, joker offensif en sortie de banc qui détruit des défenses sur pick-and-roll, ou dans la peau d’un titulaire, il est quand même bien parti pour faire une carrière intéressante.

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