Dirk Nowitzki, sa légende en 10 moments

Dirk Nowitzki, sa légende en 10 moments

Dirk Nowitzki a quitté la scène il y a un an, laissant un souvenir impérissable. Pour ses 42 ans, voici un petit hommage.

BasketSessionPar BasketSession  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

Dirk Nowitzki fête ses 42 ans aujourd'hui. Il y a un peu plus d'un an, l'Allemand tirait sa révérence après une carrière fantastique dont a choisi quelques séquences à mettre en avant pour lui rendre un hommage mérité.

La boulette des Bucks en 1998

Le 23 juin 1998, soir de la Draft, les Milwaukee Bucks utilisent le 9e pick pour sélectionner Dirk Nowitzki, un jeune intérieur européen au physique curieux et aux prouesses jusque-là limitées au territoire allemand. Les Bucks ne le conservent pas longtemps, puisqu'il est rapidement envoyé vers Dallas en échange d'un autre rookie, Robert "Tractor" Taylor, dont la carrière sera nettement moins probante que celle du "Wunderkind"...

Ce soir-là, les Mavs parviennent également à attirer Steve Nash dans leurs filets (contre Pat Garrity, lui aussi un flop). C'est le début d'une belle histoire d'amitié entre le Canadien et l'Allemand.

"Irk" Nowitzki

Au sortir du lockout de la saison 1998-1999, Dirk Nowitzki connaît des débuts pour le moins compliqués. Utilisé au poste 4 par Don Nelson, l'Allemand ne donne pas vraiment satisfaction, bousculé physiquement par les power forwards plus athlétiques qu'il affronte quotidiennement sur les parquets.

Défensivement, Dirk peine encore plus et ses détracteurs commencent à le surnommer "Irk" Nowitzki, en enlevant le "D" de défense... A cet instant, l'intéressé songe même à rentrer en Allemagne, frappé par le gouffre qui sépare la Bundesliga 2 de la NBA.

Les Mavs, qui n'ont pas disputé les playoffs depuis presque 10 ans, finissent à 31 défaites en 50 matches. Petite éclaircie : Nowitzki réussit une fin de saison intéressante, notamment au scoring où l'on commence à comprendre pourquoi certains scouts n'hésitaient pas à le comparer à Larry Bird.

La suite donnera raison à la direction des Mavs, qui n'a jamais lâché Dirk dans les moments difficiles. Cette expérience de la défaite et des difficultés à été extrêmement formatrice pour Nowitzki dans la suite de sa carrière.

Son "tooth game" contre les Spurs en 2001

En 2001, les Mavs disposent du Jazz au 1er tour des playoffs, avant de se voir proposer les Spurs. L'écart est important entre les deux équipes. San Antonio se dirige vers un sweep après avoir remporté les trois premiers matches de la série.

Le 12 mai, lors du game 4, Dirk Nowitzki est affaibli par un gros rhume. Pour ne rien arranger, il prend un coup de coude en plein visage par Terry Porter et perd l'une de ses dents de devant. Histoire de prouver qu'il est tough malgré son jeune âge, l'Allemand claque 30 points et prend 15 rebonds face à des Spurs impuissants pour aider Dallas à éviter le sweep.

Par la suite, il ne se départira plus de son protège-dents, sans doute à raison...

La Mannschaft tutoie les grands en 2002

L'Allemagne n'a jamais vraiment été une grande nation de basket. Si elle a pu se mêler à la lutte pour des médailles lors de certaines compétitions internationales depuis deux décennies, c'est parce qu'elle comptait Dirk Nowitzki dans ses rangs. Le "Wunderkind" a offert quelques moments magiques à la Mannschaft, comme lors de l'épopée au Mondial 2002.

Sur la compétition, Dirk enregistre 24 points et 8.2 rebonds de moyenne et manque de peu de porter la sélection jusqu'en finale après un match âpre contre l'Argentine d'une autre star NBA, Manu Ginobili, en demi-finale.

Au préalable, les Allemands s'étaient qualifiés dans une poule rude en compagnie des Etats-Unis et avaient sorti l'Espagne au tour suivant. La bande à Dirk se défait de la Nouvelle-Zélande dans le match pour la 3e place et Nowitzki est élu MVP de la compétition.

 "Ficken kühl" (un putain de sang froid)

Cinq ans après une cuisante défaite 4-1 contre les Spurs (voir plus haut), les Mavs prennent leur revanche sur les hommes de Gregg Popovich en demi-finale de Conférence. La série est accrochée et de haut niveau. Le game 7 permet de découvrir la facette clutch du champion allemand dans les grands rendez-vous, avec un panier plus la faute pour égaliser à 104-104 et pousser San Antonio en prolongation.

Dallas l'emporte au forceps et l'action décisive du franchise player conduira ce groupe jusqu'au tour suivant face à Phoenix, puis en Finales NBA.

Ses 50 pions contre son pote Steve Nash en 2006

Opposé à son ami Steve Nash, parti à Phoenix, en finale de la Conférence Ouest en 2006, Dirk Nowitzki décide de sortir le grand jeu alors que les deux équipes sont à 2-2. A 28 ans, il réalise même la plus belle prouesse de sa carrière en playoffs.

Avec 50 points et 12 rebonds à 5/6 à 3 points, Nowitzki permet à Dallas de prendre le dessus psychologiquement. Les Texans remportent la série en 6 matches et Dirk atteint les premières Finales NBA de sa carrière contre le Miami Heat de Dwyane Wade et Shaquille O'Neal, avec l'issue cruelle que l'on connaît.

Le premier MVP européen

Si la saison 2007 des Mavs reste celle de l'énorme upset au 1er tour des playoffs contre les Warriors de Don Nelson, il ne faut pas oublier le niveau affiché par Dirk Nowitzki durant la saison régulière. Avec 24.6 points et 8.9 rebonds de moyenne, le natif de Wurzburg permet à Dallas de finir 1er de la Conférence Ouest (et de toute la ligue) avec 67 victoires au compteur.

C'est la première fois qu'un Européen remporte le trophée de MVP, 12 ans avant Giannis Antetokounmpo. L'émotion de Mark Cuban lors de la remise de la récompense marque les esprits. Elle témoigne d'une connexion rare entre un propriétaire de franchise et sa star. Leur relation est toujours fusionnelle aujourd'hui.

Il envoie Phil Jackson à la retraite en 2011

Au moment d'affronter les Mavs en demi-finale des playoffs 2011, les Lakers sortent d'un back to back. Leur objectif est clair et réaliste : le Three-Peat. Jamais une équipe coachée par Phil Jackson n'a pris de sweep dans une série de playoffs. Avant le drame, bien entendu... Cet upset terrible convainc le Zen Master qu'il est temps de partir en retraite...

Emmenés par un Dirk Nowitzki injouable, les Texans déjouent tous les pronostics et balayent les Californiens sans ménagement. L'Allemand finit meilleur marqueur à trois reprises et orchestre le bouquet final avec une victoire de 36 points contre Kobe et sa bande. C'est à ce moment-là que tout le monde comprend que les Mavs sont là pour jouer la gagne et pas seulement pour faire un petit parcours sympathique...

Le Graal, pour l'éternité

Cinq ans après l'énorme déception de la défaite en Finales contre Miami, les Mavs retrouvent Dwyane Wade et le Heat. Avec LeBron James et Chris Bosh pour rendre l'ensemble encore plus effrayant... Après une défaite inaugurale qui semble préfigurer d'un succès des Floridiens, Dirk Nowitzki sort de sa boîte.

Dans le game 2, alors que Miami mène de 15 points à 6 minutes de la fin, les Mavs se rebellent et recollent pour ce qui reste comme l'un des plus étonnants comebacks dans un match des Finales. Il ne reste que 3.6 secondes à jouer et Dirk dépose  Chris Bosh et conclut magnifiquement main gauche près du cercle. Un game winner fondateur. A cet instant, il montre aux arrogants "Tres Amigos" - qui n'avaient pas hésité à se moquer de son rhume carabiné lors d'une des rencontres - qu'aucun cadeau ne leur sera fait.

Le coup est rude pour le Heat, incapable de tenir Nowitzki sur le reste de la série. Les Mavs soulèveront ainsi le premier trophée Larry O'Brien de l'histoire de la franchise. Le Wunderkind sera lui logiquement élu MVP des Finales.

Le club des six

Dirk Nowitzki a tout fait pour atteindre la barre des 30 000 points en carrière devant son public et contre une franchise prestigieuse. Grâce à ses 25 points contre LA, l'Allemand est devenu le 6e joueur de l'histoire à atteindre ce total. La compagnie au sein de ce club très fermé et select est plutôt sympathique. Kareem Abdul-Jabbar, Karl Malone, Kobe Bryant, Michael Jordan et Wilt Chamberlain... LeBron James y est entré avec fracas par la suite.

Nowitzki n'a eu besoin que d'un peu plus d'un quart-temps pour y parvenir, transformant la salle des Mavs en chaudron. Et Mark Cuban en groupie en chaleur.

 

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