La Pologne cette équipe « chiante » que l’EDF va battre

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Les Polonais ne forment pas l'armada la plus redoutable de l'Eurobasket mais ils ont tous les atouts d'une équipe casse-pied capable de gêner les Bleus.

L’équipe de France affronte la Pologne pour son quatrième match de l’Eurobasket 2017, demain à 15h30 (heure française) à Helsinki. Rapide présentation d’un adversaire connu mais peu excitant.

Match important ou simple rencontre de poule sans intérêt ?

Y’a game. La rencontre est un peu paumée dans le flot des innombrables rencontres des phases préliminaires mais il est primordial. Pas seulement pour la qualification en huitièmes mais surtout pour le classement à l’issue du premier tour.

L’équipe de France reste sur une bonne dynamique avec deux succès de suite après son raté contre la Finlande en ouverture. Les Polonais ont eux atomisé les Islandais mais ils ont perdu – de peu – contre les Slovènes et les hôtes finlandais. Ils ont besoin de gagner pour se croire encore à la qualif’. Les Bleus ont eux intérêts à se mettre à l’abri pour éviter l’Espagne dès les quarts.

Le dernier France-Pologne, c’était chaud…

Yep. Eurobasket 2015. 69-66. C’était alors le troisième match de la compétition, pas le quatrième. Là, les tricolores ont une partie de plus dans les jambes mais aussi un jour de repos supplémentaire. Ils devraient être plus appliqués, plus sérieux qu’ils ne l’étaient à Montpellier il y a deux ans.

Mais l'équipe de France est moins forte cette année.

Moins forte, oui, mais pas moins kiffante. Ce groupe a moins de marge. Il est peu moins talentueux (No Offense) mais il a son caractère. Cette équipe joue vite, portée par son trio d'arrières stars comme Thomas Heurtel, Nando De Colo et Evan Fournier. C'est offensif, ça court et ça plante. Un plaisir surprenant de voir notre EDF en version Phoenix Suns FIBA.

Alors, la Pologne ça joue comment ?

« C’est une équipe de shooteurs », débute Vincent Collet. « Il faudra les surveiller et utiliser notre avantage de vitesse pour les mettre en difficulté. »

Alors ça, c’est sûr, ça shoote. A part l’Italie et la Finlande, aucune équipe n’a plus tenté sa chance derrière l’arc. 74 tentatives pour 29 ficelles, soit un très propre 39% de réussite. La Pologne est la sixième formation la plus adroite de loin de ce début de tournoi. Solide.

Sauf que devinez quelle équipe est encore plus redoutable derrière la ligne ? Ben ouais, la France. 44%, troisième derrière les ritales et les Espagnols. Force latine. Du coup, ça nous promet un match bien offensif entre deux des attaques les plus prolifiques de l’Eurobasket.

Pourtant, cette rencontre, c’est typiquement celle où les Bleus vont bien défendre.

« On a des attaquants de grande classe mais on a une marge de progression importante en défense. Il faudra progresser si l’on veut aller loin. »

Vincent Collet a prévenu. Quand le sélectionneur discute d’un thème la veille d’un match dans la presse, c’est rarement anodin. Il y a de fortes chances que le message soit répété en boucle à ses ouailles depuis des jours. Voire des semaines. Après quelques passages très poussifs de ce côté du parquet, la France se cherche encore un game référence avec une attitude irréprochable sur quarante minutes. Autrement dit, un match complet à défendre comme des acharnés.

Et bien nous, nous sommes prêts à parier que les Bleus vont (se) sortir (les doigts) pour ce semi-choc important contre la Pologne. Ça va couper de la ligne de passe, ça va recouvrir sur les picks-and-roll, ça va venir en aide, ça va enfin bloquer ces put**** de rebonds. Bref, ça va défendre et limiter les Polskis sous les 70 pions.

Est-ce que y’a quand même un joueur un peu chaud en face ?

Oh, oui. Bon Marcin Gortat, dit le « Marteau Polonais » (ou le « Polish Hammer ») n’est pas là mais il faut bien penser à contenir ce filou de Mateusz Ponitka. Le mec n’est pas connu, déjà parce que son prénom est difficilement prononçable pour tous ceux qui sont né à l’Ouest du Danube. Ensuite, à moins d’avoir suivi les championnats turcs, belges et polonais, vous avez sans doute rarement eu l’occasion de le voir dans ses œuvres.

Mais le Ponitka respire le basket. Les stats de l’arrière en disent un peu plus long : 14,7 pts, 8,7 rbds et 2 pds après deux matches. Nando De Colo et Evan Fournier devront veiller à le surveiller de près. Puis pensons tout de même à A.J. Slaugther, un gars de chez nous. Enfin de la Pro A, quoi.

Thomas Heurtel va flamber, ça se sent

Mais oui monsieur ! Critiqué après sa mauvaise performance contre la Finlande en ouverture, le nouveau meneur de Barcelone a rendu des copies correctes depuis. Là, c'est typiquement le match pour faire parler sa vista et inscrire 6 points consécutifs dans un moment un peu chaud. Histoire de lancer la machine et de finir meilleur marqueur du game.

Un mot à retenir en polonais ?

« Kurwa », traduction de « putain ». Mot qu'il faudra bien penser à répéter si Adam Waczynski prend feu.

Comment la France peut-elle perdre ce match ?

En ratant son premier quart temps. Un petit coup de stress et, hop, les tricolores ont ensuite tendance à perdre leurs vertus collectives quand ils sont menés au score. Ils finissent souvent par reprendre les devants mais c’est seulement pour mieux se relâcher et encaisser des filoches à trois-points en fin de match. Bon, ce n’est pas inventé, c’était simplement le scénario contre la Finlande. Aussi contre la Grèce mais ils n’avaient pas payé cash leur baisse de tension dans le quatrième quart.

De toute façon, quitte à se répéter, nous voyons bien De Colo et sa bande sortir un match référence contre la Pologne.

Par quel écart les Bleus vont-ils gagner ?

Un peu plus de dix points. Vous pouvez « fav ».