DeMarcus Cousins blessé, ça change quoi pour les Warriors ?

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

DeMarcus Cousins va manquer le reste des playoffs. Un coup dur qui ne devrait pas pousser les Golden State Warriors à revoir leurs ambitions à la baisse.

On pouvait s’en douter dès le moment où DeMarcus Cousins s’est écroulé sur le parquet, alors qu’il chassait une balle perdue au cours du premier quart temps du Match 2 entre Golden State et Los Angeles. Une blessure sans le moindre contact, c’est rarement anodin et c’est très souvent mauvais signe. C’est désormais confirmé : l’intérieur All-Star souffre d’une déchirure des quadriceps. On ne le reverra pas pendant ses playoffs et il ne portera probablement plus le maillot des Warriors (il est libre de signer où il le souhaite cet été).

Perdre un joueur de son calibre – même s’il revenait déjà d’une sévère blessure au tendon d’Achille – n’est jamais facile. Mais ce n’est pas forcément dramatique pour les doubles-champions en titre. Il n’y a même pas vraiment de raison de penser que leur quête d’un nouveau sacre est réellement mise en péril par ce forfait. Même si c’est vraiment triste pour Cousins, évidemment.

Le meilleur cinq des Golden State Warriors, c'est sans DeMarcus Cousins

Le cinq le plus efficace des Warriors cette saison reste celui qui les a mené aux deux derniers titres. Le groupe « de la mort » avec Stephen Curry, Klay Thompson, Andre Iguodala, Kevin Durant et Draymond Green. Une équipe mobile, avec plusieurs stoppeurs défensifs et du danger à tous les postes. Un cinq qui détruit ses adversaires de 29 points sur 100 possessions en 178 minutes cette saison : 124 points marqués et 95 encaissés. Une référence absolue. Changez Green par Jordan Bell et ça donne un superbe +28, toujours sur 100 possessions. +18 avec Kevon Looney à la place d’Iguodala. Ou encore +15 avec le revenant Andrew Bogut en pivot. La formation avec Cousins pointe derrière, avec +12. Les Dubs ont encore de très belles cartes en mains.

Le temps de jeu de DMC était d’ailleurs l’une des grandes questions pour Golden State en playoffs. Comment une équipe qui s’appuie autant sur le « small ball » allait se reposer sur un style de jeu différent avec un pivot traditionnel. Doué, évidemment, mais tout de même massif et donc forcément moins mobile. Notamment en défense. Le cinq majeur avec Cousins a eu le temps d’être aligné 17 minutes sur les deux premiers matches. Pour un différentiel très parlant : -20 ! Le « cinq de la mort » est lui à +16 en dix minutes. +19 pour celui avec Bogut.

Cousins n’a joué que 21 minutes, pour 9 points et autant de rebonds, lors du Game 1. Il était évident que Steve Kerr allait limiter son temps de jeu. En espérant que ça ne froisse pas l’ego du joueur. Cette problématique n’existe plus, même si on aurait évidemment souhaité à DeMarcus de pouvoir jouer.

Aller au bout, pour DMC

Les Warriors ont d’autres atouts. Comme Looney, excellent cette saison et joueur sous-estimé du grand public. Il a marqué 19 points en 19 minutes lors du Game 2. Il connaît son rôle par cœur. Et c’est pour ça que Kerr va lui laisser le même job, avec Bogut promu dans le cinq majeur. Après tout, cette équipe gagnait déjà l’an dernier dans la même configuration ! Et la concurrence n’était pas très différente – même si les Houston Rockets montent clairement en puissance.

C’est une force offensive de moins avec la perte de Cousins. Une opportunité de moins, avec tout un aspect – jeu dos au panier en puissance – qui disparaît. Ça va aussi demander un temps de réadaptation. Et encore. Mais Golden State reste favori. Au contraire, on peut même aller plus loin et se demander si ça ne sera pas le petit déclic en plus nécessaire à Stephen Curry et ses partenaires. Ils ont trop tendance à jouer avec l’interrupteur ON/OFF. Quand ils mènent, ils arrêtent de jouer. Comme c’était le cas contre les Clippers quand ils se sont fait remonter 31 points (un triste record NBA).

Même le succès peut devenir routinier. Ça se voit depuis deux ans dans la Bay. Il n’y a plus la même envie. Plus la même détermination. Il y a toujours le talent, et c’est ce qui a fait la différence. Peut-être même ce qui fera encore la différence cette année. Mais les Warriors sont de plus en plus proches de passer à la trappe. La faute à eux-mêmes. Ils sont leur premier adversaire. Et toute motivation en plus est bonne à prendre. Ils en ont à leur portée : le faire pour DeMarcus Cousins. Aller en finales pour lui donner une petite chance, même infime, de rejouer au cours de ces playoffs. Et si ce n’est pas le cas, gagner pour lui.