Les Rockets, la franchise la plus agaçante de toute la NBA

Les Rockets, la franchise la plus agaçante de toute la NBA

Rois des pleurnicheries et des complaintes de leurs dirigeants, les Houston Rockets forment l'organisation la plus insupportable de la NBA.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

Les Houston Rockets sont mal-aimés. En vérité, ils sont même détestés sur les réseaux sociaux. Il y a même une cartographie qui appuie ce constat. Selon une étude menée par Twitter en septembre, la franchise texane est l’une des plus haïes de toute la NBA, derrière les Los Angeles Lakers et les Golden State Warriors. Les raisons sont assez floues et sans doute souvent injustifiées, même si James Harden – un joueur qui divise malgré son immense talent – est probablement à l’origine du manque d’appréciation de l’équipe.

On ne va pas chercher le pourquoi du comment. Déjà parce que ça reste très « virtuel » comme appréciation. Par contre, pour nous, l’attitude des Rockets, en tant qu’organisation à part entière, contribue à alimenter cette haine de certains passionnés de basket. Parce que les dirigeants du club se sont plaints de manière répétée du traitement accordé à Harden et ses partenaires depuis deux ans.

Deux points refusés... une victoire sur tapis vert

Le dernier exemple en date remonte à avant-hier. Mardi soir, les joueurs de Mike D’Antoni ont perdu contre les San Antonio Spurs après prolongation (133-135). Un match entaché par quelques erreurs d’arbitrage. En effet, à 7 minutes et 50 secondes de la fin du temps réglementaire, Harden a claqué un dunk en contre-attaque. La balle est rentrée dans le panier avant de ressortir. Croyants qu’il avait raté son action, les arbitres n’ont pas validé les deux points. C’est alors que D’Antoni a demandé à contester la décision, ce qui lui est permis depuis la mise en place du « coach challenge. » Sa demande est restée sans suite.

Selon l’officiel en chef de la soirée, James Capers, l’entraîneur a passé trop de temps à se plaindre du coup de sifflet avant de demander à faire jouer le challenge. Il y un délai de 30 secondes au cours duquel les coaches peuvent effectuer leur requête. MDA, lui, a une version différente des événements. Il prétend que les arbitres ne l’ont pas écouté quand il a demandé à le replay.

Des Houston Rockets au culot sans limite

Houston menait 101 à 89 à ce moment de la partie. San Antonio a fini par revenir au score puis à arracher la prolongation avant de l’emporter ! Aujourd’hui, les Rockets ont donc fait le choix de contester officiellement ce résultat. D’après les informations d’ESPN, ils ont déposé un recours à la ligue. Ils réclament la victoire sur tapis vert puisque selon eux ils auraient gagné le match dans le temps imparti avec les deux points supplémentaires qui n’ont pas été accordés. Si jamais le succès leur était refusé, ils demanderaient tout simplement à ce que les 7 dernières minutes et 50 secondes de la rencontre soient rejouées. Toujours selon ESPN, la NBA mène actuellement l’enquête mais les sources proches du média US ont déjà écarté la piste d’une victoire des Rockets.

Alors d’un côté, c’est compréhensible : l’erreur d’arbitrage a été reconnue de tous. Elle a influencé le score et donc le match. Mais des erreurs, il y en a tous les jours. Parce qu’elle est dans la nature de l’Homme. Surtout, c’est sacrément culotté ! Houston menait de 22 points ! Quel prétendant au titre peut gaspiller une avance de 22 points, dont 12 dans les 7 dernières minutes, contre un adversaire dont le bilan est inférieur à 50% de victoires, pour ensuite crier au scandale ? Comment améliorer l’image de l’équipe en se comportant ainsi ?

Après tout, pourquoi pas. Mais le problème, c’est que ça impacte les joueurs d’une manière ou d’une autre. Sur le principe, ce sont juste les dirigeants qui se plaignent dans des commissions pendant que le groupe va de l’avant. Sauf qu’à notre époque, un tel sujet fait les gros titres. Puis il est discuté. Débattu. Et ça revient d’une façon ou d’une autre en pleine poire des joueurs qui sont obligés de répondre à d’innombrables questions sur la polémique. De quoi créer une distraction.

Une franchise pleine d'aigreur

Si seulement ça n’était pas la première fois que les Houston Rockets s’illustraient par une mauvaise communication. Mais non. C’est un exemple parmi d’autres. Souvenez-vous l’été dernier. Fin juin 2019. Giannis Antetokounmpo a été élu MVP avec une avance assez confortable sur son dauphin… James Harden. Le jury d’experts – et même la plupart des analystes du monde entier qui n’étaient pas invités à voter – ont jugé que le Grec méritait d’être récompensé. Et ça l’a touché. La superstar des Milwaukee Bucks était émue aux larmes en parlant de sa mère, de ses frères et de son père décédé au moment de recevoir le trophée. Une séquence touchante. Un beau discours. Applaudi.

https://twitter.com/NBAonTNT/status/1143359308203118594?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1143359308203118594&ref_url=https%3A%2F%2Fwww.cbssports.com%2Fnba%2Fnews%2Frockets-were-prepared-to-respectfully-disagree-after-james-harden-lost-mvp-to-giannis-and-nba-twitter-let-them-have-it%2F

Et attention voilà le drame. Même après vu les images – parce qu’il les a forcément vues – le responsable communication des Rockets a trouvé le moyen de tweeter un long post pour exprimer le « désaccord de la franchise » envers le résultat des votes… dix minutes seulement après la fin du speech d’Antetokounmpo. Un message qui sentait fort l’aigreur et la jalousie avec des statistiques empilées les unes sur les autres comme si elles donnaient quelconques vérités.

La vidéo – supprimée depuis tout comme le tweet – mise avec les statistiques avait été préparée à l’avance, sans doute au moment où Houston a appris qu’Harden avait terminé deuxième du classement pour le MVP. Mais rien n’obligeait la franchise à la poster sur les réseaux sociaux après la teneur du discours de Giannis.

Le jour où les Houston Rockets ont réclamé un titre imaginaire

Au-delà de la bêtise liée au timing, même le raisonnement a ses limites. Les Rockets ont donc étalé des chiffres (exemple : James Harden, premier joueur de l’Histoire à compiler plus de 35 points et 7 passes sur une saison), les Bucks auraient pu faire exactement la même chose pour appuyer le succès d’Antetokounmpo. C’est tout le problème de cette franchise de Houston dirigée par Daryl Morey, accro aux statistiques qui ne jure que par l’analytique.

Morey et ses assistants poussent l’analyse par les nombres beaucoup trop loin. Et ce n’est pas une critique sur le jeu des Rockets. Ça, ça pourrait faire l’objet d’un autre papier. On notera juste qu’Harden et consorts n’ont toujours pas gagné le titre NBA tant recherché. Enfin si. Dans leur tête, ils l’ont gagné. Ou plutôt ils auraient dû le gagner. C’est un dossier entier avec cette conclusion que la franchise texane a envoyé aux instances de la ligue la saison dernière.

Déterminé à prouver par A+B – les chiffres, encore et toujours – que leur équipe avait été « volée » lors des finales de Conférence 2018, les Rockets ont mis sur pied une ribambelle d’experts pour démontrer qu’ils méritaient de passer à la place des Warriors cette année-là. La franchise a donc envoyé un mémo à la NBA en soulignant 81 décisions d’arbitrage qui ont coûté 18,6 points à Houston lors du Game 7 contre les futurs champions. On se demande s’ils ont scruté uniquement les erreurs qui leur ont « coûté des points » ou aussi ceux qui en ont retiré à leurs adversaires. On a notre idée sur la réponse.

James Harden NBA Houston Rockets

 

Le plus insolent, c’est la conclusion du dossier : « Les arbitres ont changé le visage du champion 2018 ». Oui, c’est bien ça : les Rockets estimaient qu’ils auraient dû être sacrés parce qu’ils auraient dû battre les Warriors. Mais quelle manque de respect. Houston avait sans doute la deuxième meilleure équipe du monde. Ça n’empêche que même en cas de qualification, il y aurait eu une finale à jouer contre les Cleveland Cavaliers. Et le résultat de cette série hypothétique ne semble pas si évident.

Toujours dans cette plainte, les dirigeants ont estimé qu’ils avaient l’équipe qui subissait le plus d’injustices de la part des arbitres pendant les playoffs. Osé quand on sait que James Harden est le joueur qui tire le plus de lancers-francs – et de très, très, très, très, très loin – chaque année en NBA.

C’est bien dommage. Parce que plutôt que d’obtenir la reconnaissance qu’ils méritent pour leur construction, les Rockets sont finalement sous-appréciés. James Harden, l’un des talents les plus ahurissants de sa génération, en est la preuve.

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