Ça c’est le Joel Embiid dominant qu’on connait !

Ça c’est le Joel Embiid dominant qu’on connait !

Enfin dominant, Joel Embiid a répondu aux critiques en écrasant la raquette des Boston Celtics. Ses 38 points ont mené les Philadelphia Sixers à la victoire.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié

Al Horford était la bête noire de Joel Embiid. Alors les dirigeants des Philadelphia Sixers ont eu la brillante idée de faire venir le Dominicain en Pennsylvanie. Si vous ne pouvez pas les battre… forcez-les à vous rejoindre. Le front office a tenté un bric-à-brac assez particulier en alignant donc deux intérieurs sur le terrain en plus de Ben Simmons. Avec un Tobias Harris décalé au poste trois. Certainement pas optimal pour le spacing. Ce groupe fantastique sur le papier cherche évidemment encore ses repères.

Le Camerounais, patron de l’équipe, a été le premier impacté par ce changement de configuration. Le fait d’avoir Horford dans ses baskets le pousse à s’écarter trop souvent du cercle. Il balance des tirs longue distance, des deux-points contestés… et la frustration joue sans doute sur le grand nombre de ballons qu’il perd chaque soir depuis le coup d’envoi du nouvel exercice. Il est simplement moins dominant.

Le natif de Yaoundé a montré une certaine tendance à bouder dans ces situations. D’habitude, quand il estime manquer de possessions dessous, il plaçait une petite gueulante dans la presse. Ça n’a pas été le cas. Au contraire, il a même réagi de manière très mature quand les journalistes l’ont interrogé au sujet des critiques récentes émises par Charles Barkley et Shaquille O’Neal. Ces derniers estiment que ce n’est pas normal qu’Embiid se contente de scorer 22 points par match alors qu’il a les capacités pour en mettre 30 chaque soir.

« Peut-être qu’ils ont raison », a répondu l’intéressé calmement, sans le moindre soupçon d’ironie.

Le soir même, il a marché sur les Boston Celtics. La franchise du Massachusetts brille dans plusieurs secteurs défensifs depuis plusieurs semaines mais elle est catastrophique dans la protection du cercle. Logique depuis le départ… d’Al Horford. Joel Embiid en a profité. Il a donc inscrit 38 points avec aussi 13 rebonds et 6 passes au compteur. Ses 5 lancers et son block dans les trente dernières secondes ont assuré la victoire à Philly (115-109) lors du choc de la soirée.

Le plus excitant, c’est la façon dont il a marqué ses points. Il a été dominé près du cercle. Sans pitié avec les pauvres Enes Kanter et Daniel Theis. Le géant de 25 ans a inscrit 8 de ses 12 paniers (en 21 tentatives) dans la peinture. Dont 6 dans la zone la plus proche du cercle. Un festival de dunks et de moves digne d’un pivot All-Star.

« Il a géré les critiques comme un adulte, avec humilité. Et il a répondu en beauté. Il était dominant et c’était l’un des meilleurs matches de sa carrière », notait son coach Brett Brown.

« J’aime quand je suis critiqué. Ils ont dit que je pouvais être le meilleur joueur du monde et je ne l’ai pas encore montré. Je dois jouer plus dur », confiait pour sa part le héros de la soirée.

Un joueur manquait cependant à l’appel hier. Al Horford. Tout sauf une coïncidence. Joel Embiid est libéré quand il joue sans lui. Il est tout simplement bien plus productif lors des minutes jouées en l’absence de l’autre pivot de l’effectif. Plus proche du cercle et plus adroit. Les statistiques fournies par NBA.COM vont exactement dans ce sens. Mais même les Sixers se portent beaucoup mieux quand les deux intérieurs sont séparés : +3 points sur 100 possessions ensemble et +13 quand le Camerounais se retrouve en solo. C’est fou qu’Horford lui serve de kryptonite même en étant dans sa propre équipe.

Le staff va devoir trouver une solution pour faire coexister ses deux stars. En attendant, l’équipe monte en puissance. Elle a gagné 19 de ses 26 premiers matches et elle occupe désormais la troisième place de la Conférence Est.

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