Comment Joel Embiid est en train de sauver les Sixers

Les Sixers sont devenus regardables et peuvent rêver de playoffs sans passer pour des illuminés. Voilà le plus grand exploit de Joel Embiid.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Comment Joel Embiid est en train de sauver les Sixers
Si on nous avait dit fin octobre que les Sixers seraient à six victoires de la 8e place, donc des playoffs, à mi-saison, et afficheraient un pourcentage de victoires supérieur ou égal à celui de trois équipes de l'Ouest (les Lakers, les Suns et les Wolves) et deux de l'Est (Brooklyn et Miami), on aurait sans doute un peu tiqué. On ne verra probablement pas Philadelphie en post-saison à partir du 15 avril, soyons réalistes, mais l'essentiel n'est pas là. Moqués par les fans adverses, brocardés par la ligue qui a agi en sous-main pour que le "Process" de Sam Hinkie prenne fin, les Sixers sont redevenus "regardables" et une vague d'enthousiasme est même née autour d'eux. Leur avenir, que l'on n'arrivait pas à envisager positivement, s'est éclairci et l'homme qui concentre ces espoirs est évidemment Joel Embiid. Les débuts du Camerounais en NBA ont eu un impact supérieur à ce que l'on pouvait penser sur l'image et les résultats des Sixers. Il faut dire que la seule base de jugement dont on disposait jusque là était des images vieilles de trois ans en NCAA, des workouts individuels et quatre ou cinq matches de pré-saison... [superquote pos="d"]Van Gundy : "Un joueur capable de faire ça mérite d'être All-Star".[/superquote] Il y a un effet hors-terrain, évidemment, où sa bonne humeur, ses loufoqueries et son côté showman attirent la sympathie, mais aussi sur le strict plan sportif. Malgré sa limitation toujours en vigueur en termes de temps de jeu (pas plus de 28 minutes par match), le Camerounais est aujourd'hui une garantie de sérieux et de compétitivité pour son équipe. Ses statistiques (19.7 points, 7.7 rebonds et 2.4 contres de moyenne) sont épatantes pour un rookie et c'est un euphémisme. En rapportant le tout sur 36 minutes, Embiid est le rookie le plus prolifique au scoring depuis... Wilt Chamberlain (29.2 pts/36 mn contre 28 pour "Jojo"). Excusez du peu.

Plus impactant sur son équipe qu'Anthony Davis !

Plus parlant sur le plan collectif, ce qui est quand même le plus important dans l'optique d'un regain d'ambition, les Sixers sont à +12 de différentiel lorsque l'ancien de Kansas est sur le terrain, là où même les Pelicans sont dans le négatif quand Anthony Davis est en jeu. De quoi faire dire à Jeff Van Gundy, pourtant conservateur et prudent en matière de joueurs à la hype grandissante, qu'Embiid méritait d'être All-Star et starter à l'Est !
"Un joueur capable de faire ça avec un supporting cast comme celui des Sixers ne mérite pas moins que ça. C'est la seule entorse que je ferais à l'une des mes règles d'or : il faut que votre équipe ait un bilan positif pour que vous soyez All-Star. Son impact sur cette équipe est complètement sidérant. Je pensais mettre DeMar DeRozan pour accompagner LeBron et Antetokounmpo parmi les trois forwards à l'Est, mais Embiid a ma préférence", expliquait il y a quelques jours l'ancien coach des Knicks et des Rockets dans le podcast de Zach Lowe d'ESPN.
Le "Process", comme il se surnomme lui-même en hommage à Hinkie et à la stratégie qui l'a rendu célèbre, est également contagieux sur le plan défensif. Être une vraie présence psychologiquement déstabilisante pour l'adversaire l'intéresse autant que de scorer de l'autre côté du terrain. Embiid a une véritable exigence quant à sa production dans ce secteur, ce qui n'est pas si fréquent chez un jeune leader. Et même s'il peut encore progresser au niveau du footwork et de sa lecture des moves de son vis à vis, ce qu'il est déjà capable de faire démontre un QI basket suffisant pour devenir un two-way player phénoménal. http://www.dailymotion.com/video/x58hgxx_joel-embiid-martyrise-cody-zeller-avec-deux-gros-contres_sport Si Joël Embiid est le catalyseur du renouveau, il n'est pas le seul à en tirer profit à Philadelphie. Brett Brown a enfin une base de travail solide après trois saisons à frôler la dépression, des joueurs se révèlent (Dario Saric, TJ McConnell) ou revivent (Ersan Ilyasova, Gerald Henderson) et Ben Simmons aura un peu moins de pression sur les épaules à son retour de blessure puisque la franchise a désormais un taulier sur lequel l'Australien peut s'appuyer. La Conférence Est est d'une telle médiocrité (ou homogénéité en dessous du top 3 si on veut rester poli...) que Philadelphie et sa nouvelle star peuvent clamer qu'ils rêvent de playoffs sans passer pour des illuminés. Une série de quatre ou cinq victoires peut en effet faire passer une franchise de la 4e à la 10e place et vice versa en un éclair. Une situation qu'ont vécu, dans un sens ou un autre, les Knicks, les Hawks, les Bucks, les Bulls, les Pistons ou les Wizards. Avec la dynamique positive qui s'est aujourd'hui installée chez eux, les Sixers doivent se dire que ce sera bientôt leur tour...

Le classement de la Conférence Est à mi-saison

 
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