Kevin Séraphin : « Mon objectif, c’est de me remettre dans le droit chemin »

Cet été, Kevin Séraphin est en mission. Son objectif, trouver enfin une équipe et un coach pour lui faire pleinement confiance. Entretien.

Théophile HaumesserPar Théophile Haumesser  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Interview
Kevin Séraphin : « Mon objectif, c’est de me remettre dans le droit chemin »
Pour l'instant, Kevin Séraphin ne sait toujours pas précisément sur quel continent se poursuivra sa carrière, mais ce dont il est sûr, c'est qu'on n'a pas encore pu voir quel était son plein potentiel. Durant l'entretien qu'il nous a accordé au début de l'été (que vous pouvez retrouver dans son intégralité dans le numéro 58 de REVERSE), il  nous a fait part de toute sa détermination à s'imposer pour de bon au plus haut niveau et à prouver sa valeur. Morceaux choisis. REVERSE : Tu as l'air d'avoir un programme ultra chargé pour cet été. Tu vas bosser non-stop ou tu vas quand même te reposer un peu ? Kevin Séraphin : Je vais certainement prendre des vacances à un moment parce qu'on n'est quand même pas des machines, mais ce n'est pas ma priorité. Mon objectif, c'est vraiment de me remettre dans le droit chemin, on va dire, et me relancer.[superquote pos="d"]"Si je n'étais pas frustré, ça voudrait dire que je n'ai rien à faire en NBA"[/superquote] REVERSE : Quand tu parles de droit chemin, c'est en comparaison avec quoi ? KS : Avec le fait d'avoir passé une saison sur le banc. J'ai énormément confiance en moi, j'ai le potentiel, ça je le sais. Je sais très bien que je suis capable de jouer en NBA, il faut juste maintenant que je trouve la bonne équipe et le bon coach pour me faire jouer. Mais ça passe d'abord par moi et par le travail que je vais effectuer cet été pour vraiment me relancer. REVERSE : Tu as ciblé des choses en particulier sur lesquelles tu veux progresser ? KS : Je travaille beaucoup sur mon shoot et sur mes départs face au cercle, et bien sûr aussi sur mon cardio, parce qu'il faut rester en forme. J'ai envie de me décaler petit à petit au poste quatre, donc ça passe par là. REVERSE : L'objectif, c'est donc de pouvoir t'écarter du cercle en attaque... KS : C'est surtout de pouvoir faire les deux, d'alterner intérieur, extérieur. Je n'ai pas envie de devoir choisir, je veux pouvoir faire les deux. Le basket commence à beaucoup bouger, on voit de plus en plus de small-ball, et il faut pouvoir s'adapter. Etre à New York, ça m'a ouvert les yeux sur ça parce que même à la fin, le coach m'a beaucoup fait jouer en quatre et j'ai enchaîné de bonnes performances, donc je pense que c'est là que mon avenir est. [caption id="attachment_334367" align="alignright" width="318"] Kevin en plein entraînement à la Hoops Factory avec son coach de shoot.[/caption] REVERSE : Qu'est-ce qui fait que c'est précisément maintenant que tu veux faire évoluer ton jeu ? KS : A Washington, j'étais avec un coach qui n'a jamais chercher à me faire jouer comme ça. J'ai un très bon shoot. Je suis capable de faire des choses et j'ai toujours aimé le fait de pouvoir m'écarter, mais en raison de mon efficacité à l'intérieur, mon coach aux Wizards voulait que je reste dans la peinture. REVERSE : Tu as le sentiment d'avoir été pénalisé à New York à cause de ça ? KS : Avec le triangle, à New York, ce n'est pas que ça m'a pénalisé, mais ce système est très fermé. A tel point que pour eux, chaque poste avait un rôle très précis et c'est vrai que mon jeu ne correspond pas au poste de cinq dans ce dispositif, alors qu'au poste quatre, c'est parfait pour moi. REVERSE : Parce que le poste cinq sert plus de distributeur dans le triangle ? KS : A ce poste, ils attendent clairement que tu sois un distributeur et que tu prennes des rebonds. Après, tu reçois la balle quand les extérieurs te la passent (il sourit) et tu finis. Pour Lou Amundson et Kyle O'Quinn, c'est parfait, mais pour moi qui a plus une mentalité de scoreur, le poste quatre m'irait beaucoup mieux. REVERSE : Du coup, quand tu as choisi New York, tu penses qu'il y a eu une incompréhension sur le rôle qui devait être le tien ? KS : Ce n'est pas une erreur, mais... A Washington, j'avais beaucoup la balle au poste bas et maintenant il y a beaucoup de choses que Kurt Rambis ou même Phil Jackson voudraient que je développe. Ils veulent que je sois capable de marquer, sans forcément avoir la balle en isolation pour attaquer. Ça veut dire lire le jeu encore mieux, c'est beaucoup de choses. Retrouvez notre entretien avec Kevin Séraphin dans son intégralité dans le numéro 58 de REVERSE [product id="330809" sku=""] REVERSE : Tu penses que c'est ça qui t'a freiné pour pouvoir prendre plus de place dans l'effectif ? KS : Ce n'est pas vraiment ça. Quand je suis arrivé, Derek Fisher essayait de trouver sa place lui-même, il cherchait ses repères en tant que coach et sa façon de gagner. Il avait son cinq, mais après, pour la rotation, il cherchait. Il a essayé toutes les combinaisons possibles. Au final, Kyle et moi ça nous a beaucoup impactés. [caption id="attachment_330815" align="alignleft" width="318"] L'intégralité de notre entretien avec Kevin Séraphin est à retrouver dans le numéro 58 de REVERSE, actuellement en kiosques.[/caption] REVERSE : La saison a été particulièrement mouvementée du côté de New York. Ce n'était pas trop frustrant ? KS : On est tous des compétiteurs, donc si je n'étais pas frustré d'être sur le banc et de ne pas jouer, je te dis honnêtement que ça voudrait dire que je n'ai rien à faire en NBA. Ça voudrait dire que je n'ai plus la motivation ni la flamme qui a fait que je suis arrivé là. Forcément, tu es frustré, tu as envie de jouer, tu penses que tu as le niveau, mais en même temps tu essaies de rester positif parce que tu sais que c'est un sport d'équipe et que tu ne peux pas laisser ta frustration déteindre sur tout le monde et affecter l'équipe. Je lis beaucoup de bouquins sur comment rester positif, comment garder la bonne mentalité et sur le fait que l'énergie que tu dégages détermine celle que tu attires. C'est pour ça que j'ai continué de rester positif et de travailler, même si j'étais frustré, pour transformer ça en quelque chose de positif. REVERSE : On a souvent l'impression qu'en NBA les rotations sont fixées très tôt et que c'est très compliqué, sauf blessure, de les faire bouger... KS : Le cinq, oui, il est fixé. Pour qu'il y ait des changements, il faut des blessures.[superquote pos="d"]"En NBA, il y a 450 joueurs et tous pensent qu'ils peuvent être All-Stars"[/superquote] REVERSE : Est-ce que c'est vraiment possible de grimper dans la hiérarchie de l'équipe en taffant à l'entraînement ? KS : Ça dépend. Il y a beaucoup de facteurs qui rentrent en compte. Par exemple, Robin Lopez et Kristaps (il marque une pause). Ils sont là et ils ne bougeront pas. C'est sûr que Kristaps n'est pas un joueur qui doit sortir du banc et Robin non plus. Ils venaient de lui donner son gros contrat, ça n'aurait eu aucun sens de le mettre sur le banc. Donc il y a beaucoup de facteurs qui font que le cinq de départ est instauré. Maintenant, au niveau des rotations du banc, ça peut toujours changer, ça dépend du coach. REVERSE : Tu es donc parvenu à faire de ta frustration un moteur. KS : C'est exactement ça. Ça m'a permis de me pousser encore plus. Je ne peux pas utiliser ma frustration comme excuse pour tout abandonner. On ne m'a jamais appris à abandonner et, de ma vie, je n'abandonnerai jamais. Mais, mentalement, la NBA c'est quelque chose qui peut te rendre fou. En NBA, il y a 450 joueurs et ces 450 joueurs pensent qu'ils peuvent être All-Stars. Honnêtement, c'est la vérité (rires). C'est comme pour les 1000 joueurs qui sont à l'extérieur et qui pensent qu'ils ont leur place en NBA. Au final, ce n'est pas la vérité. Il y a quoi, vingt-quatre All-Stars ? Le calcul est vite fait, ça fait même pas 5% de la ligue. Mais c'est la mentalité qu'on a tous. Déjà, à la base, les Américains ont une très grosse confiance en eux, ils grandissent comme ça, et c'est sûr que nous, Européens, quand on arrive il faut qu'on se mette à ce niveau-là. T'es obligé ! Il n'y a que ceux qui ont une confiance en eux comme ça qui peuvent arriver en NBA. Tu peux être talentueux, mais si tu n'as pas la confiance, tu vas peut-être y aller, mais tu n'y resteras pas. Le numéro 58 de REVERSE, actuellement en kiosques ! [product id="330809" sku=""]
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