Qui prend feu plus vite que Klay Thompson ?

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Véritable gâchette quand il a la main chaude, Klay Thompson (35 points) était à la révolte des Golden State Warriors en deuxième mi-temps cette nuit.

Klay Thompson n’a même pas besoin de dribbler pour marquer. Ses 60 points en 11 dribbles (et 29 minutes) en décembre 2016 en sont la parfaite illustration. Il lui suffit de courir, de réceptionner la balle et de tirer. Vite et bien. Parce que si Stephen Curry est souvent considéré comme le meilleur shooteur de l’Histoire, son Splash Bro est peut-être celui qui a la mécanique la plus pure. Et quand il prend feu, attention les dégâts.

« Ce gars est une machine », remarque Steve Kerr. « Il est tellement en forme. Il a été fantastique [lors du Game 6 cette nuit]. »

C’est vrai qu’il est parfois facile de l’oublier. Il va passer quelques possessions sans prendre sa chance ou sans garder longtemps là-bas. Encore une fois, il n’a pas besoin de dribbler. Mais un ou deux paniers extérieurs de plantés et le voilà lancé. Le cercle prend des dimensions surréalistes quand Klay se sent sur un nuage. Il devient alors injouable. Absolument injouable. Et il n’y a probablement pas un seul joueur en NBA capable d’enflammer une rencontre (peut-être même pas Steph Curry).

C’était le cas cette nuit. C’était aussi déjà le cas lors d’un autre Game 6 très important, en 2016. Les Golden State Warriors étaient menés 3-1 par le Thunder. Les Californiens ont décroché le Game 5 avant de se rendre à Oklahoma City pour la sixième manche. Ils étaient au bord du gouffre. Leur arrière les a sauvés. Il a claqué 41 points avec 11 paniers primés lors d’un soir de folie furieuse. Il a enflammé la rencontre et amorcé – involontairement – le départ de Kevin Durant à Oakland quelques semaines plus tard. Rebelote contre les Houston Rockets hier soir. Deux ans après. Ses 35 points ont mis les Dubs sur le chemin de la victoire alors que la partie était bien mal embarquée.

« Je ne sais pas si je suis né pour ça mais j’ai vraiment bossé dur pour en arriver là. Je suppose que rien n’arrive par hasard. Mais, pour être honnête, ça fait du bien. J’ai essayé de jouer avec le plus de passion possible. J’ai probablement parlé un peu plus que d’habitude. Quand vos tirs ne rentrent pas, vous pouvez toujours jouer dur et avec passion. Ça se retranscrit généralement dans le reste de mon jeu quand je fais ça », explique l’intéressé.

Klay Thompson était effectivement plus vocal qu’à l’accoutumée. On l’a notamment aperçu crié à plusieurs reprises après un panier ou pendant un temps mort. Il ne voulait absolument pas perdre. Il ne voulait pas sortir comme ça. Un contraste avec le joueur très calme – assassin au sang-froid – qui vit habituellement dans l’ombre de stars encore plus grandes comme Curry ou KD. Une cohabitation qui pousse certains à imaginer l’avenir du bonhomme en dehors de la Bay. Mais c’est sans prendre en compte sa personnalité.

« Klay ne se soucie pas des jugements et des résultats. Je pense qu’il aime juste jouer au basket. Il se sent tellement bien dans sa peau. Il veut juste jouer et il ne se soucie pas du reste. Donc la pression ne l’atteint pas », explique Steve Kerr.

Ça explique sa capacité à prendre feu même après dix ratés de suite. Il a été particulièrement maladroit en première période – comme ses coéquipiers – cette nuit. Puis il a sonné la révolte. Deux paniers à trois-points dès le retour des vestiaires. L’origine d’un 11-0 qui a fait repasser les Warriors devant. La montée en chaleur. Et à partir de là, Klay Thompson était impossible à arrêter. Comme ce fut le cas si souvent dans les moments les plus importants depuis quatre ans.

Klay Thompson a pris feu cette nuit