Les Celtics peuvent-ils barrer la route des finales à LeBron ?

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Comme l'an dernier, LeBron James et les Boston Celtics se retrouvent lors des finales de Conférence Est. Mais la donne est légèrement différente.

Il y a les dirigeants qui s’enflamment dès que leur équipe réussit un bon parcours en playoffs et distribuent ensuite les contrats massifs à la pelle (hello, Portland). Et il y a ceux qui restent froids, impassibles, sans scrupules et constamment prêts à faire les (bons) ajustements pour améliorer leur effectif. Danny Ainge rejoint la deuxième catégorie. Ses Boston Celtics ont gagné 53 matches en 2016-2017. Le peuple du Massachusetts s’était trouvé un nouveau héros en la personne d’Isaiah Thomas, superstar à presque 30 points par match. Le Président n’en a rien eu à secouer. Il a cassé son groupe quasiment de A à Z en quelques transferts, quelques semaines seulement après l’élimination de sa franchise en finales de Conférence.

Exit Thomas et sa hanche défectueuse. Bye-bye Avery Bradley et Jae Crowder, pourtant considérés comme des soldats valeureux – et précieux – du roster de Brad Stevens. Ainge s’est même permis de lâcher le premier choix de la draft pour récupérer le troisième, un pick de plus et prendre Jayson Tatum. L’ailier de 20 berges est aujourd’hui présenté comme le meilleur joueur de sa cuvée (oui, il a encore plus de potentiel que Donovan Mitchell). Des décisions pleines de culot. Mais autant de paris gagnants.

Un an après, Boston a gagné 55 matches et se retrouve exactement au même stade : en finales de Conférence. Même sans Gordon Hayward, sa principale acquisition de l’été, et sans Kyrie Irving, sa superstar. Les deux étant indisponibles sur blessures. Incroyable. Ironique même, vu que les Cleveland Cavaliers, prochains adversaires des Celtics, sont aussi retournés à ce stade de la compétition sans Irving. C’est maintenant LeBron James qui se présente une nouvelle fois devant l’armada (rafistolée) bostonienne.

Les Boston Celtics ont les armes pour au moins nous offrir une série

Le King part favori, comme à chaque fois qu’il foule un parquet de playoffs à l’Est des Etats-Unis. Mais cette équipe de Beantown, bien que diminuée, est bien mieux armées pour lutter qu’elle ne l’était l’an dernier. Elle est aussi complètement différente – seulement quatre joueurs ont disputé les finales de Conférence en 2017. Ces quatre gars seront d’ailleurs tous très importants pour mettre fin à la suprématie de Cleveland. Al Horford, Marcus Smart, Terry Rozier et Jaylen Brown sont tous des basketteurs complets capables de défendre sur plusieurs profils différents tout en pesant en attaque. Ajoutez-y le prodige Tatum et le robuste Marcus Morris et vous obtenez une légion de gabarits différents et polyvalents susceptibles de freiner le flow offensif des Cavaliers. Or la franchise de l’Ohio gagne ses matches en attaque et très rarement (jamais) en défense. Pour la vaincre, il faut enrayer la machine.

Et donc stopper James, une mission impossible. Mais Brad Stevens est le coach qui a le plus d’atouts à sa disposition pour au moins rendre la série intéressant. Et ce sans même deux de ses trois All-Stars. Un cinq majeur composé de Rozier, Smart, Brown, Tatum et Horford peut vraiment handicaper le groupe de départ de Tyronn Lue. Tous ont les attributs athlétiques pour changer de vis-à-vis sur les écrans. Brown a de quoi résister un minimum contre LeBron et Horford va faire souffrir Kevin Love. Si les titulaires des Boston Celtics font jeu égal (ou presque) avec ceux des Cavaliers, la différence pourrait venir des bancs. Et celui de Cleveland est loin de peser depuis le début des playoffs.

LeBron James reste indétrônable à l'Est

Après, en réalité, miser contre LeBron James à ce stade de la compétition relève presque du pronostic suicidaire. Il reste le meilleur joueur du monde et il domine la Conférence Est sans partage depuis 2011. Il n’y a aucune superstar capable de mettre son royaume en péril. C’est d’ailleurs peut-être la série où les absences de Kyrie Irving et Gordon Hayward vont le plus manquer aux Boston Celtics. Il est essentiel d’avoir un ou deux joueurs capables de faire la différence seul sur quelques possessions cruciales en playoffs. Ces gars qui prennent la gonfle et domine leur adversaire direct en un-contre-un.

L’opposé de l’esprit collectif, certes, mais une donnée essentielle du basket. Un individu peut prendre le dessus sur tous les autres dans la mesure où il n’y a que cinq joueurs dans chaque camp. C’est aussi pour ça que l’équipe qui peut compter sur le meilleur joueur gagne généralement la série (à condition qu’il soit un minimum entouré évidemment). Rozier, Tatum et Horford ont pris le relais mais c’est à ce stade de la compétition que leur manque d’expérience – pour les deux premiers cités – va pêcher.

Une nouvelle raison de penser que Cleveland a une voie royale à l’Est aussi longtemps que LeBron James restera au bercail. Ces playoffs démontrent d’ailleurs au prodige d’Akron qu’il a tout intérêt de ne jamais quitter la Conférence Est. C’est peut-être la meilleure solution pour continuer à disputer les finales NBA saison après saison. Du moins aussi longtemps qu’il n’y aura personne pour lui faire face.