NBA APOCALYPSE, épisode 2

NBA APOCALYPSE, épisode 2

Dans un univers ravagé par un virus et dans une ambiance cataclysmique, LeBron James a pour mission de sauver le monde. Ça, c’est notre nouvelle série, NBA APOCALYPSE.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Fiction

2032. Voilà plus de dix ans que la planète est ravagée par une crise sanitaire sans précédent. Civilisations détruites, villes abandonnées, populations déplacées, décimées, survivants calfeutrés. Le chaos règne dans les rues devenues irrespirables, désertes et pourtant dangereuses. Certains groupes tentent de reconstruire un nouveau monde tandis que d’autres pillent, terrorisent et s’approprient les rares zones où l’eau est encore potable. C’est dans ce contexte apocalyptique que le drapeau américain flotte à nouveau fièrement au sommet du Barclays Center, l’ancienne salle des Nets en partie démolie lors des émeutes qui ont secoué la grosse pomme au pic de l’épidémie. Brooklyn n’est plus qu’un désert de ruines. La faute aux précédents dirigeants du quartier et à leurs décisions stupides, comme celle de miser sur des vétérans de guerre à bout de souffle pour assurer la défense du périmètre. Le virus les a balayés en un rien de temps. Au cœur du cataclysme, une place forte. Rebâtie de zéro, brique après brique, par deux hommes, le général des nouvelles forces libérées Sean Marks et son capitaine Kenny Atkinson. Posés sur le toit du building qui détonne au milieu du champ de bataille, les deux hommes savourent leur succès.

Sean Marks : Capitaine, nous pouvons être fiers de nous ! Bientôt, toutes les zones libres entendront parler de notre victoire. Ils nous prendront pour modèles pour se reconstruire selon nos codes. Ce nouveau monde sera à notre image. Nous l’avons fait. Nous avons réussi. New York n’est plus, mais Brooklyn résiste ! D’ailleurs, bientôt, New York, ce sera Brooklyn.

Kenny grommelle quelque chose d’incompréhensible et indescriptible.

Sean Marks : Tu as raison mon bon Kenny. Mais nous pouvons voir encore plus grand. Il nous faut débarrasser New York de ces racailles du syndicat du crime. Pour ça, il nous faut un grand guerrier. J’ai ouï dire que Kevin Durant aurait été aperçu dans les alentours. C’est lui qu’il nous faut ! Avec un champion comme lui, nous serons invincibles. Fait passer le mot à nos éclaireurs, qu’il répète à tous ceux qui ont survécu que Brooklyn est une zone libre et que Durant est le bienvenue chez nous.

Kenny grommelle quelque chose d’incompréhensible et indescriptible puis s’en va rejoindre l’intérieur de la salle. Sean reste un moment sur le toit, scrute l’horizon sauvage et saccagé, le regard perçant, conquérant, sûr de lui. « Bientôt, ce sera à nous », se répète-t-il.

Deux jours sont passés. Comme convenu, les troupes envoyées par le capitaine Atkinson sur le territoire new-yorkais ont transmis le message du général Marks. Puis, un soir, un homme vient frapper à la porte du Barclays Center. La garde intervient.

Jarrett Allen : Qui va là ? Présente-toi, étranger.

Kyrie Irving : Des informations à propos de Kevin Durant, j’ai en ma possession.

Le ton est plat, glacial. La tête baissée, capuche sur le front, l’homme vêtu d’une longue robe noire est difficile à distinguer. Jarrett envoie un soldat pour chercher le général Marks. Quelques minutes plus tard, ce dernier débarque avec le capitaine Atkinson et prend la situation en main.

Sean Mark : Qui es tu ? Et que sais-tu à propos de Kevin Durant ?

Sans esquisser un mot, Kyrie lève doucement la tête. Son visage est à peine visible. Seules deux lumières vertes jaillissent de l’obscurité. Des petits yeux luisants. Il n’en fallait pas plus pour que Sean s’aperçoive de qui il s’agit.

Sean Marks (à ses compagnons) : C’est… c’est Kyrie Irving. La rumeur dit qu’il est ami de Durant. C’est peut-être notre meilleure solution pour attirer de grands guerriers ici !

Kenny grommelle quelque chose d’incompréhensible et indescriptible.

Sean Marks : Oui… Je sais qu’il a l’air bizarre. Mais nous n’avons pas le choix.

Kenny grommelle quelque chose d’incompréhensible et indescriptible.

Sean Marks : Oui Kenny, je connais les rumeurs sur la façon dont Boston a été rayée de la carte. Mais ce ne sont que des rumeurs…

Kenny grommelle quelque chose d’incompréhensible et indescriptible puis s’en va rejoindre l’intérieur de la salle, apparemment frustré. Il sort de sa poche un flacon de gnôle qu’il boit d’une traite.

Sean Marks : Entrez donc, Mr Irving. Vous verrez notre immeuble est le mieux équipé de tout le secteur ! Nous avons tout reconstruit à la force de nos…

Kyrie Irving (il coupe) : De la nourriture, j’ai besoin.

Sean Marks : Heu, oui, oui, bien entendu. Nous allons organiser un repas en l’honneur de votre arrivée. Et donc vous dites avoir des nouvelles de Kevin…

Kyrie Irving (il coupe à nouveau) : Et d’un endroit chaud pour dormir, il me faut.

Jarrett Allen (chuchote à Sean Marks) : Mais… pourquoi il parle comme ça ?

Sean Marks : Oui bien sûr, nous allons vous procurer tout ça. Par contre, vous venez de l’extérieur, nous devons donc vous faire procéder à une batterie de tests pour vérifier si vous n’avez pas été infecté par le virus, vous comprenez j’imagine. Vous verrez nous avons le système médical le plus…

Kyrie Irving (il coupe encore) : Plate est la Terre, punis seront les mécréants. Les tests, je ne ferai pas.

Jarrett Allen : Mais ça ne veut absolument rien dire !

Caris LeVert (chuchote à Sean Mark) : C’est normal qu’il parle comme Yoda ?

Kenny, qui assiste à la scène, grommelle quelque chose d’incompréhensible et indescriptible puis sort une bouteille de rhum de son manteau, qu’il boit d’une traite. Un peu désarçonné, Sean s’en va préparer les festivités du soir. Une heure plus tard, toute la population de Brooklyn est réunie au cœur de la salle. Des tables de banquets ont été installées sur le parquet. Tout a été fait pour que Kyrie soit mis à l’aise. La sono crache de la musique hip-hop des années 2020. Les serveurs s’empressent d’amener les plats préparés en cuisine. Sur la piste, les danseuses se déhanchent. Assis dans un coin, Kenny enquille les verres de whisky. Tout le monde est dans l’ambiance. Sauf Kyrie, qui a refusé d’ôter sa capuche. Il est assis à côté de Sean. Le général demande à couper le son pour prendre la parole.

Sean Marks (crie) : Mesdames, messieurs. Nous avons reconstruit cette cité jour après jour depuis des années. Et aujourd’hui, nous sommes récompensés ! Des guerriers réputés vont nous venir en aide pour étendre notre modèle aux quatre coins du pays et nous libérer des gangs qui rôdent ! Aujourd’hui est un grand jour. Aujourd’hui est le premier jour du reste de nos vies ! J’ai le plaisir de vous présenter à mes côtés le grand Kyrie Irving, ami de Kevin Durant, qui va nous dire quelque mot. Mais déjà, Kyrie, je me permets de vous appeler Kyrie, une question que nous nous posons tous : où est Kevin ?

Kyrie Irving : Pas prêt, vous êtes. D’autres soldats, il faut.

Spencer Dinwiddie (chuchote à Sean Marks) : Mais pourquoi il…

Sean Marks (agacé, le coupe) : NON, JE NE SAIS PAS POURQUOI IL PARLE COMME YODA.

Kyrie Irving (pointe alors du doigt Rodions Kurucs, Jarrett Allen, Joe Harris et Taurean Prince) : Inutiles, ils sont. Leur couper la tête, il faut.

Sous le choc, la foule peine à réagir. Kenny, complètement ivre, ouvre la bouche et s’exprime :

Kenny Atkinson : J’en peux plus de ce connard. J’me casse.

Sean Marks : Quelqu’un a compris ce que Kenny vient de dire ?

Kenny quitte la pièce en titubant, se casse la figure deux fois, se relève et sort du building en faisant des doigts d’honneur à tout le monde. La panique commence à s’installer dans le peuple d’ordinaire si serein de Brooklyn. Sean ne sait plus où donner de la tête. Il commence à se demander si ça valait vraiment la peine de tout chambouler pour un Durant énigmatique que plus personne n’a croisé depuis des années. Kyrie s’approche alors de lui.

Kyrie Irving : La peur, chez toi, je sens. Un nouveau capitaine, je connais. Tyronn Lue.

C’est en se rapprochant de Kyrie que Sean réalise que des gouttes de sang coulent de la capuche de son interlocuteur. Ses joues sont creusées, sa barbe mal rasée et ses yeux devenus verdâtres… LE VIRUS ! Kyrie a le virus ! En un regard, Kyrie se rend compte que Sean a compris. Il ricane, enlève sa capuche et laisse apparaître un crâne plein d’entailles et de plaies. Les marques sont distinctives des personnes infectés profondément.

Sean Marks (hurle) : SAUVEZ-VOUS TOUS !

Le général recule mais il est bousculé par la foule, apeurée, qui se précipite vers la sortie. Kyrie dégaine deux flingues de sa robe et se met à mitrailler dans le tas. Caris, Spencer et les autres gardes sont pris de court. Jarrett est le premier touché. Les cadavres s’empilent rapidement les uns sur les autres tandis que Kyrie continue à tirer à tout va en riant à pleine gorge. Juste avant de quitter le building, il met le feu aux réserves de carburant de la salle et s’éloigne en marchant. Sean est l’un des rares survivants. Il parvient à s’extirper de l’immeuble juste avant une série d’explosions. De l’extérieur, il assiste à l’écroulement soudain de tout ce qu’il a construit depuis si longtemps. Le Barclays Center est en feu. Et voilà Brooklyn replongé dans le chaos. Une fois de plus.

 

NBA APOCALYPSE A SUIVRE

Prochain épisode de NBA APOCALYPSE le vendredi 3 avril

NBA APOCALYPSE LeBron James

Si vous avez manqué les épisodes précédents :

 

Illustration par Vladislav Lakshe, suivez-le d'urgence sur Instagram : @lakshepassion

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