NBA APOCALYPSE, épisode 1

NBA APOCALYPSE, épisode 1

Dans un univers ravagé par un virus et dans une ambiance cataclysmique, LeBron James a pour mission de sauver le monde. Ça, c’est notre nouvelle série, NBA APOCALYPSE.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Fiction

NBA APOCALYPSE, épisode 1

2032. Voilà plus de dix ans que la planète est ravagée par une crise sanitaire sans précédent. Civilisations détruites, villes abandonnées, populations déplacées, décimées, survivants calfeutrés. Le chaos règne dans les rues devenues irrespirables, désertes et pourtant dangereuses. Certains groupes tentent de reconstruire un nouveau monde tandis que d’autres pillent, terrorisent et s’approprient les rares zones où l’eau est encore potable. C’est dans ce contexte apocalyptique que LeBron James se présente dans l’un des secteurs encore sains et sécurisés des anciens Etats-Unis d’Amérique. Avec une mission de la plus grande importance. Pas rassuré à l’idée de manœuvrer seul dans une conquête aussi périlleuse, il cherche à obtenir le soutien de plusieurs professionnels dans l’espoir de sauver le monde. Rien que ça. D’après ses renseignements, l’élite de la nation déchue se réunit tous les soirs dans le bar du coin. Un boui-boui qui a été aménagé au milieu des ruines. Une fois arrivé devant, LeBron passe la porte en bois. Le voilà dans le bistrot, façon taverne ancienne avec un comptoir, des tables, des chaises et presque rien d’autre. Le moment de vérité approche. Il scrute la salle, quasiment vide. Après un rapide coup d’œil, il repère ceux qu’il est venu chercher.

LeBron James (s’approchant de la table où se tiennent quatre gaillards, apparemment plus âgés que lui, la cinquantaine bien tassée) : Hum. Salut les gars. Bon, je ne vais pas y aller par quatre chemins. De toute façon, entre légendes, on se comprend. La situation est grave. Le monde a besoin de moi et moi, j’ai besoin de vous. J’ai appris de source sûre qu’un scientifique détenait la solution pour fabriquer un antidote au virus qui nous frappe tous. Il faut juste aller le chercher à New York, en zone occupée. Mais ça ne devrait pas être un problème pour nous, hein. On est des durs à cuire. Après tout, vous et moi, on a connu la NBA des années 90, les bonnes bagarres, haha. Pas comme ces nouvelles générations gâtées mollassonnes. Alors, vous êtes partant ?

Charles Oakley : Tu t’es déjà pris une grande tarte dans ta gueule ?

LeBron James (soudainement inquiet, balbutiant) : Mais heu… c'est à dire que…

Oakley et ses camarades éclatent de rire.

Michael Jordan : C’est bon gamin, calme toi, on rigole. Mais c’est quoi ton charabia là ?

Scottie Pippen : Laisse Mike, je crois que j’ai pigé. Le petit veut nous emmener dans une opération suicide. Il veut la récompense.

LeBron James : Ah non, non, voyons ! Moi, les récompenses individuelles, je m’en fiche. Ce n’est pas du tout ce qui me motive ! Non, moi je fais ça pour le peuple, pour les fans, pour l’esprit de camaraderie. C’est ça qui compte vraiment pour moi.

Nouveaux éclats de rires.

Magic Johnson : Mais pourquoi tu nous parles des années 90 ?

LeBron James : Ben je me disais qu’entre anciens, on pouvait se serrer les coudes. On est de la grande époque, vous et moi !

Nouveaux éclats de rires.

Charles Oakley : Allez, fous le camp avant que je te mette une fessée.

LeBron éclate de rire tout seul, pensant qu’il s’agissait encore d’une blague. C’est seulement après avoir senti les quatre regards noirs braqués sur lui qu’il comprend qu’il a intérêt à déguerpir. Il est déçu. Mais pas désespéré. Il se met en tête de trouver d’autres compagnons de croisade. Peut-être un peu plus jeunes. Au moins, eux suivront son exemple. C’est justement au détour d’une ruelle qu’il croise trois bonshommes en train de discuter. Un nabot moustachu qui lui rappelle ses vacances au Maroc, un golgoth et un grand fébrile.

LeBron James : Hey vous là-bas, ça vous dit de me rejoindre dans une quête périlleuse, risquée, qui n’a quasiment aucune chance d’aboutir mais qui peut me couvrir de gloire et donc vous donner un peu de notoriété ?

Trae Young : Ah mais c’est LeBron James ! Oui bien sûr, toujours prêt à suivre les consignes d’un grand.

Un sentiment de bonheur et de fierté envahit LeBron sur le moment. Des années d’exemplarité, de messages sur les réseaux sociaux aujourd’hui inactifs, une communication travaillée et voilà que ça paye enfin. Il se tourne vers le mastodonte, une espèce de force de la nature de plus de 2,15 mètres, visiblement occupé à se préparer une boisson en broyant lui-même une quantité de pilules qu’il mélange avec de l’eau.

LeBron James : Qu’est-ce que c’est que ça ?

Deandre Ayton : Oh rien, juste une recommandation de mes médecins. Un cocktail à base de stéroïdes et d’anabolisants. Rien d’extraordinaire. Ce sont juste des vitamines pour moi.

LeBron James : Bon de toute façon, t’es trop vieux pour cette expédition. Trop dangereux avec le virus.

Deandre Ayton : Mais j’ai à peine passé la trentaine monsieur…

LeBron James : Mais bien sûr, et moi j’ai gagné des titres NBA sans l’aide d’au moins deux All-Stars.

Kevin Love (jusqu’alors très discret) : Salut LeBron, ça fait longtemps que je ne t’avais pas vu. C’est vrai que Kyrie et moi on était All-Star quand on a gagné ensemble en 2016. Tu nous parlais d’une mission, c’est quoi au juste ?

LeBron James : Tu t’es déjà pris une grande tarte dans ta gueule ?

Silence. Kevin et Trae fixent LeBron sans trop comprendre sa réaction.

LeBron James : Ah oui, la mission. C’est simple, il suffit de se rendre à New York pour y trouver un scientifique en mesure de fabriquer un antidote contre le virus.

Trae Young : Ah oui, ça va, c’est simple.

Kevin Love (le teint pâle) : New… New… New York ? Mais ce sont les pires gangs de la Terre qui contrôlent les ruines de la ville !

LeBron James : Nous les éliminerons avec bravoure, comme quand j’ai combattu les terribles Warriors de ma main.

Trae Young : Ah oui, ça va, c’est simple.

LeBron James : Ravi que tu aies compris Tarek. Allons-y.

Trae Young : C’est Trae.

LeBron James : Oui, oui, c’est ça.

Débute alors le périple de nos trois camarades. LeBron en tête, suivi de près par Trae et Kevin. Très vite, ils se retrouvent dans les territoires inoccupés, où les bâtiments détruits ou vacants se succèdent sur des kilomètres. Ils ont évidemment fait le plein d’armes et de munitions avant de partir. Car les routes qui mènent à New York sont loin d’être sûres et ne sont empruntées que par les bandits. C’est dans ce contexte tendu qu’ils avancent dans l’obscurité, tout en restant aux aguets. Quand soudain…

(Voix grave) HALTE. Donnez-nous tout ce que vous avez sur vous ou on vous fait la peau.

LeBron se retourne immédiatement sur le côté et dégaine son pistolet mitrailleur. Conscient qu’il n’a rien perdu de ses réflexes, il esquisse un sourire. Il braque alors son arme vers les silhouettes qui sortent lentement de la pénombre. Deux individus, l’un plus grand que l’autre, capuches sur la tête, ralentissent leur démarche puis laissent découvrir leur visage avant de se plier de rires.

Richard Jefferson (toujours en train de rire) : Mon dieu Kevin tu aurais vu ta tête mon pauvre vieux. T’étais encore plus livide que d’habitude, j’ai cru que tu allais te faire dessus.

LeBron James (soupire) : Manquait plus que ces deux guignols.

Trae Young : Vous les connaissez ?

Kevin (qui reprend doucement son souffle) : Oui, ce sont Richard Jefferson et Channing Frye, ils étaient avec nous à Cleveland lors de notre campagne victorieuse en 2016. Haha, vous m’avez bien eu les gars, vous n’avez pas changé. Et je vois que vous avez survécu.

LeBron James : Malheureusement.

Channing Frye : Mais vous allez où comme ça ?

Trae Young : En mission secrète à New York.

LeBron James : Merci Toufik, mais ce n’est plus si secret si tu le répètes à tout le monde.

Trae Young : Trae.

Richard Jefferson : Ah, ça a l’air sympa ça. On peut venir avec vous ? Je sens qu’on va bien se marrer.

LeBron James : Hors de question.

Kevin Love et Trae Young en même temps : Oui, bien sûr.

Channing Frye : Les gars, vous connaissez la blague de la pute et du curé ?

Il n’a pas le temps de finir sa phrase que des bruits de moteur se font entendre au loin. De suite en alerte, LeBron essaye de scruter l’horizon. Mais impossible d’apercevoir quoi que ce soit, il fait trop sombre. Les bruits se rapprochent pourtant à vive allure. Toujours inactifs, les cinq amis sont dans l’hésitation. Faut-il se cacher ? Quatre feux lumineux jaillissent alors dans le noir. Ils éblouissent les marcheurs, qui peuvent désormais deviner la forme de quatre motos massives.

Kevin Love (hurle) : LE GANG DE RUSS ! C’EST LE GANG DE RUSS ! TOUS AUX ABRIS !

Sans hésiter, LeBron s’engouffre sur le bord de la route en courant afin de se réfugier dans l’un des immeubles abandonnés qui longent l’avenue principale. Trae, Richard et Channing le suivent d’un pas pressé. Seul Kevin est resté paralysé au centre du chemin. Les quatre assaillants sont désormais bien repérables. L’un d’entre eux, qui guide la cohorte, n’est autre que Russell Westbrook. Torse nu, les abdos saillants, lunettes rouges sans verres sur les yeux, crâne rasé et bandeau sur la tête, il fonce vers Kevin en grinçant des dents.

Richard Jefferson : KEVIN BOUGE !

Kevin s’exécute enfin. Mais paniqué, il perd ses moyens et trébuche. C’est trop tard, Russell est maintenant à sa portée. Le chauffeur fou sort son Uzi et rafale dans la direction de son ancien ami. Criblé de balles, celui-ci reste au sol. Russell et ses partenaires rebroussent chemin avec un rire sadique. LeBron comprend alors que son voyage jusqu’à New York ne sera vraiment pas de tout repos.

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Illustration par Vladislav Lakshe, suivez-le d'urgence sur Instagram : @lakshepassion

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