Pourquoi Kevin McHale n’a pas pris de temps mort

Kevin McHale et James Harden ont été beaucoup critiqués après la défaite des Rockets cette nuit. On vous explique pourquoi c'est injuste.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse
Pourquoi Kevin McHale n’a pas pris de temps mort
Qui n'aime pas un peu de dramaturgie ? La fin de match entre les Rockets et les Warriors la nuit dernière a été aussi intense que passionnante. Pour être justes, disons que c'est la dernière minute de la partie qui s'est avérée la plus croustillante et la plus prenante. Malheureusement pour les Texans, à nouveau battus à l'Oracle Arena, elle a aussi entraîné un flot de critiques, aussi bien à l'encontre de James Harden que de son coach Kevin McHale. Revenons un peu sur cette séquence qui a beaucoup fait parler et qui mérite une petite analyse. Il reste 33 secondes au chrono et les Warriors mènent d'un point lorsque Stephen Curry a le ballon en main. Houston fait un choix défensif intelligent et payant : Corey Brewer, initialement sur Curry, et Dwight Howard, au duel avec Draymond Green, "switchent". D12 vient gêner Curry avec son envergure et reçoit le soutien de James Harden pour une prise à deux sur le MVP de la ligue, contraint de chercher Andre Iguodala, lequel décale ensuite Harrison Barnes. Réactif, Howard prouve que sa lecture de jeu en phase défensive est toujours d'élite et revient suffisamment vite pour obliger Barnes à réaliser une manoeuvre compliquée, évidemment ratée. C'est là que survient la situation qui a fait s'interroger une partie de la presse et des observateurs. Lorsque les Rockets récupèrent la balle avec Harden au rebond, l'horloge affiche 9 secondes. Amplement suffisant pour prendre un temps mort, à une époque où les coaches aiment généralement tout prévoir de A à Z et planifier la moindre action dès qu'ils en ont l'occasion. Pas Kevin McHale, qui a laissé sa star jouer le coup sans stopper le chrono pour tenter d'arracher la victoire. Problème : Golden State est une belle machine à défendre quand il le faut. Harden, malgré un crossover plutôt habile devant la prise à deux de Curry et de son Splash Bro Klay Thompson, hésite à prendre le shoot et remise finalement en retrait pour... Dwight Howard. Le pivot All-Star, malgré les 3 secondes restantes, rend la balle à son arrière, lequel se mélange les pinceaux et est stoppé par les mains baladeuses du "Baby-Faced Assassin". La sirène retentit, Harden est au sol, dépité. Houston est mené 2 à 0. [superquote pos="d"]McHale : "J'aurais pu dessiner plein d'actions pendant le temps mort, mais sur aucune d'entre elles il n'y aurait eu deux joueurs en moins de leur côté".[/superquote]Pourquoi les Rockets n'ont-ils donc pas demandé un temps mort afin de mettre en place un système pour jouer la gagne ? Tous les acteurs de la rencontre ou presque ont dû donner leur avis sur la question après la rencontre et l'ancien joueur des Celtics a presque été sommé de s'expliquer. Qu'il ait dû le faire comme si ce choix était une faute n'est pas vraiment juste. Si McHale avait demandé un time-out, Houston n'aurait eu qu'un temps très limité pour déstabiliser une défense placée, qui plus est l'une des meilleures de NBA dans ce genre de situation. Les Californiens, en vrac après le panier raté de Barnes (deux d'entre eux étaient out sur la contre-attaque), auraient pu souffler et se replacer convenablement. En attaquant immédiatement avec l'aval de son coach, Harden, l'un des tout meilleurs joueurs du monde en open-court (et pas que), avait probablement de meilleures chances d'aller sur la ligne ou de se procurer un shoot intéressant. Les explications de McHale sont franchement convaincantes et le coach texan n'a pas mérité d'être autant critiqué après le match.
"Lorsque l'on a pris le rebond, l'un de leurs joueurs, Draymond Green je crois, était au sol. Un autre de leurs joueurs était hors des limites du terrain. J'aurais pu dessiner tout un tas d'actions pendant le temps mort, mais sur aucune d'entre elles il n'y aurait eu deux joueurs en moins de leur côté. Donc j'ai laissé James Harden filer. Dans une situation comme celle-là, on s'en remettra toujours à notre meilleur joueur", a déclaré McHale sur CBS Sports.
S'il y a quelqu'un à incriminer dans l'histoire, et encore rien ne nous y oblige puisque ce sont les aléas d'un match de ce niveau, c'est davantage James Harden. Le "Bearded One" n'a pas pu ou su tirer profit de la supériorité numérique dans le temps qui lui était imparti et a finalement cédé face à la prise à deux. "Il ont fait un excellent boulot en se mettant à deux sur moi pour que je ne puisse pas attaquer le cercle", a commenté un Harden pas à la fête. D'ailleurs, plutôt que d'enfoncer l'ancien arrière d'OKC pour sa gestion, il faut féliciter Golden State pour avoir su répondre aussi bien à une situation mal embarquée. Tout était évidemment dans la préparation, comme l'a confié Stephen Curry, qui a indirectement soutenu le choix de McHale.
"Lors du temps mort précédent, on avait discuté entre nous de ce que l'on ferait si on ne marquait pas sur la possession. On savait que quel que soit le temps qu'il resterait, il fallait se préparer à ce qu'ils attaquent directement. Tout simplement parce que dans des situations similaires en notre faveur, on opte pour cette solution : après un stop, attaquons pour voir ce qu'il se passe".
Espérons simplement pour les Texans que ce non-événement ne leur portera pas préjudice psychologiquement durant le reste de la série. Dans l'ensemble, on ne peut pas leur reprocher grand chose et leur niveau de jeu malgré les blessés et face à la meilleure équipe de la ligue est quand même assez remarquable. Ce qui ne veut pas dire qu'ils parviendront à inverser la tendance ou même à prendre un match à Golden State dans cette série... Les réactions des Rockets à ce choix Terrence Jones : "On en avait déjà parlé avec le coach, on savait qu'on ferait ça dans cette situation. James a eu le ballon dans les mains et on respecte complètement ce qu'il fait quand c'est le cas". Josh Smith : "La balle était dans les mains de notre meilleur joueur. Avec le rythme qu'il y avait à cet instant, je n'en veux absolument pas au coach de ne pas avoir demandé de temps mort".  Jason Terry : "C'était notre plan de jeu. Si on parvenait à les empêcher de marquer, on devait attaquer directement avec le temps dont on disposait. C'est tout simplement le basket".   
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