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Orlando mise sur le pouvoir des trois

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

On commence à comprendre ce que veut faire le Orlando Magic. L'avenir est enfin un peu sexy, avec les promesses du trio taille XXL Gordon-Isaac-Bamba.

Être un fan du Orlando Magic ces dernières années n'était pas une situation très enviable. Dans beaucoup d'autres franchises, on comprenait le projet. Au moins y avait-il une identité claire. Des joueurs à très fort potentiel sur lesquels miser. Au Magic, le noyau dur qu'a tenté de constituer Rob Hennigan n'a pas pris. Le jeune GM - qui ne retrouvera pas un job de sitôt vu le nombre de couacs survenus sous son règne - et tous les jeunes joueurs draftés ou recrutés sont partis (Victor Oladipo, Tobias Harris, Elfrid Payton, Maurice Harkless). Il reste quelques "anciens" Nikola Vucevic et Evan Fournier. Mais les compères ne sont pas sûrs de finir la saison du côté de Disneyworld.

L'avenir du Magic, absent des playoffs depuis six ans et une élimination au 1er tour contre les Pacers, passe en fait par la réussite de trois hommes. Trois jeunes hommes, même. Et l'accomplissement d'une vision. Celle de John Hammond et Jeff Weltman, les nouvelles têtes pensantes locales. A Milwaukee, Hammond avait déjà exploré la piste de la longueur et des qualités athlétiques. Le pari Giannis Antetokounmpo en était la figure de proue. Cette fois, c'est sur un monstre tricéphale avec des propriétés similaires que la mise a été posée.

Aaron Gordon, Jonathan Isaac et Mo Bamba. Des spécimens de 2,06 m, 2,08 m et 2,13 m, tous capables, dans l'idée, d'en imposer sur le plan athlétique, de switcher à tout va en défense et même de shooter. Steve Clifford sait que l'un des buts de cette saison sera d'aider autant que possible ces trois-là à développer leurs qualités. Et si possible à créer une alchimie qui définira sans doute l'identité qui manque tant au Magic.

Orlando ne sera pas dans le top 8 à l'Est, c'est une évidence. Le roster manque de maturité et de talent sur certains postes (à la mène et en 3 particulièrement). En revanche, il y a enfin ce petit motif d'excitation qui faisait défaut ces dernières années. A l'heure où beaucoup d'équipes se tournent vers le small ball ou le positionless ball, le Magic opte pour une version hybride. Pour que l'ensemble fonctionne et que cette saison soit vraiment le début d'un chapitre intéressant, le trio de jeunots doit se montrer.

Plus que des flashes, Gordon ?

Le moment est venu. Aaron Gordon doit prouver qu'il peut être plus qu'un joueur occasionnellement divertissant et unidimensionnel. En le signant pour 80 millions sur 4 ans, le Magic a réussi un joli coup. Le pari n'est pas trop cher et si Clifford parvient à faire ce qu'il espère de Gordon, ce deal sera particulièrement beau avec le recul. L'objectif n°1 : faire en sorte que les qualités athlétiques hors-norme du joueur de 23 ans lui servent aussi dans sa moitié de terrain.

"J'ai surtout parlé avec Aaron de la défense et du rebond. En NBA aujourd'hui, on insiste tellement pour que les joueurs soient two-way... Pour être All-Star, il doit impressionner les coaches et les gens en devenant le défenseur qu'il peut être. Pour moi, s'il est dans l'un des deux cinq défensifs et tourne à 19 points et 9 rebonds de moyenne, il sera sans doute All-Star. Tout commence là pour lui", a expliqué Clifford sur SB Nation.

Après avoir démarré la saison sur les chapeaux de roue l'an dernier avec des chiffres épatants à trois points, Gordon avait dégringolé à l'image de son équipe. Et de potentiel "Paul George 2.0" comme en rêvait Frank Vogel, l'intéressé est redevenu un joueur au profil encore flou. Les préceptes du très défensif Clifford doivent lui permettre de passer un cap. Que ce soit au poste 3 ou au 4.

Isaac's size

La saison rookie de Jonathan Isaac lui a été volée par les blessures. On n'a donc pas encore vu de quoi était vraiment capable le lottery pick 2017. Néanmoins, le peu auquel on a eu droit est très prometteur. Isaac est exceptionnellement long et mobile, avec un shoot en développement et des instincts défensifs déjà très intéressants. Sur les postes 3 et 4, Clifford tient là un outil assez excitant à manipuler et à faire éclore.

"L'intersaison de Jonathan a été incroyable. Il a atteint un niveau de confiance très élevé. C'est sans doute grâce au travail qu'il a accompli l'année dernière et au développement de son corps", s'est satisfait Clifford.

Par "développement", Steve Clifford entend la prise de 7 kg, ce qui n'est pas rien quand on voit le beau bébé qu'est déjà l'ancien joueur de Florida State, et de quelques centimètres... Isaac a reconnu lui-même avoir grandi mais refuse de dire de combien, par peur d'être estampillé "7 footer".

Si Jonathan Isaac a surtout fait parler de lui pour ses sermons à l'église durant l'été - son voeu de chasteté à la A.C. Green notamment - il a l'air tout à fait capable de faire du bruit sportivement.

Pas de Bamba triste

Les fans du Magic se prennent déjà à rêver d'une raquette Isaac-Bamba. Un duo à la longueur et au potentiel défensif complètement fous. Ils devront sans doute patienter un peu. L'heure sera d'abord à l'expérimentation. Steve Clifford a clairement expliqué qu'il ferait tout pour ne pas griller d'entrée le 6e choix de la dernière Draft en le faisant se frotter trop longtemps à des intérieurs vétérans rugueux. Il a même demandé aux fans de ne pas être trop impatients à son sujet. Sauf surprise, Nikola Vucevic sera dans le cinq. En revanche, Bamba aura la possibilité de se faire les dents petit à petit en étant associé tour à tour à Isaac, Gordon et "Vooch" selon la situation.

Ceci étant dit, rien n'exclut une explosion rapide et spectaculaire du New Yorkais. Mo Bamba fait partie des joueurs qu'on a le plus envie de voir en action cette saison. Et les compliments de Drew Hanlen, qui "n'a jamais vu un de ses clients progresser autant en trois mois" et pense pouvoir l'aider à développer un profil similaire à celui de Joel Embiid, sont franchement excitants. Tout ce que l'on peut souhaiter au Magic, c'est que Bamba tire le meilleur parti du temps de jeu qu'il aura, avec une certaines régularité en termes de contres et un pourcentage à trois points honnête.

Il y aura bien des moments où Aaron Gordon, Jonathan Isaac et Mo Bamba seront ensemble sur le terrain. On guettera leurs interactions, leur façon de s'adapter l'un à l'autre et tout simplement leur manière de jouer au basket. Tout l'intérêt ou presque de la saison d'Orlando est sans doute là...

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