Rajon Rondo, merci pour ce moment

Rajon Rondo n'a pas hésité à remettre en place Dwyane Wade et Jimmy Butler. C'est tout ce que les deux stars des Bulls méritaient.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Blog
Rajon Rondo, merci pour ce moment
Mercredi, LeBron James annonce qu'il veut un "putain de playmaker". Le lendemain, Rajon Rondo poste un message Instagram suicidaire où il critique durement les deux leaders des Bulls, Dwyane Wade et Jimmy Butler, pour leurs propos dans la presseD'aucuns ne verront rien d'autre chez l'ancien meneur des Celtics qu'une tactique opportuniste pour se faire couper et mettre fin à une situation humiliante pour lui, devenu indésirable dans l'Illinois. Rondo est un garçon et un joueur atypique en NBA. Depuis l'explosion du Big Three de Boston, ses humeurs et son caractère l'ont empêché de prospérer, aussi bien chez les Celtics qu'à Dallas, Sacramento et maintenant Chicago, à une époque où les meneurs et arrières avec un shoot déficient sont pointés du doigt. Si la carrière de l'ancien de Kentucky bat de l'aile, c'est en grande partie de sa faute. Pour autant, dans ce règlement de comptes entre All-Stars (19 sélections à eux trois), c'est sans doute lui qui a affiché le plus de lucidité et a vu le plus juste. Le message, extrêmement bien écrit et clair au demeurant, aurait évidemment été encore plus retentissant si Rondo n'était pas persona non grata chez les Bulls après avoir pourtant été titulaire lors des deux premiers mois de la saison. Mais avec son expérience, son vécu et son palmarès, le meneur est totalement légitime pour s'opposer à ses deux camarades et défendre le reste du groupe. On imagine mal Nikola Mirotic ou Doug McDermott tenir les mêmes propos... Il fallait pourtant que quelqu'un fasse remarquer à D-Wade et Jimmy Butler que leur attitude n'était pas digne de leur rang. [superquote pos="d"]Des déclarations aussi sèches et dures à encaisser doivent se faire dans l'intimité d'un groupe.[/superquote] Après la défaite contre Atlanta, sans s'exprimer au préalable dans le vestiaire, ils ont ainsi jeté leurs coéquipiers sous le bus à la grande délectation des journalistes présents. Wade et Butler ne sont pas les premiers joueurs de l'histoire de la NBA à se plaindre du manque de combativité ou de compétitivité de leur équipe lorsqu'un micro leur est tendu. En revanche, ces sorties sont généralement calculées et englobent tout le groupe, sans épargner les stars en question. On attend de joueurs de ce calibre qu'ils s'incluent dans les critiques, justement parce qu'ils n'ont pas réussi à tirer le meilleur de leurs partenaires. Pas qu'ils se contentent de dire, "je n'ai rien à me reprocher, mon pote non plus, par contre les autres sont des tocards". Wade, leader réputé exemplaire à Miami, a ainsi considéré, en gros, que tout le monde était mauvais, sauf Butler et lui. "Je peux regarder Jimmy (Butler) et me dire qu'il fait son job. Lui peut en faire de même avec moi. Je ne sais pas si on peut faire pareil avec le reste du groupe. Vous voyez bien que la rotation change constamment. C'est parce que le coach sent qu'il ne peut pas compter sur beaucoup de joueurs. Jouer comme ça n'est pas acceptable, à moins que votre seule satisfaction soit de porter un maillot NBA et de gagner de l'argent", a-t-il lancé, avant que Butler aille encore plus loin en réclamant que les ballons leur soient exclusivement réservés en fin de match. "A un certain moment, il faut passer la balle à vos meilleurs joueurs. Il faut que cela repose sur les épaules de D-Wade et sur les miennes. Les autres doivent êtres des stars dans leurs rôles". En somme, "ne prenez pas d'initiatives, vous n'êtes que des faire-valoir". Des déclarations aussi sèches et dures à encaisser doivent se faire dans l'intimité du groupe. Pas sur la place publique, simplement parce que Wade et Butler auraient aimé que Nikola Mirotic et Paul Zipser ne prennent pas les shoots ouverts qui leur sont parvenus dans le money time face aux Hawks... C'est exactement ce qu'explique Rondo dans son post en mettant en avant ce que faisaient Kevin Garnett et Paul Pierce - il a visiblement encore trop de rancoeur envers Ray Allen pour l'inclure - au quotidien avec Boston.
"Jamais mes vétérans (KG et Paul Pierce) ne seraient allés parler aux médias. Ils seraient directement venus parler au groupe. [...] Ils se moquaient de leurs stats et jouaient pour l'équipe. Quand on perdait, ils ne mettaient pas la faute sur nous. Ils assumaient la responsabilité de l'échec et donnaient tout à la salle ensuite pour donner l'exemple [...] Mes vétérans n'avaient aucune influence sur les coaches et ne demandaient pas à tout changer parce que ça ne les mettait pas en valeur. [...] Les jeunes bossent et sont là à l'entraînement. Ils ne méritent pas de reproches. Si quelque chose doit être remis en question, c'est le leadership".
Un scud nécessaire qui va chambouler un temps l'équilibre précaire du roster le plus curieusement construit de l'intersaison, mais débouchera probablement vers un buy-out de Rajon Rondo. La paix des ménages sera préservée et les Bulls pourront reprendre leur quête ennuyeuse de la 7e ou 8e place. A défaut d'être facile à vivre au quotidien, Rondo peut aujourd'hui se vanter d'avoir été un bon coéquipier et certaines équipes ambitieuses devraient se demander s'il n'est pas l'homme qui leur manque à cet instant...  
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