Sean Marks, l’homme qui a ramené l’espoir à Brooklyn

Sean Marks, l’homme qui a ramené l’espoir à Brooklyn

Les Brooklyn Nets ne vont certes pas se relever d’un coup. Mais vu le travail du GM Sean Marks, ils sont sur la bonne voie.

Alexis RabutéPar Alexis Rabuté  | Publié

Personne n’en parle, mais pour la première fois depuis une éternité, les Brooklyn Nets se sont clairement renforcés durant cette intersaison. Condamnée à l’anonymat à cause des (trop) nombreuses erreurs commises par le passé, la franchise relève peu à peu la tête.

Le processus va être long, il ne faut pas se mentir. Sauf cataclysme, on peut assurer que les Nets ne seront pas en playoffs l’an prochain. Par contre, le projet devient de plus en plus cohérent depuis l’arrivée de Sean Marks en tant que General Manager.

Un chantier hallucinant

A son arrivée à la tête de Brooklyn en février 2016, le Néo-Zélandais a fait face à ce qui ressemblait vraiment au plus gros accident industriel du 21e siècle en NBA. N’ayons pas peur des mots. A cette période, plusieurs membres de la supposée superteam (Deron Williams, Paul Pierce, Kevin Garnett) sont déjà partis.

L’équipe de l’époque ne ressemble presque à rien. Surtout, en plus de cet effectif médiocre, Marks n’a plus aucune marge de manoeuvre. Son prédécesseur, Billy King, a dilapidé tous les assets possibles. Il a notamment envoyé ses premiers tours de Draft à Boston sur plusieurs générations...

A ce moment là, il n’y a absolument aucune perspective d’avenir pour cette franchise encore très jeune. L’attractivité est à son plus bas. Brooklyn n’a même pas la chance de profiter de sa médiocrité pour reconstruire via la Draft. Heureusement pour le propriétaire Mikhaïl Prokhorov, il vient de nommer, enfin, un type compétent.

Sean Marks, enfin un bon coup

Le nouvel homme fort des Nets s’est très vite reconverti après sa carrière de joueur. S’il a été l’assistant coach de Gregg Popovich, c’est lors de son passage aux Toros d’Austin, l’équipe de D-League de San Antonio, qu’il a fait ses gammes. Directeur des opérations basket puis GM, il s'est imprégné de l’institution Spurs, certainement la mieux organisée des années 2000.

Une fois à Big Apple, Marks a décidé de faire définitivement table rase du passé. Joe Johnson et Thaddeus Young traînaient leur spleen depuis un moment maintenant. A la fin de la saison 2015-2016, il s’est séparé des deux joueurs. Au milieu de la saison suivante, il a tradé l’un de ses derniers joueurs avec de la valeur marchande, Bojan Bogdanovic.

Dans le cas de Young ou de Bogdanovic, chacun des trades a permis à la franchise de récupérer enfin des picks de Draft. Il va falloir observer le jeune Jarrett Allen drafté cet été. Mais surtout, à la Draft 2016, Sean Marks avait eu le nez creux en sélectionnant le très intéressant Caris LeVert à la 20e place.

Des jeunes, des plus vieux et surtout Russell

L’équipe qui va commencer l’exercice 2017-2018 va très clairement être marquée de l’empreinte de la nouvelle direction des Nets. La plupart des joueurs importants sont arrivés sous l’ère Marks, à commencer donc par les jeunes avec un potentiel intéressant (LeVert, Kilpatrick, Allen).

Malin, le GM a retenu certaines leçons de son passage aux Spurs. S’il est nécessaire d’avoir du flair à la Draft, il faut également savoir entourer cette jeune garde qui monte.

Par conséquent, le Néo-Zélandais a enfin profité de la situation catastrophique de la franchise pour se permettre de grandir avec certains joueurs, quitte à les surpayer. L’arrivée de Jeremy Lin l'été dernier va dans ce sens.

Cet été, le recrutement a typiquement suivi la même direction. Timofey Mozgov, DeMarre Carroll et désormais Allen Crabbe : tant de bons joueurs (certainement titulaires) payés un peu au-dessus de leur valeur mais qui renforcent clairement l’équipe.

Le coup de maître reste par contre l’arrivée de D’Angelo Russell. Pas toujours parfait à Los Angeles, le meneur de jeu reste un joueur avec un énorme potentiel. Pour récupérer ce talent brut, Marks a seulement cédé un Brook Lopez avec un an de contrat et un pick de Draft à la limite du second tour. Pour si peu, il obtient enfin un joueur sur qui tenter de construire.

Un basket cohérent et moderne

La relation entre Sean Marks et Kenny Atkinson (un homme qu’il a lui-même nommé) semble bien fonctionner. Certes, l’effectif reste trop limité pour vraiment devenir une équipe sérieuse à l’Est. Mais la franchise est très clairement sur la bonne voie.

La saison dernière, on a pu observer les prémices du jeu que voudrait installer le coach des Nets. Du moderne, avec beaucoup de spacing et de polyvalence sur les postes 2/3/4. C’est par exemple la doublette Marks-Atkinson transformé Brook Lopez en nouvel adepte du tir à trois points.

Si ce n’est pas d’une qualité premium, le jeu risque au moins d’être très cohérent. Avec D’Angelo Russell, Atkinson tient un vrai meneur de jeu capable de jouer le pick and roll avec Timofey Mozgov. Le Russe vieillit mais a encore des mains correctes. Jeremy Lin pourrait aussi occuper le rôle de porteur de balle en remplacement (ou aux côtés) de Russell.

Autour, Atkinson dispose de joueurs polyvalents. Vraisemblablement utilisé en poste 4 fuyant, DeMarre Carroll (s’il tient physiquement) pourrait permettre d’écarter le jeu. Le récent trade d’Allen Crabbe amène également du spacing. Surtout, entre ces deux joueurs là et d’autres comme LeVert ou bien Yakouba Ouattara, il n’y a que de gros potentiels défensifs disposant d’une polyvalence intéressante.

Evidemment, les Brooklyns Nets ne vont pas décoller au classement. Mais en attendant de pouvoir à nouveau choisir par ses propres moyens à la Draft, Sean Marks offre une chance à son équipe de progresser et d’installer une certaine culture de jeu. En moins de deux ans, c’est déjà une victoire pour le jeune General Manager.

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