Qu’est-ce qui se passe avec Stephen Curry ?

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Habituel moteur des Golden State Warriors, le double-MVP Stephen Curry traverse une période vraiment délicate.

Les Golden State Warriors ont plutôt bien attaqué le match contre les Phoenix Suns cette nuit. Ils menaient 29-16 après le premier quart temps. Stephen Curry, en revanche, était déjà à la traîne. Il a raté ses cinq premiers tirs. Et aussi ses quatre premières tentatives derrière l’arc. Un début au ralenti qui ne présageait rien de bon. La suite ne fut pas franchement meilleure. Jamais vraiment dans le rythme, pas tellement tranchant, il a terminé avec 18 points à 6 sur 20 aux tirs avec un vilain 4 sur 15 à trois-points. Il a quasiment passé sa rencontre derrière à arroser derrière l’arc et sans trouver la cible.

Ça ne l’a pas empêché d’avoir un impact. Il a pris 7 rebonds et délivré 8 passes décisives en plus de ses 3 interceptions. Résultat, un différentiel de +7. Mais Curry doit évidemment faire mieux. Il expliquait après la partie qu’il y a des soirs où les tirent ne rentrent pas, en faisant référence au 8 sur 30 balancé de loin par Klay Thompson et lui-même. Sauf que ce n’est pas juste un cas isolé. Cela fait maintenant plusieurs jours, plusieurs semaines, que le meneur All-Star est à côté de la plaque en termes d’adresse.

Il est « mauvais » en ce moment, même si le mot s’adresse plus à sa capacité à mettre des tirs qu’à son niveau de jeu global. Tout de même, cela ressemble fort à l’une de ces périodes où Stephen Curry perd momentanément son mojo. Pas de rythme, un langage corporel parfois limite, un manque de hargne et d’énergie. 22,7 points à seulement 38% aux tirs et 31% à trois-points sur les sept derniers matches. Mais le mal est même encore plus profond : 23,6 points à 41% sur les quinze dernières rencontres. Ce n’est pas horrible, évidemment, mais c’est en-deçà de ses standards.

Il n’est pas le seul dans le dur. Son équipe est à la peine. Les Warriors ont perdu six fois sur les dix derniers matches. Il y a des problèmes défensifs, une difficulté à intégrer DeMarcus Cousins dans le cinq majeur, de la fatigue mentale et nerveuse accumulée depuis quatre ans et aussi l’incertitude autour de l’avenir de Kevin Durant qui plane sur le groupe. Mais, sans en faire le bouc-émissaire, il y a aussi une corrélation entre les prestations de Curry et celle de sa formation. Parce qu’il en est le moteur.

Quand Curry va, tout va à Oakland. Encore une saison où il est à plus de 27 points, avec 47% aux tirs et 43% de loin malgré sa maladresse récente. Mais son +/- est quasiment nul (+0,5) sur les dix derniers matches. Il est un peu rouillé. Peut-être est-il juste fatigué. Dans ce cas, un « DNP- Rest » (un match de repos) serait peut-être bien indiqué. Peut-être qu’il a des soucis personnels ou qu’il est blessé. Nul ne le sait. Ou c’est peut-être juste un mauvais passage. Sauf que c’est sans doute le moins bon passage de sa carrière aux tirs, encore plus délicat qu’il y a deux ans (ou même que l’an dernier). La seule différence, c’est que les journalistes ont arrêté de mettre en avant les coups de mou de Golden State.

Ils n’osent plus. Parce qu’ils ont vu maintes fois cette équipe se relever pour tout raser sur son passage. Plus personne ne s’inquiète pour les Warriors. Pas même les Warriors eux-mêmes visiblement. Et c’est peut-être ça le problème. Ils ont énormément de marge, c’est vrai. Ils sont bien plus forts que la concurrence. Mais attention à ne pas se tirer une balle dans le pied.