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Stephen Curry, pense à ta legacy

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

Pour sa quatrième participation aux Finales NBA, Stephen Curry va tenter de relever un défi qui lui échappe jusqu'ici : remporter le titre de MVP des Finales.

Vous l'aurez constaté dans nos pronostics d'hier, il y a un assez net consensus sur l'identité du vainqueur des Finales NBA. A 80%, on voit les Golden State Warriors l'emporter. Sur les 8 pronos en faveur des Californiens, 5 annoncent dans le même temps que Stephen Curry sera élu MVP des Finales. Un peu audacieux quand on sait que Kevin Durant, élu sans contestation possible la saison passée, est toujours dans l'équipe et à 100% de ses moyens.

Qu'importe. Si le meneur All-Star s'attire autant de confiance, c'est qu'on a quelque part envie qu'il sorte de sa réserve dans un moment aussi important.

Loin de nous l'idée de dire que Stephen Curry n'a pas assez pesé sur les deux titres remportés par son équipe en 2015 et 2017. Mais son importance dans le bon fonctionnement de ce projet Warriors est telle qu'il y avait une petite part de déception de ne pas le voir rayonner autant qu'en saison régulière ou dans des matches des tours précédents.

A chaque fois, il a été dit que le "Baby-Faced Assassin" n'était pas en pleine possession de ses moyens. Souvent blessé en fin de saison et ciblé par les défenses adverses, Curry ne peut toutefois pas constamment jouer sur ce bémol. Les plus grands - et en termes de talent il en fait incontestablement partie - ont toujours surmonté des pépins physiques et situationnels pour marquer les grands matches de leur empreinte.

Il s'en moque et c'est aussi ça, la recette du succès

Les analystes qui s'adonnent au ranking All-Time - exemple Bill Simmons dans son "Book of Basketball" - aiment utiliser comme critère  de départage le nombre de titres de MVP des Finales. Au moment de se pencher sur le cas de Curry dans quelques années, on se souviendra évidemment d'abord du fait que le garçon est le meilleur shooteur de son époque et sans doute le plus phénoménal de l'histoire tout court. Simplement, un ou deux titres de MVP des Finales, preuve formelle de l'impact d'un joueur sur la série la plus importante de l'année et parfois de l'histoire de sa franchise, ne feraient aucun mal à son CV.

Cette absence d'obsession pour les récompenses individuelles est toutefois une caractéristique de la personnalité de Stephen Curry. Le double MVP est quand même l'une des rares superstars à avoir accepté - et même milité - pour qu'un basketteur de plus grande envergure (Kevin Durant) rejoigne son équipe, tout en lui laissant toute l'exposition dont il avait besoin.

"Ce n'est pas ça qui va faire ou défaire ma carrière quand on regardera ce que j'ai accompli dans quelques années. Si on gagne le titre cette année et que je ne suis pas MVP des Finales, vous me verrez afficher un sourire aussi large que si ça avait été le cas", expliquait-il récemment sur ESPN.

C'est cette approche de la chose qui contribue à la domination qu'établissent les Warriors sur la ligue. Si Stephen Curry pouvait juste s'en départir un petit peu l'espace de quelques matches, pour offrir le spectacle unique dont il est capable, le spectacle en sortira grandi. Et on n'aura sans doute pas besoin de se demander dans 30 ans pourquoi l'un des joueurs les plus divertissants et meurtriers de l'histoire du basket a moins de trophées de MVP des Finales qu'Andre Iguodala.