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Nash était-il Curry avant Curry ?

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Alors qu’il s’apprête à intégrer le Hall Of Fame, le panthéon du basket, une question se pose au sujet de la carrière incroyable de Steve Nash : jusqu’où serait-il allé s’il avait joué un peu plus pour sa pomme ?

Steve Nash est l’un des plus grands joueurs de l’Histoire. Un double MVP – deux années de suite, en plus. L’un des playmakers les plus exceptionnels de tous les temps et le troisième joueur le plus prolifique de la NBA avec 10 335 caviars en carrière. C’est cet aspect de son jeu qui l’a justement amené jusqu’au Hall Of Fame, où le Canadien sera introduit demain. Et pourtant… Pourtant, on peut se demander si son altruisme ne l’a pas « empêché » d’avoir encore plus d’impact sur le jeu et sur ses équipes respectives.

« Nous étions arrivé à un point où je le menaçais de lui mettre une amende s’il ne prenait pas au moins dix tirs par match », raconte son ancien coach aux Dallas Mavericks, Don Nelson.

Les exigences contre-natures de Nelson ont fini par pousser Nash à se faire violence. C’est donc au cours de sa cinquième saison dans la ligue qu’il a enfin réussi à s’écarter un poil de son rôle de meneur gestionnaire pour jouer (vraiment juste un peu) sa carte personnelle. Plus de onze tirs par rencontre en 2000-2001 et des Mavericks soudainement passés à 53 victoires après des années sans qualifications en playoffs.

« J’adorais faciliter le jeu pour mes coéquipiers. Mais Nellie me disait honnêtement : ‘Ce sont des conneries. Tu es un meilleur shooteur qu’eux et c’est toi que je veux voir shooter !’ Il a lancé ma carrière en me poussant à être agressif. Mais je n’ai jamais atteint les standards de la NBA d’aujourd’hui où j’aurais probablement dû shooter vingt fois par match. Ça aurait sans doute eu beaucoup plus de sens », explique l’intéressé.

La NBA a changé. Steve Nash est arrivé dans la ligue à une époque où les meneurs devaient d’abord créer du jeu pour les autres et servir les intérieurs. Aujourd’hui, ce sont les porteurs du ballon qui font la loi. Ils sont à l’origine mais aussi à la finition des actions. Cela donne des Stephen Curry. Des James Harden. Des joueurs capables de finir meilleur passeur et meilleur marqueur du championnat. Nash aurait sans doute pu être un précurseur.

« Nash était un puriste. Steve est un Hall Of Famer. Il était incroyablement bon. Mais je pense qu’il aurait dû tourner à 30 points par match plutôt que 15 ou 16. C’était vraiment un excellent shooteur et je ne pense pas que ça aurait été mauvais pour l’équipe [s’il avait pris plus de tirs]. La tradition veut qu’un meneur pense à passer avant de shooter. Et Steve croyait en ça. Ça a fait de lui un Hall Of Famer. Mais je pense qu’il aurait pu faire les deux. Jouer les picks-and-roll et shooter au moindre mouvement de recul du défenseur », assure Mike D’Antoni.

D’Antoni sait de quoi il parle. Il a eu le maestro sous ses ordres aux Phoenix Suns et il en fait le chef d’Orchestre de l’attaque la plus flamboyante de la NBA et de l’une des meilleures équipes de la ligue. Il dirige aujourd’hui Harden, un joueur qui flirte avec les 30 points et 10 passes quasiment chaque saison.

Mais contrairement au barbu, Steve Nash n’a jamais vraiment joué pour sa pomme. Il n’a jamais pris plus de 13 tirs en moyenne sur l’ensemble d’une saison. Alors qu’il est pourtant l’un des meilleurs shooteurs à trois-points de l’histoire avec 42% de réussite derrière l’arc. Don Nelson conclut :

« Il aurait pu être comme Curry s’il voulait scorer. Deux profils similaires mais deux mentalités différentes. »