Dans le film complètement perché d'Emir Kusturica, "Arizona Dream", le héros Axel (joué par Johnny Depp) travaille dans le business du poisson à New York et est capable d'"écouter leurs rêves". Oui, ce synopsis commence bien... Il renonce finalement à cette voie pour rentrer dans son Arizona natal et reprendre le business familial, rencontrant au passage une galerie de personnages surréalistes, pour ne pas dire complètement barrés, qui aspirent à créer des engins volants, se réincarner en tortue ou découvrir l'Alaska. Ryan McDonough, le General Manager des Phoenix Suns, a lui aussi arrêté de s'entretenir avec les gros poissons de la free agency et a compris qu'aucun d'entre eux ne rejoindra Phoenix pour le moment. Retour aux sources, donc, avec un projet terre à terre autour de jeunes pleins de potentiel.

Le film de la saison des Phoenix Suns : "Arizona Dream"

Comme dans le long-métrage de 1993, rien ne garantit que la situation soit aussi plan-plan qu'Axel l'aurait pensé et on ne sait pas trop ce que donnera ce melting pot à la sauce NBA. Simplement que c'est curieusement excitant. Avec des éléments modernes comme Devin Booker, Josh Jackson, Marquese Chriss ou Dragan Bender, le cocktail peut aussi bien être savoureux et détonnant que parfaitement imbuvable si Earl Watson n'impose pas une identité de jeu.

"Arizona Dream", c'est aussi une bande originale magnifique avec un morceau devenu culte, le "Deathcar" d'Iggy Pop. Il est fort possible qu'un des joueurs évoqués plus haut atteigne ce degré d'excellence un jour. Reste à savoir lequel...

Le casting des Phoenix Suns

Le cinq attendu des Phoenix Suns : Eric Bledsoe - Devin Booker - Josh Jackson - Marquese Chriss - Tyson Chandler.

On ne peut pas exclure la possibilité qu'Earl Watson pousse Chandler vers la retraite en lui préférant Alex Len ou en donnant plus de temps à Dragan Bender dans un rôle de stretch five. Le banc n'est pas franchement très garni, surtout avec les blessures de l'intersaison (Brandon Knight et Jared Dudley), mais Tyler Ulis ou TJ Warren sont de bons joueurs de rotation dans leur domaine. Ça manque quand même de bouteille et de grinta pour déjouer les pronostics.

Le scénario

Malgré un début de saison poussif, Josh Jackson trouve ses marques vers le mois de janvier. Après avoir critiqué son rookie dans la presse pendant deux mois, Earl Watson, s'il est encore là, explique avoir adopté la même approche que pour son ex-coéquipier à UCLA Jéröme Moïso : "Des câlins et des compliments", tout en priant pour que leurs carrières en NBA n'aient rien en commun.

Juste avant la deadline, les Phoenix Suns tradent Eric Bledsoe contre de futurs picks et font signer un contrat de deux mois à Steve Nash pour aider Tyson Chandler à encadrer la colonie de vacances.

Phoenix finit dernier de la Conférence Ouest et décroche le first pick pour la première fois de son histoire, avant de sélectionner Luka Doncic durant la Draft pour l'associer à Devin Booker.

L'acteur à suivre : Devin Booker

On a tous envie de voir si Devin Booker peut déjà passer un cap. On savait le garçon doué au démarrage de la saison 2016-2017. Pas qu'il serait capable de marquer 70 points dans un match NBA, quel qu'en soit le contexte.

Le plus dur commence pour Booker, alors que l'avenir de la franchise semble devoir s'écrire autour de lui. Phoenix n'attend pas de l'ancien de Kentucky qu'il dépasse les 81 points de Kobe Bryant juste pour faire les gros titres. Simplement qu'il continue de progresser, notamment au niveau de l'adresse (42% en global et 36% à 3 points), du playmaking et de la défense, mais aussi qu'il affiche une certaine alchimie avec ceux avec lesquels il est censé ramener les Phoenix Suns sur le devant de la scène : Josh Jackson et Marquese Chriss.

La note League Pass

8/10. Même si les Suns et leurs jouvenceaux vont très probablement jouer le bas de tableau, on se dit que c'est le bon moment d'acheter des actions là-bas. Histoire de ne pas passer pour un bandwagonner quand Devin Booker sera adoubé successeur officiel des Splash Brothers et que les gens comprendront que c'est peut-être Josh Jackson qui aurait dû être pris en 1e position de la Draft... Avec Jackson et Chriss pour les prouesses athlétiques, Bledsoe et Booker pour la dynamite en attaque et le vieux Chandler pour placer quelques cakes, on ne devrait en tout pas s'ennuyer pendant leurs matches cette saison.

Le saviez-vous ?

Le deuxième prénom de Devin Booker est Armani. Son père Melvin a joué dans le club de l'Armani Jeans, à Milan, et avait pour coéquipier un jeune prodige italien : Danilo Gallinari. Le middle name du 3e année des Suns ne vient toutefois pas de là, puisque Booker avait déjà 10 ans lorsque son géniteur a signé en Lombardie. En lui rendant visite un jour pendant les vacances scolaires, Devin a toutefois pu rencontrer Giorgio Armani, le vrai.