Tim Duncan, déjà devant Kobe Bryant ?

Arrivés à un an d'intervalle en NBA, les deux joueurs sont considérés comme les plus dominants de leur génération. Mais dans quel ordre ?

Benoît JametPar Benoît Jamet  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Tim Duncan, déjà devant Kobe Bryant ?
C'est le problème de tous les sports, mais encore plus dans les sports collectifs où la notion d'équipe peut faire varier les palmarès au contraire des sports individuels ou même de sports comme le baseball où cette notion d'équipe est un peu reniée par le fonctionnement même du jeu : comment juger la domination d'un joueur par rapport à un autre ? Comment le faire alors même que des dizaines d'années, et toutes les évolutions technologiques et sociétales, peuvent les séparer ? Deux joueurs se prêtent néanmoins de façon exemplaire à l'exercice : Tim Duncan et Kobe Bryant. Tous deux considérés comme faisant partie des 10 meilleurs joueurs ayant jamais foulé un parquet NBA, ils sont arrivés dans la grande Ligue en 1996 (pour le Laker, drafté #13 par les Charlotte Hornets) et 1997 (pour le Spur, drafté #1 par San Antonio). Joueurs d'une seule franchise, devenus icônes de celles-ci, le débat sur la place qu'occupe l'un par rapport à l'autre dans l'histoire pourrait très bien être lié au dénouement de ces finales 2013. [caption id="attachment_116456" align="alignright" width="312"] Tim Duncan est resté quatre ans à Wake Forest avant de s'inscrire à la draft.[/caption] Si leur date d'entrée en NBA est presque la même, on se doit de préciser que leur parcours respectifs les y amenant fut un peu différent, Tim Duncan passant 4 années à Wake Forest avant de faire le grand saut à 21 ans, tandis que le fils de Joe Jelly Bean Bryant y entra directement à la sortie du lycée à tout juste 18 ans (puisqu'il était encore possible de le faire). Malgré ces 3 années d'écart, on se dit quand même que les deux joueurs ne sont plus très loin de leur fin de carrière, Duncan ayant deux années de contrat restantes tandis que Kobe a subi, lui, une blessure dévastatrice en fin de saison régulière qui nous fera suivre sa rééducation avec intérêt a court mais aussi moyen terme. L'un des points sur lesquels les observateurs se rejoignent tous, c'est sur le fait que ces deux joueurs sont les deux plus grands de leur génération. En ne prenant en compte que les joueurs ayant été draftés dans les années 90, on ne voit guère que Shaquille O'Neal, Kevin Garnett, Allen Iverson et, éventuellement, Paul Pierce pour venir s'immiscer dans toute conversation un peu sérieuse sur ce point. Néanmoins, ces quatre autres joueurs, aussi extraordinaires qu'ils aient pu être sur les terrains au cours de leurs carrières, ont tous eu des déficiences de longévité dans la domination (O'Neal), de palmarès (Iverson) ou de performances (Garnett et Pierce, pré-Big 3), pour pouvoir légitimement prétendre à ce titre de "meilleur joueur de sa génération". Âgés de 37 (Duncan) et 34 ans (Kobe), ces deux joueurs ont donc dominé la dernière décennie mais il semble que la nouvelle génération des draftés des années 2000's, emmenée par LeBron James, soit prête à prendre le flambeau et à truster allègrement les Finales (NBA et Conférence). Au crépuscule de leurs carrières, il est de bon ton de vouloir les classer l'un par rapport et, pour ce faire, quoi de mieux, pour commencer, que d'analyser les chiffres individuels des deux joueurs ?

Les statistiques

Stats individuelles en saison régulière

Tim Duncan
Matches Matches Débutés Minutes Tirs Tirs Tentes % de reussite 3-pts 3-pts tentes %  a 3-pts LF LF tentes % au LF Rbds Off. Rbds Def. Total  Rbds Passes Dec. Interc. Contres Pertes de Balles Fautes Pts
1180 1178 35.1 7,8 15,4 50,7 0.0 0.1 18,2 4,5 6,5 69,3 2,9 8,3 11,2 3,1 0.7 2,2 2,5 2,4 20,2
Kobe Bryant
Matches Matches Débutés Minutes Tirs Tirs Tentes % de reussite 3-pts 3-pts tentes %  a 3-pts LF LF tentes % au LF Rbds Off. Rbds Def. Total  Rbds Passes Dec. Interc. Contres Pertes de Balles Fautes Pts
1239 1091 36.6 8,9 19,6 45,4 1,3 3,9 33,6 6,4 7,6 83,8 1,2 4,2 5,3 4,8 1,5 0.5 3.0 2,6 25,5
La première analyse de ces chiffres démontre déjà la longévité des deux joueurs. Duncan n'a manqué que 84 matches sur les 16 saisons qu'il a joués (5 matches / saison) tandis que Kobe Bryant  en aura manqué, lui, 107 (6,29 / saison) avant de, peut-être, voir ce chiffre augmenter dès le mois de novembre prochain, si sa guérison se révèle plus longue que prévue. Aucun des deux joueurs n'a, en tout cas, manqué plus de 17 matches (65 matches disputés par Bryant en 2004-2005) sur une saison. Ils ont donc su éviter les grosses blessures. Sur un temps de jeu pratiquement égal, les spécificités de Kobe et Duncan se font aussitôt jour. Beaucoup plus scoreur que le Spur, le Laker prend également plus de shoots (4 de plus en moyenne) que le power forward, avec un taux de réussite moindre (45% contre 50%). Néanmoins, la position médiane des tirs de Duncan explique sans doute cet écart, le Texan n'ayant pris que 154 trois-points en carrière contre 4879 pour Kobe. La réussite aux lancer-francs, sur un échantillon relativement équivalent, voit Kobe mettre la barre beaucoup plus haut que Duncan, qui a pourtant sensiblement amélioré cet aspect de son jeu depuis 6 ans (72,7% de réussite sur les 7 dernières saisons dont un très beau 81% cette saison). Mais si Kobe est un meilleur scoreur que Duncan, le Texan reste un bien meilleur rebondeur (évidemment, quand on mesure 2,11 m...) et ne perd pas beaucoup de terrain sur Kobe au niveau des passes décisives (3,1 contre 4,8). Si l'on voulait se fier à des statistiques un peu plus "poussées", le PER développé par John Hollinger nous place les deux joueurs sur un pied d'égalité depuis une décennie (le calcul du PER a commencé en 2002) : Kobe PER = 24,34 depuis 2002-2003 Duncan PER = 24,76 depuis 2002-2003 Alors si leurs saisons régulières ne parviennent pas vraiment à les départager, qu'en est-il de leurs statistiques en playoffs ?

Stats individuelles en Playoffs

Tim Duncan
Matches Matches Débutés Minutes Tirs Tirs Tentes % de reussite 3-pts 3-pts tentes %  a 3-pts LF LF tentes % au LF Rbds Off. Rbds Def. Total  Rbds Passes Dec. Interc. Contres Pertes de Balles Fautes Pts
204 204 38.7 8,3 16,7 49,9% 0.0 0.2 15,6% 5,3 7,7 68,4% 3,2 8,7 11,9 3,3 0.7 2,5 2,8 2,9 22.0
Kobe Bryant
Matches Matches Debutes Minutes Tirs Tirs Tentes % de reussite 3-pts 3-pts tentes %  a 3-pts LF LF tentes % au LF Rbds Off. Rbds Def. Total  Rbds Passes Dec. Interc. Contres Pertes de Balles Fautes Pts
220 200 39.3 9,2 20,5 44,8% 1,3 4.0 33,1% 6,0 7,4 81,6% 1,1 4,0 5,1 4,7 1,4 0,7 2,9 3.0 25,6
Avec les stats en playoffs (sur un échantillon encore une fois à peu près équivalent de 204 matches pour l'un et 220 matches pour l'autre), on peut constater qu'alors que Kobe est resté "dans les clous" de ses moyennes de saison régulière (25,6 pts vs 25,5 pts / 5,1 rbds vs 5,3 rbds / 4,7 passes vs 4,8 passes), Tim Duncan a augmenté assez significativement toutes ses moyennes (passant de 20,2 pts à 22 pts, de 11,2 rebonds à 11,9 rebonds) dans les deux statistiques majeures pour sa position, tout en gardant à peu près la même moyenne (3,1 passes vs 3,3 passes) dans celle qui révèle la propension des joueurs à partager la gonfle. Les statistiques des deux joueurs, pour impressionnantes qu'elles soient, les placent néanmoins encore assez loin des champions du fameux "42 Club", cher à Bill Simmons, qui compile les points, rebonds et passes d'un joueur en playoffs. Au-dessus des 42 unités, le journaliste de Grantland, auteur du "Book of Basketball", considère le joueur comme dominant. Rappelons donc, pour des raisons de comparaisons historiques, que des joueurs comme Michael Jordan ou Shaquille O'Neal sont rentrés dans le "42 Club" à 6 et 4 reprises et ont tous deux sortis des playoffs à plus de 49 unités (50,7 en 1990 pour MJ, 49,2 en 2000 pour Shaq). Sur cette échelle, Duncan aura réalisé les meilleurs playoffs de sa carrière en 2002, avec un  score de 47 (27,6 pts, 14,4 rbds, 5 passes, sur 9 matches) tandis que Kobe n'aura réalisé "que" 42,8 (29,4 pts, 7,3 rbds, 6,1 passes, sur 16 matches) lors des playoffs 2001. En playoffs, Tim Duncan s'est donc souvent révélé être le fer de lance de son équipe, prenant plus de shoots qu'en saison régulière (16,7 contre 15,4) pour un taux de réussite pratiquement équivalent (49,9% contre 50,7%) tandis que Kobe, tout en augmentant son temps de jeu dans les mêmes proportions que Duncan (environ 3 min de plus par match pour les deux joueurs), a eu tendance à "rester" dans son rôle. Evidemment, ces statistiques doivent prendre en compte les coéquipiers de chaque joueur et la présence de Shaq aux côtés de Kobe pendant plus de 8 ans (96-2004, avec des moyennes de 27 pts, 11,8 rbds et 3,1 passes) a réduit l'impact du guard des Lakers. L'analyse de l'évolution des chiffres de Kobe, entre sa période "Avec Shaq" et "Sans Shaq" (au delà de sa jeunesse à ses débuts), révèle sa vraie mutation du statut de "Second Banana" (comme disent les Américains) à "Alpha Dog" (comme disent...). Kobe (Playoffs 96-2004)
Matches Matches Débutés Minutes Tirs Tirs Tentes % de reussite 3-pts 3-pts tentes %  a 3-pts LF LF tentes % au LF Rbds Off. Rbds Def. Total  Rbds Passes Dec. Interc. Contres Pertes de Balles Fautes Pts
119 99 38,3 8,1 18,8 43,4% 1 3,2 32,3% 5,3 6,7 79,2% 1,2 3,7 4,8 4,4 1,4 0,7 2,7 3,2 22,6
Kobe (Playoffs 2004- 2012)
Matches Matches Débutés Minutes Tirs Tirs Tentes % de reussite 3-pts 3-pts tentes %  a 3-pts LF LF tentes % au LF Rbds Off. Rbds Def. Total  Rbds Passes Dec. Interc. Contres Pertes de Balles Fautes Pts
101 101 40,4 10,3 22,4 46,1% 1,7 5.0 33,7% 6,8 8,1 84,0% 0,9 4,5 5,4 5,1 1,5 0,5 3,2 2,8 29.2
Si les stats nous dressent donc un portrait pratiquement équivalent des deux joueurs, avec un léger avantage à Tim Duncan sur le fait qu'il ait été "THE Man" de sa franchise dès son arrivée en NBA (David Robinson tournant à 19,3 pts, 10,4 rbds, 2,5 passes et 2,5 contres sur les deux premières saisons de TD dans la Ligue, avant le premier titre des Spurs et celui de MVP des Finales, de Tim Duncan qui, lui, tournait déjà à 21,3 pts, 11,7 rbds, 2,6 passes et 2,5 contres), leur palmarès individuel peut aussi nous donner des indications sur la domination exercée sur les autres joueurs, ainsi que l'image qu'ils ont pu dégager auprès des journalistes et coaches, principaux pourvoyeurs de votes dans les nombreuses distinctions que les deux joueurs ont reçues.

Le palmarès individuel

[caption id="attachment_115127" align="alignright" width="300"] Le titre individuel ultime pour un joueur est sans doute celui de MVP de la saison et, sur ce point, la domination de Tim Duncan est sans équivoque.[/caption] Le titre individuel ultime pour un joueur est sans doute celui de MVP de la saison et, sur ce point, la domination de Tim Duncan est assez nette. Le #21 des Spurs a, en effet, amassé deux trophées Podoloff en 2003 et 2005 quand Kobe a dû, lui, se contenter de ce titre pour la seule année 2008. Evidemment, l'image lisse et sans tâche de Tim Duncan l'a sans doute avantagé dans cette course par rapport à celle de Kobe Bryant qui aurait sûrement pu y prétendre lui aussi en 2003 (avec ses moyennes de 30 pts, 7 rebonds et 6 passes à 45% de réussite dont 38,3% à 3-pts, Duncan ayant aligné cette année-là 23,3 pts, 12,2 rbds et 3,9 passes à 51% de réussite). Au niveau des titres de MVP de la Finale, autre accomplissement majeur individuel, c'est encore Tim Duncan qui domine les débats puisqu'il peut se targuer de 3 statuettes (sur 4 Finales jouées), tandis que Kobe ne possède "que" 2 statuettes à son actif (sur 7 finales jouées). C'est donc dans la popularité auprès des fans que Kobe a pu rattraper son retard sur Timmy puisque le #24 des Lakers a été désigné 15 fois All-Star (en 1998 puis, sans discontinuer de 2000 à 2013) tandis que Tim Duncan a manqué l’événement l'an dernier (2012), vu sa baisse de régime latente. De même, Kobe a remporté à quatre reprises ('02-'07-'09-'11) le titre de MVP de ces matches rassemblant "La Crème de La Crème" (comme disent...vous connaissez la chanson, maintenant...) tandis que Duncan a dû se contenter d'un seul petit trophée en 2000. Pour pondérer tout cela, on rappellera que les All-Star Games favorisent grandement les arrières au détriment des Bigs et que Tim Duncan (ainsi que Popovich, qui l'y a coaché à 3 reprises) n'a jamais caché son aversion pour le match en lui-même, sans jamais dénigrer l'honneur d'être désigné All-Star. Le domaine où l'on peut trouver que les deux joueurs sont au coude à coude, sont les nominations aux fameuses "All-NBA Teams", révélatrices de la domination d'un joueur à son poste. Si Duncan a été élu 10 fois dans la "All-NBA First Team", dès son année rookie et pour les 6 années suivantes, c'est Kobe qui le devance ici avec 11 nominations, dont une présence ininterrompue depuis 2006 jusqu'à présent. Ces nominations sont aussi révélatrices de l'image qu'entretiennent les joueurs auprès des journalistes et l'émergence de Kobe dans ces équipes lors des dernières saisons, encore plus que son leadership assumé sur la franchise des Lakers et sur la position de shooting-guard, affirme son statut de vétéran, plus sage et plus consensuel que dans ses premières années. C'est donc Tim Duncan qui sort vainqueur aux points de ce duel de récompenses individuelles. Mais l'accomplissement ultime d'un joueur étant de gagner ces fameuses bagues de champion, l'analyse se doit aussi de comporter le palmarès "collectif" des deux joueurs.

Le palmarès collectif

[caption id="attachment_14499" align="alignleft" width="250"] Kobe possède une bague pour chaque doigt de la main gauche et a même réalisé le "Three-Peat" qui s'est refusé à des légendes telles que Larry Bird, Magic Johnson ou même...Tim Duncan.[/caption] Si Duncan a remporté les 4 seuls titres de l'histoire de la franchise texane ('99, '03, '05, '07), cela fait déjà 6 ans qu'il n'a pas monté une bannière au plafond de l'AT&T Center. Kobe, lui, possède une bague pour chaque doigt de la main gauche (oui, il shoote avec l'autre, donc c'est moins pratique...) et a même réalisé le "Three-Peat" (entre 2000 et 2002) qui s'est refusé à des légendes telles que Larry Bird, Magic Johnson ou même...Tim Duncan. Car, oui, si l'avantage d'une bague entre Kobe et Duncan est petit et énorme à la fois (vu la monstruosité du chemin à parcourir pour soulever un trophée NBA), les détracteurs de Tim Duncan pourront toujours avancer le fait que les Spurs, bien qu'invaincus en Finale NBA (4 victoires pour 4 apparitions), n'ont jamais su défendre leur titre, ni même apparaître en Finale NBA l'année qui suivit leur victoire. Ainsi, en 2000, ils furent piteusement éliminés au premier tour par les Phoenix Suns et durent laisser leur couronne aux Lakers. En 2004, le tir de Derek Fisher à 0"4 secondes de la fin a anéanti ce que Duncan avait cru être le shoot de la victoire leur donnant l'avantage dans une série qui était alors à égalité 2-2. En 2006, c'est Ginobili qui permit un peu bêtement à Nowitzki d'aller chercher le "And 1", permettant aux Mavs d'égaliser lors du Game 7 de la Finale de Conférence Ouest avant de l'emporter en prolongation. Enfin, en 2008, les Lakers du duo Bryant-Gasol ne firent qu'une bouchée (4-1) de Spurs bien trop fragiles pour espérer quoi que ce soit. Malgré donc 8 apparitions (en comptant 2013) en finales de Conférence Ouest, Tim Duncan n'aura finalement joué "que" dans 4 Finales NBA (50% de victoires donc...) mais les aura toutes gagnées (100% de réussite). [superquote pos="d"]Avec Tim Duncan dans leur effectif, les San Antonio Spurs n'ont jamais gagné moins de 50 matches dans une saison.[/superquote]Rappelons néanmoins que les Spurs de Tim Duncan sont tout simplement la franchise de Sports US la plus victorieuse des 15 dernières années, devançant des teams comme les New England Patriots (3 titres et 5 Superbowls joués depuis 2001). Avec Tim Duncan dans leur effectif, les San Antonio Spurs n'ont jamais gagné moins de 50 matches dans une saison (850 victoires pour 343 défaites, soit un ratio de 71,24% de victoires sur 16 ans), à part durant la saison raccourcie ayant suivi le lockout de 1998 qu'ils finirent avec un bilan de 37 victoires et 13 défaites (74%). Sur la même période, les Spurs n'ont également jamais manqué une seule édition des playoffs. Kobe ne peut, lui, se vanter de cet accomplissement puisqu'en 2005, la franchise de feu-Jerry Buss n'arriva qu'à une piteuse 5ème place de la Division Pacifique avec un bilan de 34v-48d. Mais Kobe aura, durant sa carrière, pris part à 8 finales de Conférence Ouest (les Spurs et Lakers ne s'y sont rencontrés que deux fois, en 2001 et 2008) mais en a remporté 7 (87,5% de réussite), n'étant battu qu'en 1998 par le Jazz pour l'accession à la finale NBA. Par contre, au contraire de Duncan, l'accession à la finale n'a pas toujours voulu été synonyme de bagues de champion pour Kobe puisqu'en 2004 et 2008, les Pistons (4-1) et les Celtics (4-2) ont renvoyé les Angelenos à leurs chères études (71% de réussite donc). Enfin, et dans une perspective élargie, il faudra mettre au crédit de Kobe Bryant d'avoir fait partie des deux équipes américaines ayant ramené la médaille d'Or des Jeux Olympiques (Pékin 2008 et Londres 2012). L'icône des Lakers avait même été LE grand artisan de la victoire de 2008 sur l'Espagne, ses coéquipiers s'étant tournés vers lui en fin de match quand il avait fallu rentrer les shoots décisifs. Tim Duncan avait lui fait partie de l'équipe de 2004, celle de "la honte" puisque la première (et la seule à ce jour) à n'avoir pas remporté la médaille d'Or depuis l'arrivée des professionnels de la NBA en 1992. Au sortir de ces JO d'Athènes, il avait d'ailleurs sorti un "FIBA sucks" qui résumait parfaitement son opinion sur le basket international et ses règles différentes (mais aussi sa façon de siffler sûrement plus objective et moins sujette au "star-system").

Bilan et perspectives

Les finales qui s'annoncent, entre Miami et San Antonio, pourraient facilement devenir le juge de paix concernant le classement que l'on pourrait faire de la carrière des deux joueurs, l'une par rapport à l'autre. Avec la blessure au tendon d'Achille de Kobe, peu avant ces playoffs, et l'âge avancé de Tim Duncan, il n'est pas dit que l'on puisse un jour revoir ces deux formidables gagneurs sur la plus grande scène que la NBA puisse nous proposer. [superquote pos="d"]En gagnant un 5ème titre, Tim Duncan égalerait le nombre de titres gagnés par Kobe.[/superquote]En gagnant un 5ème titre, Tim Duncan égalerait le nombre de titres gagnés par Kobe, rattrapant l'un de ses plus gros retards par rapport au Laker. Alors que Tony Parker figure au premier plan lorsque l'on évoque les possibles MVP de la Finale à venir, Tim Duncan pourrait profiter de la faiblesse du jeu intérieur floridien pour venir rappeler à tout le monde quel technicien hors-pair il est toujours et glaner ce titre individuel qui arriverait comme une sorte de cerise sur le gâteau d'une 5ème bague. Si les journalistes venaient à le désigner MVP de ces finales, le natif des Iles Vierges deviendrait seulement le 2ème joueur de l'histoire (avec Kareem Abdul-Jabbar) à remporter ce titre à 14 ans d'intervalle, une statistique proprement dingue comme nous vous le disions dans notre preview de la Finale. 5 titres de champion à 100% de réussite, 2 titres de MVP, 4 titres de MVP des finales, Duncan mettrait alors la barre très haut et cimenterait encore un peu plus sa place de meilleur Power Forward de l'histoire (n'en déplaise à Karl Malone) et de meilleur joueur de sa génération. Kobe saurait alors ce qui lui resterait à faire (sûrement "doin' work..") pour venir récupérer ce titre, l'un des seuls qui pourraient venir à lui manquer quand il raccrochera ses sneakers...
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