Rendons au Jazz ce qui appartient au Jazz

Léger focus sur une franchise qui a su construire un effectif jeune et ambitieux à coup de bons choix de draft.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Rendons au Jazz ce qui appartient au Jazz
Lorsque l’on se penche sur les choix faits par une franchise sur les quatre ou cinq dernières drafts passés, c’est habituellement pour mettre en lumière les erreurs des dirigeants : « Imaginez donc quelle serait l’équipe des Cleveland Cavaliers s’ils avaient pris Kawhi Leonard et Giannis Antetokounmpo en plus de Kyrie Irving. » Et ainsi de suite. Peut-être qu’il est temps de prendre le parti inverse avec l’exemple du Utah Jazz. La franchise mormone est aujourd’hui l’une des meilleures formations de la Conférence Ouest. Trois de ses titulaires sont des joueurs draftés par l’organisation. Le quatrième – Derrick Favors – a été acquis alors qu’il était encore un rookie. Le Jazz n’a pas à proprement dit une superstar mais il peut compter sur un futur All-Star, Gordon Hayward, et un « borderline » All-Star avec Rudy Gobert. Et il est intéressant de souligner que tout ce petit groupe s’est formé suite aux bonnes décisions des dirigeants (avec évidemment quelques ratés) saison après saison. Commençons en 2010, année à laquelle Hayward, le meilleur joueur de l’effectif actuel, a posé les pieds à Salt Lake City. 2010 : Neuvième choix, Gordon Hayward. Les plus pointilleux souligneront tout de même la présence de Paul George, drafté dans la foulée (dixième choix) par les Indiana Pacers. Mais, eh, Hayward venait de mener la petite faculté de Butler en finale NCAA et il était à un buzzer beater près de faire tomber Duke. Surtout, il faut regarder quels ont été les joueurs pris avant lui : Evan Turner en deuxième position, Wesley Johnson en quatrième, Ekpe Udoh, Greg Monroe et Al-Farouq Aminu juste avant... Contrairement à ces joueurs, Hayward a le potentiel d'une vraie bonne deuxième option dans une franchise qui joue le titre. 2011 : Troisième choix, Enes Kanter. Pas la sélection la plus glorieuse du Jazz, c'est évident. Mais la franchise cherchait d'abord un intérieur-scoreur censé prendre la relève de Paul Millsap et Al Jefferson, ce qui par ailleurs nous permet de rappeler qu'une organisation qui dispose l'un des cinq premiers picks devrait toujours drafter le meilleur joueur disponible et non faire en fonction de ses besoins sur tel ou tel poste (sauf absence de consensus sur le meilleur joueur disponible évidemment). Il n'y avait pas beaucoup de pivots plus séduisants que Kanter. Jonas Valanciunas a le potentiel pour faire une meilleure carrière mais il n'était pas prêt à rejoindre n'importe quelle équipe. Douzième choix, Alec Burks. Là c'est une bonne pioche. Le combo guard est souvent blessé mais c'est un atout pour Utah, autant pour ce qu'il apporte sur le terrain que pour sa valeur marchande. Alors, certes, il y avait peut-être mieux à faire pour renforcer les ailes. Kawhi Leonard et Jimmy Butler ont par exemple été draftés en quinzième et trentième position. 2013 : Neuvième choix, Trey Burke. Le Jazz se cherchait un meneur et Burke, finaliste NCAA avec Michigan, était comparé à Chris Paul. Il était même considéré comme le meilleur joueur universitaire. Les dirigeants ont donc cédé deux picks - quatorzième et vingt-et-unième choix - pour être sûr de sélectionner Burke. Shabazz Muhammad et Gorgui Dieng ont eux été choisis par les Minnesota Timberwolves. Cette cuvée était particulièrement difficile à cerner avec peu de prospects intéressants. Le meilleur joueur du lot, Giannis Antetokounmpo, a été sélectionné au quinzième rang. Le Jazz a tout de même mis la main sur le deuxième meilleur prospect de la cuvée : un certain... Rudy Gobert (cocorico), récupéré via un échange avec les Denver Nuggets. Un super investissement. D'autres pivots comme Alex Len, Nerlens Noel, Kelly Olynyk, Lucas Nogueira ou Mason Plumlee ont par exemple été appelés avant lui. 2014 : Cinquième choix, Dante Exum. Difficile de vraiment juger ce pick à l'heure actuelle mais, pour l'instant, Marcus Smart ou Julius Randle auraient sans doute plus dépannés que le prodige australien. Mais son potentiel est si intrigant qu'il faudra attendre encore un peu avant de juger. Il sert tout de même de 3-and-D athlétique (enfin, surtout D en fait) au sein de l'effectif cette saison. Mais Utah s'est aussi démarqué en réussissant - encore une fois - la plus belle affaire de la draft. Rodney Hood, vingt-troisième pick, a par exemple été sélectionné après d'autres arrières comme Nik Stauskas, James Young, Tyker Ennis, Gary Harris ou Bruno Caboclo. 2015 : Douzième choix, Trey Lyles. A part Devin Booker, difficile de trouver un meilleur joueur drafté après l'intérieur versatile du Jazz. Il n'est pas encore tout à fait au point mais il pourrait un jour prendre place dans la raquette au côté de Gobert. Le Jazz a sacrifié son pick de la draft 2016 pour récupérer George Hill. Et c'est l'un des plus beaux moves de l'été tant le meneur apporte un plus à la formation de Quinn Snyder. En conclusion, la franchise a évidemment fait quelques erreurs mais elle a réussi à se construire un effectif solide, jeune et déjà candidat à un second tour de playoffs.
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