Le Jazz n’est plus dans le rythme

Le Jazz n’est plus dans le rythme

Encore battu à domicile hier soir, par le Oklahoma City Thunder (90-104), le Utah Jazz réalise un début de saison particulièrement frustrant.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié

Il restait encore quelques grosses minutes au chronomètre de la Vivint Smart Home Arena de Salt Lake City quand les supporters du Utah Jazz ont commencé à quitter la salle pour rejoindre leur voiture dans l’espoir d’éviter les embouteillages à la sortie de l’enceinte. Il n’y avait de toute façon plus rien à voir, sans manquer de respect aux joueurs du bout du banc de la franchise mormone, lancée par Quin Snyder dans le « garbage time ». Des minutes mortes où chacun attend juste que le temps passe. Ça deviendrait presque une habitude dans l’Utah. Il y a moins d’une semaine, le Jazz s’était déjà fait déchiqueter par les Los Angeles Lakers.

Une équipe avec laquelle l’organisation prétendait pourtant pouvoir rivaliser cette saison. C’était l’ambition affichée après une intersaison excitante sur le papier. Le groupe en place a progressé d’année en année au point de s’affirmer comme un outsider à l’Ouest. Et en recrutant Mike Conley et Bojan Bogdanovic, les dirigeants espéraient désormais jouer les touts premiers rôles. Le début d’exercice est donc très décevant. Rudy Gobert et ses coéquipiers sont sixièmes de leur Conférence, certes, mais ils peinent à gagner contre des adversaires a priori moins forts – comme le Thunder qui jouait son deuxième match en deux soirs – et se sont désosser par les ténors du championnat.

L’heure n’est pas à la panique mais au questionnement : pourquoi ça ne marche pas ? Comment une formation demi-finaliste l’an passé peut-elle céder contre Indiana, Minnesota ou Memphis et exploser contre Toronto, Philadelphie ou Los Angeles ?

Le manque d’alchimie d’un cinq majeur chamboulé pendant l’été est l’un des problèmes majeurs du Utah Jazz jusqu’à présent. Conley et Bogdanovic ont été dénichés dans l’optique d’augmenter le volume offensif d’une équipe à la philosophie défensive. Pour l’instant, c’est un échec. L’ancien meneur des Memphis Grizzlies est en difficulté. Ses statistiques ont plongé et il pointe désormais à un peu plus de 13 pions par rencontre. Avec surtout un vilain 37% aux tirs et seulement 4,6 passes de moyenne.

On est loin du général des parquets attendu. Au contraire, il cherche encore sa place dans ce système. Et c’est toute l’attaque du Jazz qui cafouille. Seulement 105 points marqués sur 100 possessions, contre 110 l’an dernier. Une régression pénalisante, d’autant plus que les hommes de Snyder encaissent le même nombre de points (105) qu’en 2018-2019. Utah est une équipe complètement désorganisée. Il y a peu de mouvements et encore moins de passes pour beaucoup de déchets. Quelques statistiques pour illustrer le propos : 20 passes décisives par rencontre (27e en NBA), 16,5 ballons perdus (28e) et le plus mauvais ratio caviars/TO de toute la ligue. Alliez à ça de la maladresse (seulement 31% à trois-points, 21e en NBA) et vous obtenez une franchise à la peine de ce côté du parquet.

La responsabilité revient en grande partie aux créateurs désignés, Mike Conley et Donovan Mitchell. Mais ces déboires sont aussi le fruit d’un manque de confiance entre les joueurs. Chacun veut jouer au héros. Chacun veut endosser le costume du sauveur. Et ça donne de nombreuses actions solos, de Mitchell ou Bogdanovic, sans vraie cohésion d’ensemble. D’ailleurs, les joueurs ne cessent de le répéter depuis plusieurs jours : quand ils se font confiance, ils sont nettement plus efficaces. Le fait que le terme revienne régulièrement dans les déclarations d’après-match tend à montrer que ce groupe manque justement de confiance.

Ça crée de la frustration. Les efforts défensifs sont alors moins constants. Le Jazz encaisse le même nombre de points que la saison dernière (sur 100 possessions) mais l’équipe paraît moins solide de ce côté du parquet. En tout cas, ça ne fait plus peur. Le bilan de 13 victoires en 24 matches est meilleur que lors des deux exercices précédents. Mais l’ensemble inspire moins confiance. Ça manque de combativité. D’âme. D'un chef d'orchestre. Comme une symphonie sans saveur où chacun joue dans son coin à contre-temps.

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