Zach LaVine a bien changé, les Bulls tiennent leur go-to-guy

Zach LaVine a bien changé, les Bulls tiennent leur go-to-guy

Zach LaVine fait un magnifique début de saison, dans la lignée de son éclosion amorcée l'an dernier. Chicago a tout intérêt à le verrouiller.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

La saison dernière, déjà, Zach LaVine avait semble-t-il pris une nouvelle dimension. A peu de choses près, l'arrière des Chicago Bulls aurait été All-Star, pour valider de façon spectaculaire sa transformation dans une équipe malheureusement dysfonctionnelle. Les Bulls ont opéré un lifting important durant l'intersaison.

Billy Donovan est arrivé sur le banc et le tandem Arturas Karnisovas-Marc Eversley à la tête du front office. Pour le moment, malgré le bilan négatif de Chicago (4 victoires, 7 défaites), LaVine n'a pas ralenti, au contraire.

Après 11 matches, l'ancien joueur des Wolves est sur les bases de sa meilleure saison en carrière, avec cette petite flamme qui semble parfois apparaître au-dessus de sa tête tant il est devenu un go-to-guy parfois inarrêtable.

Dimanche, Chicago est tombé les armes à la main contre les Clippers, leaders de l'Ouest. Zach LaVine a manqué la cible dans les ultimes secondes et manqué un tout petit peu de l'ADN clutch qui constitue les plus grands assassins de la ligue. Ceux qui, comme Damian Lillard, évoluent sur le parquet avec une confiance irrationnelle en leurs moyens offensifs jusqu'à la dernière seconde.

Cela dit, l'ex-Bruin de UCLA s'en rapproche jour après jour. Si les Bulls ont été dans le coup, c'est en partie parce que LaVine a claqué 45 points et 7 passes à 15/26 avec 10 paniers à 3 points. Une copie insensée qui lui a permis de faire douter les Clippers et de livrer un duel féroce à distance avec Kawhi Leonard.

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Techniquement, notamment pour créer son shoot et l'exécuter, ses progrès sont vertigineux depuis ses premières saisons en NBA. Depuis qu'il s'est gravement blessé au genou, Zach LaVine s'est un peu réinventé. Evidemment, le voir écraser des tomars irréels trois fois par match était un régal pour les yeux, mais c'était aussi périlleux pour son corps.

A l'occasion, l'intéressé n'hésite pas à rappeler qu'il a toujours un jump de Marsupilami, mais sa panoplie est infiniment plus variée aujourd'hui : de moins en moins de tirs erratiques, de plus en plus de shoots extérieurs ou à mi-distance exécutés à la perfection. A l'heure qu'il est, LaVine tourne à 49% d'adresse globale et 37% à 3 points. Avec 27.7 points de moyenne, le banlieusard de Seattle est le quatrième scoreur le plus prolifique de la ligue, là aussi sur le tempo le plus élevé depuis son arrivée dans la ligue en 2014.

A la passe et au rebond, il est également au-dessus de ses temps de passage habituels. La défense n'est toujours pas sa matière préférée à l'école, mais ses efforts sont un peu plus cohérents qu'avant et nettement plus compensés par ses prouesses offensives régulières.

J'ai sorti Zach car il n'a pas réussi à se démarquer pour recevoir la balle trois possessions de suite. C'est lui le meneur, non ?

Il paraît bien loin le temps où Sam Mitchell mitraillait publiquement Zach LaVine à Minnesota, désespéré que celui qu'il faisait alors jouer meneur montre aussi peu d'aptitudes pour la fonction. L'ancien coach des Wolves n'avait absolument pas ménagé son jeune guard.

"Contre Philadelphie, j'ai sorti Zach car il n'a pas réussi à se démarquer pour recevoir la balle trois possessions de suite. C'est lui le meneur, non ?

Il marchait sur le parquet. Pourquoi ne pas reculer de deux pas, foncer vers son vis-à-vis puis 'boum', changer de direction pour demander la balle ? Il devrait le faire naturellement.

Mais qui l'a coaché ? Je ne sais pas qui le coachait au lycée. Je ne sais pas qui le coachait en AAU. Ces trucs-là [les fondamentaux], je les ai appris quand je faisais des camps de basket".

Mitchell avait pris pour exemple une séquence où LaVine, en tête de raquette, n'avait pas bien exploité une situation où son pivot Gorgui Dieng s'était retrouvé en mismatch favorable face à Jameer Nelson.

"Quelle passe est la plus appropriée lorsqu'un meneur d'1,83 m défend sur un intérieur de 2,11 m ? Il lui a fait une passe à terre. Et moi je suis là, à me dire que ce gars est un joueur NBA. Le treizième choix de la draft. Gorgui a un meneur de 34 ans sur lui et notre meneur sophomore lui envoie une passe à terre au lieu de balancer la balle en l'air.

Les gens se disent qu'il devrait savoir ça. Mais on ne peut rien prendre acquis. Il a prouvé lors de ce match qu'il ne savait pas. On doit tout leur apprendre."

En cinq ans, Zach LaVine a appris. Clairement, il est davantage fait pour le poste 2, où ses qualités de scoreur sont parmi les plus brillantes de la ligue. Mais à l'occasion, il est tout à fait capable de régaler à la passe, dans le bon timing, et après avoir bien analysé la situation. Cette passe pour Coby White dimanche le montre bien.

Il n'y a pas si longtemps, Zach LaVine semblait être un candidat au trade, tant il se situait à la croisée des chemins. Cette saison, son niveau de jeu parle pour lui et son contrat est finalement plutôt cheap pour un joueur avec de tels chiffres.

Son bail avec les Bulls, à moins de 20 millions par an, prendra fin en 2022. D'ici là, Chicago aura peut-être eu la bonne idée de le verrouiller sur le long terme. Rappelons que Zach LaVine n'a pas encore 26 ans...

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