Zion Williamson, quel joueur pour ses débuts tant attendus ?

Zion Williamson, quel joueur pour ses débuts tant attendus ?

Le premier choix de la draft 2019 Zion Williamson va bientôt découvrir la NBA. Mais à quoi faut-il s’attendre pour l’entrée en matière du phénomène ?

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié

C’est imminent. Il approche. Zion Williamson, montre féroce de presque 130 kilos, va enfin faire ses grands débuts en NBA. Le phénomène le plus attendu en NBA depuis LeBron James a participé à ses premières séances complètes avec ses coéquipiers à New Orleans. Les dirigeants et le staff n’ont pas communiqué de date précise pour son retour à la compétition mais ils ont l’ambition de le faire jouer dans le courant du mois de janvier. Une excellente nouvelle pour la franchise, pour le jeune homme mais aussi pour tous les passionnés de basket.

Le début de saison effréné a quelque peu fait oublier l’ancienne superstar de Duke mais la « hype » autour de sa personne reprendra probablement de plus belle une fois que ses débuts seront annoncés officiellement. On se souvient du rouleau compresseur qui a écrasé la NCAA (22,6 pts et 8,6 rbds de moyenne) avant de faire forte impression pendant la pré-saison (23,3 pts). Un basketteur plus véloce et plus puissant que les autres qui dominent sous le cercle et se fraye un chemin dans la raquette sans trop de difficultés.

Un Zion Williamson, plusieurs profils

Sauf qu’il s’est blessé au ménisque entre temps. Le premier choix de la draft 2019 a été opéré du genou et sa rééducation dure depuis plusieurs mois maintenant. Il sera forcément un peu rouillé. Néanmoins, on peut espérer retrouver un profil similaire : celui d’une brute au fort QI basket qui est déjà plus athlétique que ses adversaires à seulement 19 ans. Une boule de muscles capable de débouler en transition pour aller claquer tomar sur tomar. Il n’est pas difficile d’imaginer Lonzo Ball se régaler à distribuer des caviars à Zion Williamson à chaque opportunité de contre-attaque.

Un peu comme Giannis Antetokounmpo, Anthony Davis, Ben Simmons ou LeBron James – d’autres « Freaks » physiologiques – il sera probablement redoutable sur jeu rapide dès ses débuts. Et ce malgré le fait que les Pelicans ont voulu lui « réapprendre à courir » justement pour éviter que ses articulations et son genou soient trop mis à contribution. Mais c’est aller contre-nature. Zion fera du Zion quoi qu’il arrive. Ses dirigeants et ses coaches se feront sans doute des frayeurs de temps à autres mais il est évident qu’on le verra claquer des énormes dunks surpuissants après avoir cavalé sur 30 mètres.

Il y a déjà plus de doutes sur sa capacité à briller sur demi-terrain du fait de sa maladresse extérieure. Mais encore. L’intérieur massif peut se créer des espaces en puissance après avoir été servi près du cercle. Les Pelicans le laisseront aussi broder avec le ballon afin qu’il puisse montrer des flashs de son potentiel de créateur. C’est un sacré athlète mais c’est aussi un athlète intelligent qui sait lire le jeu. Avec une agilité affolante pour un homme de son gabarit.

Quel rôle pour le prodige ?

En fait, il ne faut pas vraiment se faire du souci pour le niveau de jeu de Zion Williamson à ses débuts en NBA. Il devrait vite se montrer productif et performant. Par contre, on peut se demander quel rôle Alvin Gentry souhaite lui confier. De par son statut de premier choix et de superstar de demain, il est fort probable qu’il soit de suite lancé dans le cinq majeur, éventuellement avec une restriction de minutes. Ça avait d’ailleurs encore plus de sens en début de saison, quand les Pelicans étaient à la ramasse. New Orleans occupait alors la dernière place de la Conférence Ouest et avait cruellement besoin de son sauveur.

La réalité du terrain est différence aujourd’hui. La franchise de Louisiane reste sur 5 victoires au cours des 7 derniers matches. Elle s’est même replacée dans la course aux playoffs ! L’Ouest est tellement moyen – pour ne pas dire faible – au-delà du top-6 que les Pelicans ont encore une chance de pouvoir accrocher le bon wagon. On pourrait donc penser que le retour de Zion tombe à pic ! Sauf qu’il ne faut pas non plus que ça perturbe la bonne dynamique de Brandon Ingram et compagnie.

Surtout qu’ils ont trouvé un équilibre avec le retour de Derrick Favors, lui aussi blessé un moment, dans la rotation. Le vétéran apporte sa présence en défense et il est efficace avec quatre extérieurs autour de lui. Les Pelicans ont gagné 7 des 10 rencontres au cours desquelles il a joué 25 minutes ou plus. La formule fonctionne. L’arrivée du rookie star va poser un dilemme aux coaches : doivent-ils essayer de faire cohabiter les deux ‘Big Men’ ou faut-il lancer directement Williamson en pivot ?

Reculer... pour bondir comme un malade

Il n’y a peut-être même pas de bonnes solutions. Laisser les deux ensembles risque de poser des problèmes de spacing – notamment sur J.J. Redick est relégué sur le banc. Or Ball et Ingram font justement de sérieux progrès à trois-points et il est important qu’ils aient des espaces pour vraiment s’exprimer. Le Jazz a déjà essayé de faire métamorphoser Favors en ailier-fort fuyant et ça n’a jamais vraiment marché. Zion manque pour l’instant d’un tir fiable pour étirer les lignes en faveur de ses partenaires. Ce ne sera probablement jamais sa force première. Les deux intérieurs pourraient donc se marcher un peu sur les pieds dans la raquette et chaque joueur aura moins d’espace pour manœuvrer.

Les Pelicans ont le choix d’opter pour Zion Williams en cinq dès le départ. Mais est-ce vraiment judicieux à son retour de blessure ? Veulent-ils vraiment voir leur rookie se coltiner des Steven Adams ou des Jonas Valanciunas juste après qu’il ait subi une opération du genou ? C’est tout de même le risque de le voir prendre des coups chaque soir. De quoi user son corps. Physiquement, oui, il est taillé pour la NBA il n’y a pas de doutes. Mais on n’a aucune idée de la façon dont son corps va justement réagir à la vitesse du jeu, aux chocs, etc. Pas après une blessure si vicieuse.

On ne serait pas étonné si Gentry décide de faire jouer Williamson et Favors simultanément. Juste sur quelques minutes. Avant que l’un des deux sorte pour laisser rentrer Redick. Ensuite, leurs temps de jeu seront partagés. Ça peut poser quelques problèmes d’intégration au retour du phénomène. Une régression passagère. Avant, peut-être, une ascension brutale.

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