Dogme ou journalisme, où vous situez-vous ?

Je vous entends relater, à bon escient, l’absurdité du comportement de Kanter après sa sortie où il pensait combattre ce qui lui paraît être l’absurde par l’absurde, selon lui, je pense. Et où il n’était vraiment pas obligé de plonger encore plus dans une provocation violente.

Je vous entends beaucoup moins parler de l’agression de Sophie Cunningham sur le court, suite à des déclarations contre la présence de joueuses trans en WNBA et du « White privilege » lancé par son adversaire, logiquement exclue à son retour dans le vestiaire, et du lien entre ses convictions et cette agression sur le court dans vos lignes. Ou encore du fait que la coach de Cunningham a défendu l’agresseuse de sa joueuse car elle défend les mêmes idées, ce qui est scandaleux aux yeux d’un grand nombre d’observateurs sportifs et de toute sensibilité politique, cette fois-ci.

Bref, je suis d’une génération (né en 1975) où on essayait de convaincre les autres et, pour cela, on communiquait avec tout le monde, on prenait des idées et en donnait d’autres... Un temps révolu, semble-t-il. Pour faire cela, il faut toutes les infos et les regrouper dans une émission comme la vôtre, et ce qui, de nos jours, aiderait à ce que les jeunes apprennent à nouveau à confronter des faits et se bâtir un sens critique. Et comme on le voit, le sport est un bon moyen d’amorcer un débat.

En évoquant l’affaire Kanter, vous rentrez dans un débat de société ou plutôt une confrontation, vu l’époque où nous vivons, opposants progressistes et conservateurs, pour rester poli.

J’adore vos contenus et je vous suis avec grand plaisir sur YouTube, on peut clairement sentir votre tendance progressiste dans vos discours lors des sessions. Perso, je ne suis ni l’un ni l’autre, je refuse toute étiquette ou dogme et je pique là où, pour moi, les éléments qui me paraissent rationnels surgissent et mon vécu et les sentiments me drivent.

Donc, j’ai deux questions, au-delà de toute considération politique. Est-ce un choix éditorial de ne traiter l’actu WNBA que d’un côté de la sphère intellectuelle ? Si c’est le cas, on est plus dans du journalisme (peut-être n’avez-vous pas cette prétention, c’est possible aussi, alors ma question n’a plus de sens 😅🤣).

Si vous abordez ce sujet, l’honnêteté intellectuelle n’est-elle pas de savoir parler de tout avec du recul (sinon on peut rapidement sombrer dans le prosélytisme 🤔) ? Je sais, cette phrase paraît dure, mais comment la tourner autrement ? Désolé.

En tout cas, même si mon côté Gen X est casse-couilles et que je ne partage pas, concernant les récents événements WNBA, votre choix éditorial, je vous kiffe, les jeunes. Continuez à nous instruire sur le basket et nous faire rire, c’est de l’oxygène pur dans ce monde de brutes 😋.

Éric, le Gen X casse-couilles

 

Le message "white privilege" n'était pas des plus malins ou adaptés sur le coup. Mais on parle d'une faute flagrante qui a été sanctionnée et dont Sophie Cunningham a déjà été coutumière du fait dans sa carrière (à la fac, déjà, puisque c'est une joueuse que je connais depuis un bout de temps). Rien d'extraordinaire ou à mettre en relation avec la thématique Kanter/Cunningham, je trouve. Ensuite, pour répondre à ta question, j'ai toujours considéré la WNBA comme une ligue à part, où les luttes pour le progrès social, l'équité, l'égalité et contre les discriminations, font partie de son essence même. Donc en plus d'aborder le sportif, qui est fascinant et génial, je trouve ça important de parler des sujets connexes, même s'ils touchent un peu à la politique. Pour moi, Kanter et Cunningham ont simplement manifesté de la transphobie et non une réelle inquiétude pour le bien-être ou l'avenir des joueuses. Je le redis, à l'heure actuelle, la présence de joueuses transgenre en WNBA est un NON SUJET. Et je pense vraiment que ça n'en sera jamais vraiment un, parce que j'imagine mal des gens s'infliger tout ce qu'implique médicalement et psychologiquement une transition (Julie Tétart l'a décrit dans des interviews) juste pour supposément dominer le basket féminin mondial. Si on voit subitement une vague d'hommes qui pratiquent le basket à haut niveau transitionner et prétendre à une place en WNBA, là il y aura discussion et débat sur l'équité. On en est trèèèèès loin.

La plupart du temps je pense que l'on pratique un journalisme objectif dans nos articles ou nos émissions, mais ce serait mentir de dire qu'on n'y met pas de notre sensibilité sur certains sujets. On ne prétend pas détenir la vérité, mais on défend quand même certaines valeurs qui nous semblent essentielles, tout en combattant des idées ou comportements qui nous semblent ne pas relever de la simple opinion mais de l'intolérance ou même du délit dans certains cas.
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