Je profite de la qualification des Spurs en Finale de Conf' pour revenir sur ce que je pense être un mythe : l'idée que des Franchises font du meilleur travail que d'autres au moment de la Draft.
D'autant plus avec le débat qui entourait la potentielle refonte du système de la Draft à cause du tanking. Théo (avec qui je suis d'accord 99% du temps) proposait un hasard total pour affecter l'ordre de sélection de la Draft à chacune des 30 franchises - une loterie pour les lottery picks (et les 16 suivants d'ailleurs). Avec ces arguments : les équipes qui bossent mal ne méritent pas des premiers choix et les équipes qui travaillent bien trouveront toujours de bons joueurs grâce un scouting dont ils ont le secret.
Je suis obligé de m'opposer à ce raisonnement. La Draft est basée en grande partie sur la chance, et ce, à deux moments : au moment du tirage au sort, et au moment de la sélection du joueur.
Les Spurs sont une Franchise qui bosse bien. Aucun doute, le FO, coach Pop', aucun débat. Mais elle fonde sa legacy passée et future sur 2 ENORMES coups de bol : drafter en 1 les années de Duncan et Wembanyama. Drafter en 1 des années où le first pick est connu d'avance et se trouvent être des joueurs all-time générationnels, ce n'est QUE de la chance.
Sachant qu'il est rare d'avoir le first pick (6 Franchises ne l'ont jamais eu), et qu'il faut tomber sur une bonne année (on oublie 2002 ou 2013).
A l’inverse, on peut railler une équipe comme le Jazz qui, pour reprendre les propos de Dark Pimmel, a “tanké comme des cochons” cette année. Mais cette Franchise n’a pas été gâtée par le passé par le tirage au sort : 2 joueurs choisis dans le Top 5 en 30 ans, soit 3 fois moins que les Spurs sur la même période, ils ont pourtant eu eux aussi leurs mauvaises années et de la reconstruction.
Donc, la chance pour la loterie.
Vient ensuite la chance au moment de la sélection : Qui pourrait oser dire que Milwaukee et San Antonio ont eu du “nez” pour sélectionner Giannis et Kawhi en 15, alors que la MOITIE de la NBA a préféré les ignorer, ou que Denver et Chicago étaient des génies de sélectionner Jokic et Jimmy Butler alors que les 29 autres équipes les ont snobées ? Qui pourrait dire que Danny Ainge et Bob Myers sont les perdreaux de l’année d’avoir sélectionné Aaron Nesmith et James Wiseman alors que 10 places plus bas de leurs choix respectifs se trouvaient Tyrese Haliburton et Tyrese Maxey ?
Tous les ans, des dizaines d’exemples de ce genre affluent. Les Spurs ont choisi Joshua Primo devant Alperen Sengun et Jalen Johnson. Et c’est ok. La moitié de la NBA les a laissé passer. On ne va pas remettre en question la gestion du FO pour autant.
Et donc, vous avez compris, la chance aussi au niveau de la sélection.
Alors oui, j’ai grossi le trait. En effet, des Franchises, historiquement, draftent mieux que d’autres, et, oui, ça bosse mieux dans le Massachusetts dernièrement que dans le Disctrict of Columbia. Mais si Duncan et Wembanyama avaient été sélectionné par les Los Angeles Clippers, ils n’auraient pas eu besoin de milliardaires pour ne plus être une équipe de losers…
