Les Lakers et la Luka-dépendance

Luka Doncic Los Angeles Lakers NBA Draymond Green
Dans la nuit, Luka Doncic a marqué 41 points (12/22 au tir, 9 passes) et les Lakers ont pourtant perdu contre Portland (136-129), leur première défaite de la saison. Un match qui résume leur début de saison : tout passe par Doncic, et l’équipe s’effondre dès qu’il quitte le terrain.

Le joueur le plus utilisé de la ligue

L’usage rate mesure la part des possessions d’une équipe qu’un joueur termine (par un tir, des lancers francs ou une perte de balle) quand il est sur le terrain. Doncic est à 40,3 % en ce début de saison, le plus haut niveau de la NBA, contre 36,8 % la saison dernière, où il était déjà premier. À ce niveau, on approche des records (vers 42% pour Westbrook en 2016-2017) : un peu plus de quatre possessions sur dix passent par lui.

Avec et sans lui, deux équipes différentes

Le net rating mesure l’écart de points pour 100 possessions entre une équipe et ses adversaires. Avec Luka Doncic sur le terrain, les Lakers dominent leurs adversaires de 18,5 points. Quand il sort, ils sont battus de 14,8 points. L’écart total dépasse 33 points.

L’essentiel de cet écart vient de l’attaque : avec lui, les Lakers marquent 133,6 points pour 100 possessions, un niveau d’élite ; sans lui, 106,7, l’une des pires attaques de la ligue. Personne ne prend le relais pour créer. La défense se dégrade aussi (de 115,1 à 121,5 points concédés), mais dans une bien moindre mesure.

Un écart qui a explosé en un an

La saison dernière, la différence existait déjà, mais elle était modeste : +3,8 avec Doncic, −1,7 sans lui, soit 5,5 points d’écart. Cette saison, elle est six fois plus grande.

Le match de Portland en est une bonne illustration, avec une nuance : Austin Reaves a lui aussi brillé (26 points à 8/13), et la défaite s’est surtout jouée en défense, Portland tirant à 59 % au tir et 50 % à 3 points. Le Slovène a beau produire, une équipe qui repose autant sur un seul joueur n’a pas de marge quand le reste ne suit pas.

Une limite importante

En quatre matchs, il n’a passé qu’une cinquantaine de minutes sur le banc. Sur un si petit nombre de possessions, une seule mauvaise séquence suffit à faire plonger le net rating, son ampleur va presque certainement se réduire au fil de la saison. La vraie question est de savoir s’il restera nettement au-dessus de celui de l’an dernier.

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Hugo Mayca – @fr_analytics