Les Los Angeles Lakers sont en train de se transformer sous les yeux de toute la NBA. Longtemps critiquée pour ses largesses défensives, la franchise californienne affiche désormais un tout autre visage… et cela commence à se voir dans les résultats.
Avec un bilan de 43 victoires pour 25 défaites, les Lakers ont pris de l’avance dans la course à la 3e place à l’Ouest, notamment après leur victoire face aux Houston Rockets. Une rencontre qui a parfaitement illustré leur nouvelle identité : moins spectaculaire offensivement, mais beaucoup plus solide défensivement.
Sur l’ensemble de la saison, Los Angeles reste encore dans le ventre mou avec la 20e défense de la ligue (115,7 points encaissés pour 100 possessions). Mais la dynamique récente est tout autre. Sur leurs 10 derniers matchs (9 victoires !), les Lakers affichent une efficacité défensive de 109,3, soit la 6e meilleure marque NBA sur cette période.
Le match face à Houston en est l’exemple parfait. En seconde période, les Lakers ont complètement étouffé l’attaque texane : 35 points encaissés seulement en deuxième mi-temps et 15 pertes de balle provoquées. Le tout alors même que Los Angeles était en difficulté offensivement (8/34 à trois points).
Le plan de jeu était clair, notamment sur Kevin Durant. Les Lakers ont multiplié les prises à deux dans le quatrième quart-temps, perturbant totalement l’ailier des Rockets. Résultat : un Durant méconnaissable après la pause, avec six pertes de balle en seconde période.
Pour JJ Redick, ce virage défensif est avant tout une question d’état d’esprit :
« C’est quelque chose avec lequel on a eu du mal plus tôt dans la saison. Ça montre l’engagement de nos joueurs. On a gagné beaucoup de matchs grâce à l’attaque, et maintenant on montre qu’on peut battre de bonnes équipes avec la défense. »
Même constat du côté de Luka Doncic, qui a résumé la situation avec humour avant d’être plus sérieux :
« Effort et communication. C’est ce que font les bonnes équipes. Tous les soirs, tu ne vas pas bien shooter. »
Enfin, LeBron James a insisté sur l’importance de varier les schémas face à un joueur comme Durant :
« Il faut lui montrer des choses différentes, le garder en déséquilibre. On ne peut pas lui proposer les mêmes couvertures tout le match. »
Kevin Durant assume : « Je suis l'attaque »
Oui, la défense des Lakers est devenue élite !
Au-delà des chiffres, cette progression défensive ne doit rien au hasard. Elle s’explique aussi par des ajustements très concrets dans les rotations.
Les Lakers ont clairement injecté davantage de profils défensifs sur le terrain ces dernières semaines. Le temps de jeu en nette progression de Marcus Smart n’y est évidemment pas pour rien. Par sa communication, sa capacité à organiser les switches et à donner le ton sur le porteur de balle, l’ancien Défenseur de l’année agit comme un véritable chef d’orchestre. Ce n’est pas un game changer sur la feuille de stats (encore que...), mais c’en est un dans la structure défensive.
Autour de lui, certains profils ont pris une importance majeure, à commencer par Jake LaRavia. L’ailier s’impose comme l’un des moteurs de cette transformation : il est leader de l’équipe en déviations de ballons sur la saison (3,4 par match), très actif sur les lignes de passe, et omniprésent sur les ballons 50/50. Les lineups avec lui affichent un +9,9 de net rating, preuve de son impact global. Concrètement, c’est exactement le type de joueur qui change une défense : activité constante, pression sur les lignes de passe, capacité à exister sans ballon… et complément idéal autour de créateurs comme Luka Doncic et Austin Reaves.
Dans un registre différent, Luke Kennard apporte aussi quelque chose d’intéressant. Utilisé autour de 23 minutes sur la période récente, il n’est évidemment pas un stopper, mais son impact défensif est plus subtil. Bien positionné, discipliné dans les rotations et rarement pris à défaut, il permet surtout de maintenir des lineups équilibrés sans sacrifier totalement la défense. Son profil montre que les Lakers ne cherchent pas uniquement des spécialistes, mais des joueurs capables de tenir leur rôle dans un système collectif cohérent.
Enfin, le cas des stars est tout aussi révélateur. Luka Doncic, souvent ciblé défensivement, montre une nette amélioration sur la séquence récente. Son implication dans les aides, sa taille sur les switches et son engagement global permettent de limiter son exposition, avec des ratings défensifs en nette progression (voir ci-dessous) par rapport au reste de la saison. Même constat pour Austin Reaves, qui compense ses limites physiques par une meilleure lecture du jeu et une activité accrue sur les rotations. Les deux joueurs ne sont pas devenus des spécialistes, mais leur niveau d’implication est clairement monté d’un cran et ça change tout dans une défense collective.
Autre indicateur qui illustre parfaitement ce changement d’état d’esprit : la capacité des Lakers à provoquer des fautes offensives. L’équipe fait partie des meilleures de la ligue dans ce domaine, portée notamment par Austin Reaves et Luka Doncic. Reaves se classe ainsi dans le top 5 NBA avec 14 charges provoquées, tandis que Doncic est dans le top 10 avec 10 passages en force.
Même Luka Doncic montre l'exemple
Sur les 10 derniers matchs, plusieurs joueurs symbolisent parfaitement ce virage défensif. Marcus Smart, Jake LaRavia et Deandre Ayton affichent tous les trois des Defended Field Goal Percentage très solides, avec des différentiels (écart entre la réussite des adversaires face à eux et leur moyenne habituelle) particulièrement solides. On parle de -10,9 pour Smart et de -8,2 pour Ayton, des chiffres qui traduisent une capacité réelle à faire chuter l’efficacité adverse.
Même Luka Doncic, pourtant régulièrement ciblé, affiche un différentiel négatif (-1,1), preuve d’un engagement défensif nettement supérieur à celui observé sur l’ensemble de la saison. Mieux, il est le leader des Lakers en deflections (4,2) et deuxième de l'équipe en contested shots (6,1) derrière Ayton (7,4).
Dans les joueurs majeurs, seuls Austin Reaves et Luke Kennard présentent encore des différentiels légèrement positifs (+0,5 et +0,3), mais à des niveaux très faibles qui restent compatibles avec un système collectif performant.
La comparaison avec le reste de la saison est encore plus parlante. En dehors de Jaxon Hayes, déjà solide autour de -3, la majorité de l’effectif évoluait entre 0 et +5, signe d’une défense globalement permissive. Le contraste est donc net : les Lakers ne défendent pas seulement mieux, ils réduisent concrètement l’efficacité de leurs adversaires.
Le cas de Rui Hachimura est sans doute le plus révélateur. Passé de +4,1 sur la saison à -7,2 sur cette séquence ce 10 matches, l’ailier incarne à lui seul ce changement de posture défensive. Enfin, LeBron James, qui a joué moins de matches sur la série (6) présente lui aussi un Defended Field Goal Percentage en progression avec un joli +5,7, preuve qu'il a accepté de se fondre dans le moule dessiné par JJ redick.
Au-delà des chiffres, c’est bien une identité qui est en train d’émerger. Aucun joueur n’est devenu un monstre défensif. Mais tous sont devenus compatibles avec une vraie défense. Les Lakers ne sont plus uniquement dépendants de leur talent offensif. Ils commencent à gagner des matchs en imposant leur dureté, leur discipline… et leur capacité à faire déjouer les meilleures stars adverses. Et ça, honnêtement, on ne l'avait pas vu venir.
