A 22 ans, Wembanyama est déjà dans la cour des grands

À seulement 22 ans, Victor Wembanyama mène déjà les Spurs en Finales NBA. Une précocité rarissime qui le place aux côtés de LeBron James, Tim Duncan et Magic Johnson dans l'histoire de la ligue.

A 22 ans, Wembanyama est déjà dans la cour des grands

Les Spurs sont en Finales NBA, et ce simple constat suffit à mesurer à quelle vitesse Victor Wembanyama est en train de bousculer la chronologie habituelle des superstars. À 22 ans, le Français ne se contente plus d’être une promesse, un phénomène ou le visage du futur. Il est déjà le meilleur joueur d’une équipe finaliste, avec tout ce que cela implique dans l’histoire de la ligue.

San Antonio a arraché son billet au terme d’une finale de conférence épuisante contre Oklahoma City, champion en titre, conclue par un Game 7 remporté sur le parquet du Thunder. Wembanyama n’a pas eu besoin de signer un match à 45 points pour marquer cette soirée. Ses 22 points et 7 rebonds ont compté, bien sûr, mais c’est surtout son empreinte globale, sa présence défensive, sa capacité à structurer tout ce que font les Spurs, qui donnent à cette qualification une dimension particulière.

Depuis le début de ces playoffs, Wembanyama tourne à 23,2 points, 10,8 rebonds, 2,7 passes et 3,5 contres de moyenne. À 22 ans. Sur une campagne qui l’a déjà vu signer plusieurs performances hors normes, dont un match à 41 points et 24 rebonds face au Thunder et un triple-double aux contres contre Minnesota avec 12 blocks, un record des playoffs à l’ère moderne.

Le plus impressionnant n’est même pas la ligne statistique. C’est le contexte dans lequel elle est produite. Chaque adversaire a construit son plan de jeu autour de lui. Chaque série a tourné autour de sa capacité à imposer sa loi près du cercle ou à attirer les prises à deux. Peu de joueurs de son âge ont déjà porté une telle responsabilité dans une équipe capable d’atteindre les Finales NBA.

LeBron, Duncan et les autres

Dans l’histoire récente, les comparaisons sont rares. LeBron James avait lui aussi 22 ans lorsqu’il a conduit Cleveland en Finales en 2007. Comme Wembanyama aujourd’hui, il portait déjà sur ses épaules les espoirs d’une franchise entière. Tim Duncan avait 23 ans lors de sa première finale NBA en 1999. Shaquille O’Neal et Hakeem Olajuwon avaient également 23 ans lors de leur première apparition à ce stade de la compétition.

La comparaison devient encore plus frappante lorsqu’on regarde certains des plus grands noms de l’époque moderne. Michael Jordan a dû attendre ses 28 ans pour atteindre ses premières Finales NBA en 1991. Nikola Jokic avait lui aussi 28 ans lorsqu’il a enfin conduit Denver jusqu’au titre en 2023. Giannis Antetokounmpo en avait 26 lors de l’épopée victorieuse de Milwaukee en 2021.

Bien sûr, toutes les trajectoires sont différentes. Magic Johnson avait remporté un titre dès sa saison rookie à 20 ans, mais dans une équipe déjà candidate au championnat autour de Kareem Abdul-Jabbar. Kobe Bryant avait été champion à 21 ans, sans encore être le leader principal des Lakers de Shaquille O’Neal. Ce qui distingue Wembanyama, c’est qu’il appartient déjà à la catégorie des joueurs autour desquels tout est construit.

Il y a encore trois ans, San Antonio entamait sa reconstruction. Aujourd’hui, la franchise se retrouve à quatre victoires d’un titre NBA avec un joueur qui a déjà remporté le trophée de Défenseur de l’année, accumulé les distinctions individuelles et changé l’identité de son équipe.

L’histoire de la NBA nous rappelle qu’aucune précocité ne garantit un destin. Des blessures, des rivalités ou des circonstances imprévues peuvent ralentir même les trajectoires les plus prometteuses. Mais à 22 ans, Victor Wembanyama se trouve déjà dans une catégorie extrêmement restreinte.

Celle des joueurs qui n’ont plus à prouver qu’ils peuvent mener une franchise jusqu’aux Finales NBA.

LeBron James, Tim Duncan, Magic Johnson. Quelques-uns des plus grands noms de l’histoire ont atteint ce niveau très tôt. Victor Wembanyama peut désormais être cité dans la même phrase. Et pour les Spurs, c’est peut-être la partie la plus excitante : à 22 ans seulement, son histoire ne fait sans doute que commencer.