Tony Parker a récemment ressorti cette histoire assez dingue lors de son passage chez Legend. Pendant les Finales NBA 2005, alors qu’il attend ses proches à l’hôtel des San Antonio Spurs, l’un de ses frères l’appelle complètement paniqué. « TP, il faut que tu viennes ! On est tous par terre, allongés. Il y a cinq voitures de flics ! »
Sur le moment, Parker croit à une blague. Il comprend rapidement que Boris Diaw, Éric Judor, ses frères et plusieurs de leurs amis viennent réellement d’être arrêtés et menottés par la police de Detroit. Leur van de location a été signalé comme volé et les policiers pensent avoir affaire à des individus potentiellement armés.
Tony Parker a raconté l’épisode depuis son point de vue, celui du gars qui attend tout le monde au restaurant et découvre la scène au téléphone. Mais pour comprendre à quel point cette soirée aurait pu tourner au drame, il faut revenir au récit beaucoup plus complet livré par Boris Diaw sur le plateau de NBA Extra, sur beIN Sports, pendant les Finales NBA 2020.
Tony Parker : « Harper et Castle me font penser à moi et Manu Ginobili »
« Babac » y racontait une histoire dont il est aujourd’hui capable de rire, mais qui aurait très bien pu s’achever en bavure policière. L’histoire se déroule donc dans le Michigan, pendant les Finales NBA 2005.
Les Spurs affrontent les Detroit Pistons et Boris Diaw, qui joue encore pour les Atlanta Hawks – il sera transféré à Phoenix quelques semaines plus tard –, décide d’aller soutenir son ami. Il assiste à l’un des matches de la série avec plusieurs proches de Tony Parker, ainsi que le comédien Éric Judor et Gaëtan Müller, qui deviendra ensuite président-délégué de l’ASVEL.
Le récit débute après la rencontre. Le petit groupe quitte le Palace of Auburn Hills, en périphérie de Detroit, pour rejoindre les Spurs à leur hôtel et dîner avec Tony Parker et Gregg Popovich.
« On est sur la route. Je suis assis à l’avant. On croise une voiture de police, qui fait demi-tour puis se met derrière nous. Je dis au chauffeur, lui aussi français, de rouler doucement. À un moment, on passe à l’orange. Je vois qu’une deuxième voiture de police se joint à la première et met les gyrophares. On lui dit alors de se mettre sur le bas-côté.
Un troisième véhicule avec un gyrophare bloque les deux voies et un quatrième arrive. Je me dis que c’est bizarre, parce que je me suis déjà fait contrôler aux États-Unis et qu’en général, on te demande ton assurance et c’est tout.
Dans la voiture, ça fait des blagues. Éric Judor dit : “Je t’avais dit de ne pas ramener de cocaïne”, etc. Puis on arrête de rire, parce que les passagers à l’arrière du van voient un point rouge sur nos têtes…
Je dis alors aux autres de ne pas trop bouger, pour ne pas qu’ils pensent que l’on va sortir une arme. Avec un policier un peu stressé, qui a bu trop de café, ça peut tourner en bavure.
Ils nous font sortir un par un du véhicule. Ça commence avec le chauffeur : “Sors, reste de dos, ne te retourne pas, mets-toi à genoux.” Je vois dans le rétro qu’ils le menottent. Je me dis alors qu’il a dû faire un truc, qu’il nous cache quelque chose. C’était notre agent marketing avec Tony à l’époque.
Après, c’est mon tour. À genoux, les mains dans le dos, on me passe les menottes sans me dire pourquoi. »
Café, claquettes et dunk, l’anecdote so Boris Diaw
La situation devient encore plus dangereuse lorsqu’un membre du groupe, qui comprend mal les consignes données en anglais, baisse les bras alors que les policiers lui demandent de garder les mains en l’air.
« C’est au tour de la quatrième personne, un ami d’Éric Judor, qui ne parle pas très bien anglais. Ils lui disent de se mettre à genoux et de garder les mains en l’air. Lui comprend : “Mets les mains sur l’estomac”, et il les baisse.
Le policier hurle et un gars sprinte vers lui, lui met un genou dans le dos et la tête dans le goudron, puis l’emmène dans un autre fourgon.
Le gars qui venait de faire ça au passager est en sueur, dégoulinant, et se met à côté de moi. Il me tient en joue avec son pistolet et il est en train de trembler.
Je lui dis : “S’il te plaît, ne tire pas. On est français et plusieurs d’entre nous ne comprennent pas tout ce que vous dites. Attention.”
Finalement, ils nous ont tous remis dehors. C’était en fait une erreur avec la voiture de location. Elle avait été volée, ils avaient changé les plaques, quelque chose comme ça, et elle avait été déclarée à la police. Il y a tellement de crimes qu’ils ne prennent pas de risques et ne veulent pas se faire tirer dessus. »
🏀 #NBAExtra
📖 C'est l'heure des Histoires de Babac !
👮♂️ Comment @theborisdiaw a fini menotté et mis en joue par la police de Detroit avec Eric Judor et Gaëtan Muller après être allé voir jouer Tony Parker ? pic.twitter.com/TJdadlDxj4— NBAextra (@NBAextra) October 9, 2020
Tony Parker raconte aujourd’hui cette histoire avec le recul de celui qui l’a découverte à distance et a d’abord pensé à une énorme blague. Le récit de Boris Diaw rappelle que, dans le van et face aux armes des policiers, personne n’avait vraiment le cœur à rire.
Le signalement erroné de la voiture permet de comprendre pourquoi la police avait déployé autant de moyens. Il ne change rien à la violence de la scène ni au danger immédiat ressenti par les passagers. Plus de vingt ans après, cette histoire reste aussi folle que glaçante.
