Carmelo Anthony, le rêve des Chicago Bulls

Propriétaire, dirigeants, coaches et joueurs des Chicago Bulls ont rencontré Carmelo Anthony pendant près de neuf heures hier. Avec un seul rêve en tête : celui de conquérir un septième titre.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Carmelo Anthony, le rêve des Chicago Bulls
Ils étaient tous là. Tous les visages importants des Chicago Bulls s’étaient donnés rendez-vous pour accueillir Carmelo Anthony dans la « Windy City ». Tim Thibodeau, le coach, et Gar Forman, le GM, pas toujours sur la même longueur d’ondes au cours des mois précédents, ont mis leur rancœur de côté afin de se concentrer sur la principale priorité de l’intersaison pour la franchise de l’Illinois : recruter une superstar. Et c’est bien dans cette optique que la délégation des Bulls a rencontré « Melo » hier soir : en héros. A peine arrivée, la star new-yorkaise a pu apprécier le relooking du United Center, spécialement décoré pour l’occasion de plusieurs affiches à l’effigie du joueur drapé d’un maillot des Bulls et accompagné d’un trophée Larry O’Brien. La franchise annonce ainsi la couleur. Les taureaux veulent « Melo » et ils le veulent pour gagner un titre qu’ils n’ont encore jamais remporté sans la présence d’un certain Michael Jordan dans l’effectif. Selon les différentes sources rapportées par la presse locale et les médias nationaux, le pitch des dirigeants s’est centré essentiellement sur cette capacité des Bulls à aller chercher le titre. Carmelo Anthony a manifesté à plusieurs reprises son désir de décrocher une bague. Il a atteint la trentaine en mai dernier et il est conscient que sa fenêtre de tir se referme lentement mais sûrement. A ce stade de sa carrière, la capacité d’une équipe à le mettre en bonne position pour remporter un titre comptera peut-être autant – voire plus – que le salaire proposé. C’est du moins ce qu’espèrent les Chicago Bulls. Et c’est bien pour cette raison que Tom Thibodeau a occupé un rôle central dans le pitch fait au All-Star. Le coach chicagoan est l’un des plus respectés de la ligue et plusieurs rumeurs laissaient entendre que « Melo » ne serait pas insensible à ses systèmes de jeu. En février dernier, ESPN annonçait même qu’il s’était renseigné sur l’entraîneur des Bulls auprès de Joakim Noah. Plus récemment, il aurait pris des informations sur la vie quotidienne à Chicago.

Derrick Rose aurait joué devant Carmelo Anthony

Ce point n’est pas à négliger. Anthony est originaire de Brooklyn et il adore New York, il l’a affirmé à plus d’une reprise. Le joueur a même profité des nombreuses opportunités de la ville cosmopolite pour faire fructifier plusieurs business extra-sportif. Ce n’est pas seulement un grand joueur, c’est aussi un homme d’affaire. Chicago est la troisième plus grande ville des Etats-Unis, ce qui représente déjà un avantage face à deux autres « grands » marchés moins attractifs (Dallas et Houston). Revenons-en au jeu, ou plutôt au pitch. Si Tom Thibodeau a personnellement accompagné Carmelo Anthony au sein de la voiture qui a conduit le joueur au United Center, Derrick Rose était lui aussi de la partie. Le meneur All-Star et ancien MVP avait planifié un workout dans le cadre de son programme de remise en forme. Certains observateurs estiment même que « Melo » a pu apprécier la séance, afin de constater le retour au plus haut niveau de « D-Rose ». Il est évidemment très difficile d’estimer la véracité de ces informations mais une chose est sûre : Rose a pu parler avec Anthony. Les deux hommes ont discuté une vingtaine de minutes dans le vestiaire de la salle, à la suite du workout de la jeune icône de Chicago. [superquote pos="d"]Derrick Rose a parlé avec Carmelo Anthony[/superquote]L’état de forme de Derrick Rose jouera évidemment un rôle majeur dans la venue d’une autre superstar ou d’autres joueurs d’impact. Le jeune homme a mis la ligue à ses pieds en 2011 avant de mener les Bulls en finale de Conférence… et de s’écrouler la saison suivante. Il n’a joué que 49 matches en trois ans et le mystère reste entier sur son état de santé et surtout sur sa capacité à retrouver son meilleur niveau après deux blessures aux genoux (rupture des ligaments croisés puis rupture du ménisque). Toujours est-il que Rose demeure une personnalité forte dans la ligue. Les joueurs ont toujours manifesté leur soutien à son égard et ils n’ont jamais douté de son retour en forme. Jusqu’à présent, la star des Bulls a toujours refusé de recruter les stars disponibles sur le marché. Il n’avait pas pris part à l’entretien avec LeBron James en 2010 et il a rappelé récemment que « ce n’était pas son rôle » de recruter des joueurs. Mais il était bien présent, tout comme Joakim Noah, All-Star et proche de Carmelo Anthony si l’on en croit les sources, et Taj Gibson.

Taj Gibson, une clé pour recruter Carmelo Anthony ?

Certains pourront se demander pourquoi Gibson, un remplaçant de 29 ans (amené à jouer titulaire la saison prochaine) qui tourne à 9 points et 6 rebonds de moyenne en carrière, était présent au meeting visant à recruter Carmelo Anthony, une superstar NBA. Et pourtant, selon le Chicago Tribune, sa présence est perçue comme une clé du pitch. Premièrement, elle indique que les Chicago Bulls ont l’intention de conserver l’intérieur énergique et combatif. « Melo » apprécierait le profil de Gibson, un joueur dur au mal. Elle indique également que les Bulls ont peut-être l’intention de négocier un échange avec les New York Knicks. Un petit point sur la situation économique s’impose : La franchise de la grosse pomme peut offrir 129 millions sur 5 ans à sa star, même si Phil Jackson a laissé planer l’idée selon laquelle il ne proposerait pas le maximum à Anthony (coup de bluff ?). Les Bulls, tout comme les Rockets et les Mavericks, ne peuvent proposer « que » 96 millions sur 4 ans. Mais pour proposer une telle somme, la franchise de l’Illinois devra se séparer de plusieurs joueurs majeurs, dont éventuellement Taj Gibson et ses 8 millions de dollars annuels. K.C. Johnson rappelle que pour offrir ne serait-ce qu’une première année de contrat à 16,9 millions de dollars, les Bulls devront se séparer de Carlos Boozer (amnistie), Jimmy Butler, Mike Dunleavy et Anthony Randolph. On suppose que les dirigeants sont prêts à accepter cette éventualité s’ils ont l’occasion de mettre la main sur Carmelo. Un transfert aurait été plus avantageux, avec la possibilité pour la star de signer un plus gros contrat aux Knicks et d’être ensuite échangé aux Bulls. Mais les New-yorkais ont déjà fait comprendre qu’ils n’étaient pas intéressés par Carlos Boozer… Affaire à suivre. [superquote pos="d"]Les Bulls vont devoir transférer des joueurs[/superquote]Après avoir visité les installations de la franchise, la star a donc dîné en compagnie de Noah, Gibson, Thibodeau, Forman mais aussi Jerry Reinsdorf, le propriétaire, et Scottie Pippen. On suppose que Pippen avait déjà eu l’occasion de lui parler lors de leur passage commun au Quai 54, à Paris. Le Hall Of Famer apportait une touche historique à l’entretien. Une manière de rappeler que les Bulls est la troisième franchise la plus titrée de la NBA. Une équipe légendaire, connue dans le monde entier grâce à Michael Jordan. Une franchise qui brasse 60 millions de dollars de bénéfices chaque saison, selon Grantland (deuxième après les Los Angeles Lakers). A Chicago, on ne retient que le nom des champions et ce sera à Carmelo Anthony de décider dans les jours qui viennent s’il souhaite s’inscrire dans la lignée des grands joueurs à avoir porter la tunique rouge et blanche des taureaux. En attendant, le joueur va désormais rencontrer les délégations des Dallas Mavericks, des Houston Rockets et des Los Angeles Lakers. Si les Bulls ont eu l’occasion de frapper les premiers – conditions géographiques (New York – Chicago) oblige – on se doute que les autres franchises vont mettre le paquet et redoubler d’ingéniosité pour convaincre « Melo ». Mais les dirigeants des Bulls ont manifesté leur sentiment de satisfaction à l’issue des neuf heures d’entretien avec Anthony. Ils ont tout donné et surtout, ils l’ont fait tous ensemble.
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