Comment Stephon Castle a fait dérailler Shai Gilgeous-Alexander

À 1 sur 7 face à Stephon Castle lors du Game 6, Shai Gilgeous-Alexander continue de souffrir contre la défense des Spurs. Le meneur texan est en train de changer la série.

Comment Stephon Castle a fait dérailler Shai Gilgeous-Alexander

Quand on évoque la défense des Spurs dans cette finale de conférence, un nom revient immédiatement : Victor Wembanyama. Pourtant, au fil de la série contre le Thunder, un autre joueur est en train de se construire une réputation de poison absolu pour les attaquants adverses. Et sa victime la plus prestigieuse s'appelle Shai Gilgeous-Alexander.

Le MVP en titre traverse actuellement l'une des périodes les plus compliquées de sa carrière récente. Jeudi soir, lors de la lourde défaite d'Oklahoma City à San Antonio (118-91), Gilgeous-Alexander a encore peiné à trouver son rythme, terminant avec seulement 15 points à 6 sur 18 au tir avant de passer tout le quatrième quart-temps sur le banc en raison de l'écart au score.

Mais une statistique résume particulièrement bien les difficultés du Canadien : lorsqu'il a été défendu directement par Stephon Castle, il n'a converti qu'un seul de ses sept tirs.  Pour un joueur qui a tourné à plus de 30 points de moyenne avec plus de 50% de réussite lors de chacune des quatre dernières saisons, le contraste est saisissant. Et ce n'est plus un simple accident.

Cette rencontre marque le quatrième match consécutif où Gilgeous-Alexander termine sous les 40% de réussite au tir. Une telle série ne lui était plus arrivée depuis la saison 2021-22, soit avant sa première sélection au All-Star Game et bien avant son accession au statut de superstar NBA. Selon ESPN Research, le plus-minus de -28 de Gilgeous-Alexander sur ce match correspond au pire jamais enregistré par un MVP lors d'un match décisif pour la qualification, à égalité avec celui de Joel Embiid en 2023.

Sur l'ensemble de cette finale de conférence, le meneur du Thunder affiche désormais 24,3 points de moyenne mais seulement 37,9% de réussite au tir. Des chiffres très éloignés de ses standards habituels.

Victor Wembanyama, un match de patron

Évidemment, Castle n'est pas seul responsable de cette baisse de régime. Toute la défense des Spurs est organisée pour compliquer la vie du MVP, avec Wembanyama qui protège la raquette et une succession de défenseurs agressifs qui l'attendent sur chaque possession. Mais le sophomore joue un rôle de plus en plus central dans ce dispositif.

Sa combinaison de taille, de puissance et de mobilité lui permet de rester au contact de Gilgeous-Alexander sans constamment avoir besoin d'aide. Et dans une série où chaque espace compte, cette capacité à défendre en un contre un devient extrêmement précieuse. Pendant ce temps, le Thunder continue de chercher des solutions.

La mauvaise nouvelle pour Oklahoma City, c'est que les difficultés de son leader ne semblent pas venir d'un problème de sélection de tirs. Interrogé après la rencontre, Gilgeous-Alexander a insisté sur le fait qu'il ne comptait pas modifier son approche avant le Game 7.

« Beaucoup des tirs que je prends, je les ai déjà pris énormément de fois auparavant et ils me semblent bons. Ils ne rentrent simplement pas. Mais il est trop tard pour abandonner mon travail, abandonner mon jeu et abandonner ce que je suis. À ce stade de la saison, je dois lui faire confiance et vivre ou mourir avec. »

Une déclaration qui ressemble autant à un message de confiance qu'à un aveu de frustration. Car pour la première fois depuis longtemps, Gilgeous-Alexander semble confronté à une défense capable de le faire douter sur plusieurs matches consécutifs.

Et au cœur de cette équation, il y a un joueur de seulement 21 ans que peu de monde imaginait voir jouer un rôle aussi important à ce stade de la saison. Victor Wembanyama continue logiquement de monopoliser les projecteurs. Mais si les Spurs venaient à renverser cette série samedi lors du Game 7, Stephon Castle pourrait bien apparaître comme l'un des grands artisans de l'exploit.