Voilà, c’est ce Darryn Peterson là qu’on avait envie de voir. Après une première sortie discrète au scoring, le deuxième choix de la draft a passé 23 points aux Nuggets, à 10/18 au tir en 30 minutes. Utah a perdu, mais nous avons retrouvé cette facilité qui nous avait déjà séduits à l’université et en Summer League. On vous invite à checker ses highlights.
Ce qui frappe, c’est la fluidité. Technique, athlétique : tout semble s’enchaîner naturellement. Peterson peut marquer beaucoup, et vite, sans donner l’impression de forcer chaque possession. À son âge, cette qualité visuelle est assez rare. Le talent offensif, franchement, il n’y a pas grand-chose à discuter.
Bon, nous n’allons pas ressortir d’un match de présaison avec des certitudes sur sa carrière. Mais voir un jeune répondre à une prestation timide par une sortie de ce niveau, c’est toujours plaisant. Et ça donne quelques arguments à ceux qui nous demandent pourquoi nous ne parlons pas davantage du Jazz parmi les surprises possibles.
Pourquoi pas, justement ? Le problème, si problème il y a, tient moins au talent disponible qu’à la façon de le faire cohabiter.
Peterson arrive dans une équipe où plusieurs joueurs ont envie de scorer. Ace Bailey sort d’une saison rookie plutôt réussie et veut continuer à se montrer. Keyonte George a signé un gros contrat. Lauri Markkanen et Jaren Jackson Jr. sont des joueurs confirmés. Et Peterson, avec son statut, va forcément vouloir s’exprimer lui aussi.
Ça fait du monde...
Mais est-ce que nous n’en faisons pas parfois un peu trop avec ces histoires de hiérarchie ?
À force de vouloir attribuer une place définitive à chacun, on finirait presque par oublier que plusieurs joueurs peuvent réussir leur match le même soir. Nous sommes dans une NBA où trois coéquipiers peuvent tourner à 20 points. Il y a des absences, des rencontres différentes, des opportunités qui changent. Tout ne doit pas nécessairement être réglé une fois pour toutes avant le premier entre-deux.
Peterson aurait sans doute davantage de liberté dans une équipe extrêmement faible. Très bien. Est-ce que cela rend sa situation à Utah problématique pour autant ? Nous n’en sommes pas là.
La réserve existe quand même. Tout le monde n’aura pas carte blanche. Bailey aura peut-être moins de tirs certains soirs. Peterson aussi. Chacun devra laisser une petite part du gâteau, et le scénario où tout le monde score, reste content et gagne des matchs demeure le scénario idéal.
Mais il suffit qu’un ou deux joueurs trouvent leur terrain d’expression plus réduit que prévu pour que ça frictionne. Surtout si les résultats ne suivent pas. Le Jazz doit aussi gagner davantage. Les satisfactions individuelles ne suffiront pas à répondre à toutes les attentes.
C’est cette articulation qui nous intrigue. Pas un conflit annoncé, pas une incompatibilité déjà repérée. Simplement l’envie de voir comment cette équipe va fonctionner quand chacun cherchera sa place.
Peterson vient de nous rappeler qu’il avait les moyens de prendre la sienne. Pour le reste, nous demandons à voir. Il y a suffisamment de talent à Utah pour être curieux, sans avoir besoin de transformer le partage des ballons en problème gravissime avant même le début de la saison.
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Je radote un peu mais l'idée selon laquelle un jeune qui ne serait pas la première option dans son équipe verrait son développement affecté est complètement erronée à mon avis. De la même manière pour Edgecombe à Philly. C'est l'occasion d'apprendre à être utilse sans la balle, et de toutes façons s'ils ont ça en eux ils exploseront à un moment où à un autre.