Un « Kevin Durant au PSG » suffirait-il ? Notre doute sur le pari NBA Europe

L’EuroLeague fait front, la NBA veut s’installer et chacun semble prêt à aller au combat. Mais derrière les projets d’expansion et les gros moyens, une question nous travaille : qui va regarder tout ça ? Un grand nom sur une affiche peut attirer l’attention. Pour créer un attachement, c’est une autre histoire.

Un « Kevin Durant au PSG » suffirait-il ? Notre doute sur le pari NBA Europe

L’EuroLeague a dit non. Et, visiblement, elle ne compte pas attendre tranquillement que la NBA vienne prendre sa place. Ses clubs doivent devenir des franchises, une expansion est prévue et nous voilà partis vers une bataille entre deux compétitions ambitieuses. Sur le papier, il pourrait y avoir du beau basket des deux côtés. Mais nous avons un peu de mal à voir comment tout ce monde va cohabiter.

Parce que le sujet, ce n’est pas seulement de trouver des joueurs ou des investisseurs. Est-ce que les gens vont partager leur attention entre les deux ligues ? Est-ce que chacune pourra susciter assez d’intérêt et générer suffisamment de revenus ? On peut avoir deux produits intéressants. Ça ne garantit pas que le public suivra les deux.

L’EuroLeague possède déjà quelque chose de précieux : des supporters, des habitudes, un attachement à ses clubs et à sa manière de jouer. La NBA Europe chercherait probablement un public un peu différent, déjà sensible à la NBA, ou de nouveaux spectateurs. Nous ne sommes pas certains que les amoureux du basket et du décorum EuroLeague basculent simplement parce qu’une autre compétition arrive avec davantage de moyens.

En revanche, pour attirer les regards, nous imaginons bien la NBA chercher une tête d’affiche. Une superstar en fin de carrière américaine, qui n’aurait plus grand-chose à prouver là-bas. Un Kevin Durant au PSG, par exemple. Attention : c’est une hypothèse volontairement grossie pour illustrer l’idée, absolument pas une information sur son avenir.

Mais voilà le raisonnement : un nom pareil pourrait donner envie de regarder, y compris à des amateurs de foot attirés par les grandes affiches. Il y aurait de la curiosité. Peut-être beaucoup. Reste à savoir ce qui vient après.

Le modèle saoudien avec Ronaldo répliqué par la NBA ?

Le parallèle avec Cristiano Ronaldo en Arabie saoudite nous semble intéressant. Son arrivée a fait parler du championnat, évidemment. Mais selon nous, une bonne partie de cet intérêt reste attachée aux joueurs eux-mêmes. Les gens veulent savoir si Ronaldo a marqué, si Sadio Mané a marqué. Suivent-ils vraiment les équipes pour autant ? C’est là que nous avons un doute sur ce modèle.

Et puis il y a les chiffres. Des valorisations de franchises autour de 500 millions de dollars, ça nous laisse franchement perplexes. Nous comprenons l’argument du très long terme, du projet sur vingt ans. Mais comment récupérer de telles sommes dans le basket européen ? Nous n’avons pas de réponse convaincante à ce stade.

Le merchandising peut certainement aider. La puissance de la marque PSG, notamment avec Jordan, est réelle : voir des joueurs NBA porter ses vêtements disait déjà quelque chose du chemin parcouru. Mais transposer cette réussite au basket et justifier ces valorisations, c’est encore une autre affaire. L’écusson peut attirer. Nous restons sceptiques sur ce qu’il suffira à rapporter.

Du côté européen, nous aimerions pouvoir répondre que la formation fera la différence. Sauf que les clubs formateurs voient déjà partir leurs talents très tôt, notamment vers les universités américaines. Cette réponse-là est donc moins simple qu’on le souhaiterait.

Nous ne prétendons pas savoir comment cette bataille se terminera. Les talents sont de plus en plus nombreux et les deux compétitions pourraient être intéressantes. Ce qui nous gêne, c’est l’idée qu’on pourrait conquérir ce public sans vraiment comprendre ce qui le fait vibrer. Faire venir une star est une chose. Donner envie de rester quand elle n’est plus là, voilà le vrai sujet.

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