L’extension de Draymond Green, un dilemme cornélien pour les Warriors

L’extension de Draymond Green, un dilemme cornélien pour les Warriors

Convaincu qu’il mérite une extension au maximum, Draymond Green met les Golden State Warriors dans une position difficile.

Benjamin MoubechePar Benjamin Moubeche  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Article

Draymond Green est une énigme. Parfait dans le système de Steve Kerr aux Golden State Warriors, on se demande souvent ce qu’il serait en mesure de faire ailleurs. Quelle est sa réelle valeur ? Lui estime mériter un contrat maximum et serait prêt à partir si son équipe refuse de le lui accorder.

En effet, Green attendrait une extension max de 138,4 millions de dollars sur quatre ans de la part de Golden State, d’après The Athletic. Il y sera éligible dans une semaine, à partir du 3 aout, et pense être à la hauteur du montant.

Pilier de la défense et leader vocal des Warriors, l’intérieur a joué crucial dans leurs quatre titres en huit ans. Son impact est indéniable. Il espère maintenant une récompense pour avoir bâti une véritable dynastie aux côtés de Stephen Curry et Klay Thompson.

Draymond Green dispose d’une player option de 27,5 millions de dollars pour la saison 2023-2024. Il pourra choisir de la décliner pour devenir agent libre dès l’été prochain. Une extension selon ses termes ne représenterait finalement que 3,4 millions de dollars de plus que le salaire qu’il devrait toucher s’il prend son option. Un montant très impressionnant à échelle humaine, mais que les Warriors peuvent certainement se permettre de dépenser dans l’absolu.

Le management n’aurait toutefois pas l’intention d’offrir à Green le deal qu’il demande. En tout cas, pas cet été. Le front office ne serait pas disposé à négocier avec lui dès maintenant et préfère remettre cela à l’an prochain. Un suspense qui caractérise bien cette organisation.

Bob Myers, le GM, a toujours fonctionné de cette manière. Il attend généralement qu’un joueur soit dans la dernière année de son contrat pour lui proposer de prolonger. Mais s’il décline son option, l’intéressé pourra tester le marché pendant l’intersaison et sera libre de quitter la Baie.

Green préfèrerait rester dans la franchise qui l’a drafté en 2012, bien entendu. Néanmoins, il envisagerait d’aller voir ailleurs si c’est ce qu’il faut pour obtenir le salaire dont il pense être digne. C’est un risque que Golden State est apparemment prêt à prendre, mais qui les confronte à des questions difficiles.

Draymond Green mérite-t-il le maximum ?

Le "capitaine" des Warriors est un joueur unique en son genre. Il n’a pas réellement son égal dans la ligue, ce qui le rend particulièrement complexe à jauger. Un vrai mystère pour les analystes.

Cette saison, il affiche des moyennes de 7,5 points, 7,3 rebonds et 7 passes par match, à 52,5 % au tir. Une production rare en NBA. Peu d’autres joueurs tournent à plus de 7 unités dans chacune de ces catégories statistiques. Plus précisément, ils sont exactement cinq : Dejounte Murray, James Harden, Luka Doncic, Nikola Jokic, Russell Westbrook.

Encore une fois, dans ce cercle très fermé, Draymond Green constitue une anomalie. Dans un premier temps, il est le seul à marquer aussi peu. Mais il est également le seul à avoir un impact si important en défense.

Défenseur de l’année en 2017 et sept fois All-Defensive Team, l’intérieur en a même fait sa spécialité. Il a été l’ancre défensive de Golden State dans chacune de ses campagnes victorieuses en playoffs. Il en est aussi l’un des principaux playmakers.

Sa plus-value transparaît difficilement dans son palmarès individuel et ses statistiques. Ce qui rend Green si précieux, c’est avant tout son leadership et ce qu’il représente dans le vestiaire. À bien des égards, il apparaît presque indispensable aux Warriors.

D’un autre côté, quelle franchise serait prête à offrir 30 millions de dollars par saison à un joueur qui ne fait qu’un avec le système de son équipe ? Beaucoup de doutes subsistent quant à sa capacité à reproduire la même chose dans un environnement différent. De plus, l’ailier fort aura 37 ans dans la dernière année du contrat qu’il demande et le meilleur de sa carrière semble déjà derrière lui.

Moins de 10 franchises devraient avoir suffisamment de cap space pour lui faire une telle offre en 2023. En l’occurrence, elles sont toutes dans une phase de reconstruction. Difficile — pour ne pas dire impossible — d’imaginer les Pistons, les Pacers ou les Rockets hypothéquer leur avenir sur le plan financier pour un athlète de cet âge.

Avec un marché si limité, il paraît peu probable que Draymond Green puisse atteindre son objectif si ce n’est à San Francisco. La balle serait cependant dans le camp des Warriors dans ce cas de figure. Et sans concurrence, ils n’auraient aucune raison de céder aux exigences du joueur. À moins que cela n’affecte réellement leurs chances de remporter le titre.

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Les enjeux des négociations entre Green et les Warriors

Draymond Green est la voix de la dynastie de Golden State. Dans le vestiaire, il reste le meneur d’hommes indépendamment du nombre de stars auxquelles il doit tenir tête. Sur le terrain, il place sans arrêt ses coéquipiers et se fait le relai du coach. C’est lui qui est chargé de mobiliser les troupes pendant les arrêts de jeu et il prend son rôle de mentor très à cœur auprès des jeunes.

On ne le répètera jamais assez : son impact est unique. Dans le contexte actuel, cette caractéristique a une connotation positive. Mais qu’en sera-t-il si Green n’est pas dans les bonnes conditions pour jouer ce rôle ?

Si le fait que les Warriors refusent de lui accorder une extension ébranle son mental, les conséquences pourraient se révéler particulièrement néfastes. Privé de son énergie et de sa détermination, sa force pourrait disparaître.

Toute la question sera donc de savoir comment il gèrera la chose et à quel point cela affectera le collectif. D’un côté, ses aspirations salariales pourraient le pousser à donner le meilleur de lui-même. D’un autre, un Draymond Green individualiste et démotivé pourrait transformer l’équipe négativement.

S’il va même jusqu’à quitter San Francisco, cela pourrait rapidement dégénérer. Comme on peut s’y attendre, Stephen Curry serait mécontent de voir son coéquipier partir, toujours d’après The Athletic. Le MVP des Finales est encore sous contrat pendant quatre ans et souhaite garder Green et Thompson près de lui.

La potentielle réaction de Curry est l’une des principales sources d’inquiétude pour le front office. Le Big Three est apparemment inséparable à ses yeux. Les Warriors ne voudront certainement pas se risquer à contredire leur Franchise Player.

Les extensions d’Andrew Wiggins et de Jordan Poole figurent toutefois parmi les priorités de la franchise. Klay Thompson y est également éligible, bien que cela passe actuellement au second plan. La situation de Green dépendra probablement de ces autres dossiers et réciproquement.

Par ailleurs, Golden State commence déjà à voir au-delà de ses vétérans et de sa dynastie. Poole (22 ans), James Wiseman (21), Moses Moody (20) et Jonathan Kuminga (19) incarnent l’avenir. Ils devront tôt ou tard signer un nouveau contrat, eux aussi.

Bloquer les finances pour un joueur comme Draymond Green permettra, certes, de préserver le cœur historique de l’équipe. Cela diminuerait cependant leurs chances de prolonger les plus jeunes s’ils progressent de manière optimale. Le choix des Warriors aura ainsi des répercussions sur le court et le long terme. Les enjeux sont colossaux.

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