Dwight Howard ne voulait pas jouer avec Kobe Bryant et souhaitait son amnistie

Dwight Howard a quitté les Los Angeles Lakers pour les Houston Rockets. Malheureux à L.A., D12 ne se voyait pas jouer dans l'ombre de Kobe Bryant.

Dwight Howard ne voulait pas jouer avec Kobe Bryant et souhaitait son amnistie
Une saison. Le passage de Dwight Howard aux Los Angeles Lakers aura fait couler beaucoup d’encre. Pourtant, il ne sera resté qu’une petite saison, un fait rarissime pour la franchise mythique, plus habituée à recueillir les stars qu’à les voir partir vers d’autres contrées, moins médiatisées. En rejoignant L.A. la saison dernière, D12 devait inscrire son nom parmi ceux des grands pivots dominants passés par les Lakers. George Mikan, Wilt Chamberlain, Kareem Abdul-Jabbar, Shaquille O’Neal… tenaient désormais leur successeur. 2,11 m, 120 kilos, un corps taillé dans le marbre, Howard doit devenir la nouvelle star. Celui qui ramènera les « Big Men » à nouveau sur le devant de la scène. La franchise lui promet déjà de lui confier les clés de la « cité des anges » dès le départ de Kobe Bryant. Un an plus tard, Dwight Howard affiche désormais les couleurs des Houston Rockets sur son compte Twitter, pose avec James Harden et se réjouit de bosser avec Kevin McHale et Hakeem Olajuwon. Changement d’ambiance. La courte saison passée par Dwight Howard aux Lakers resterait plus dans les mémoires pour son dénouement en coulisses que pour les performances de l’équipe sur le parquet. Le natif d’Atlanta pensait vraiment pouvoir jouer le titre avec des futurs Hall Of Famers en pagaye, de Bryant à Pau Gasol en passant par Steve Nash. Tout le monde le pensait, ou presque. La chute n’en fut que plus douloureuse. Pourtant, tout porte à croire que les résultats des Lakers n’ont que peu jouer dans la décision du pivot. Principal élément avancé, le plus facile à retenir pour les fans, la présence de Mike D’Antoni. Howard, présenté comme une superstar consommatrice de coach à Orlando, ne supportait pas le coach moustachu selon les dires. Effectivement, il avait lui-même milité pour le recrutement de Phil Jackson, celui qui a fait du Shaq un des pivots les plus dominateurs de l’ère moderne. Pourtant, D12 a vite réfuté cette hypothèse :
« On a eu nos moments, mais je pense que son style était un peu différent de ce que à quoi j’étais habitué. Mais le coach n’est pas le motif de mon départ. »
Certains diront que Dwight Howard n’est pas peu coutumier de la langue de bois. Et bien pourtant, il était sûrement sincère. Certes, si les Lakers avaient licencié Mike D’Antoni, ils auraient sûrement eu plus de chances de conserver leur joueur. En effet, les 30 millions de dollars supplémentaires qu’il pouvait toucher à L.A. (118 millions sur cinq au lieu de 88 millions sur quatre saisons à Houston) ont clairement fait réfléchir le néo-Rocket. Le licenciement de « Springles » aurait pu le faire définitivement changer d’avis mais ce n’est même pas certain. D’ailleurs, les Texans pratiquent un basket finalement pas si éloigné du concept de Mike D’Antoni, à savoir courir vite et balancer à trois-points. On pourrait ajouter que James Harden est l’un des meilleurs joueurs sur les pick&roll, un système qui ennuyait terriblement le pivot angelenos. Steve Nash a d’ailleurs rappelé que le jeu des Lakers ressemblait pour beaucoup à celui d’Orlando version D12… Et niveau lecture du jeu, Nash est loin d’être une buse. Non, il y a autre chose de bien plus important qui handicapait Howard dans sa vie en Californie. Dwight Howard ne voulait pas – ou plus – jouer sous les ordres de Kobe Bryant. Flashback. Lorsque D12 squattait encore la raquette du Magic, il avait fait part de ses envies de rejoindre Los Angeles. Kobe lui avait alors promis un rôle de… troisième option offensive. Vexé, Dwight a vite réclamé un transfert vers… les Nets. Howard se considère comme un pivot dominant (pour les sceptiques, voir la saison 2010-2011 du pivot avec Orlando, 2ème du vote pour le MVP). Il ne veut pas jouer les lieutenants de luxe.
« Le timing n’était pas le bon avec L.A… Peut-être deux ans en arrière (lorsque les Lakers coulaient en playoffs et lorsque D12 était au top) ou deux, trois ans plus tard (lorsque Kobe sera trop vieux), ça aurait marché. Le timing n’était pas bon pour moi. Je ne dis pas que Los Angeles n’est pas le bon endroit, mais en matière de basket ce n’était pas le bon timing. Vous pouvez mettre n’importe qui sur le terrain et espérer les voir gagner mais les pièces doivent s’entendre pour que ça marche. Et c’était très, très dur », expliquait Dwight Howard.
Elle est là, la bombe. Oui, le timing n’était pas le bon. Les Los Angeles Lakers sont encore l’équipe de Kobe Bryant et non pas celle de Dwight Howard, comme l’organisation l’avait faite entendre. Une semaine avant la free agency, KB24, qui avait jusqu’alors prévu de prendre sa retraite à l’été 2014, affirmait pouvoir finalement jouer trois, quatre saisons. Mauvais timing, vous avez dit ? Howard n’aurait pas supporté de rester dans l’ombre du quintuple champion NBA.
« Comment ça peut être l’équipe de Kobe et l’équipe de Dwight en même temps ? », s’interroge une source proche du pivot à ESPN.
Le pivot de 27 ans, en pleine force de l’âge, a donc craint d’être mis de côté par son coéquipier de 34 ans, en pleine rééducation d’un tendon d’Achille déchiré. En rejoignant James Harden et sa bande, la question ne se pose pas. « The Bearded One » est l’un des stars montantes de la NBA, l’un des 15 meilleurs joueurs de la ligue mais il n’a pas encore le vécu d’Howard (2ème au vote de MVP, trophée de meilleur défenseur, finale NBA). Le joueur de 27 ans a insisté plusieurs fois sur l’importance « d’être heureux, de prendre du plaisir en jouant ». Pour cela, Dwight voulait de grandes responsabilités tout en ayant du soutien à ses côtés. Tout ce qu’il trouvera à Houston. Toujours selon ESPN, Howard et ses représentants auraient même demandé aux dirigeants des Lakers s’ils envisageaient, ou si au moins ils allaient réfléchir, au fait d’amnistier Kobe Bryant. Amnistie – Kobe Bryant, deux termes qui ne vont pas ensemble dans la même phrase. Le front office a évidemment répondu que la retraite du « Black Mamba » ne dépendait que de la décision de Kobe lui-même. Autrement dit, les Lakers n’auraient pas donné un coup de pouce à Dwight Howard pour évincer le numéro 24 le plus célèbre de la franchise. Quelques semaines plus tard, la star s’envolait pour Houston. Les meetings n’ont finalement que très peu joué dans sa décision. Dallas et Golden State avaient – semble-t-il – les meilleurs speechs. Dwight Howard n’a pas retenu une seule de ces deux franchises dans son choix final. D’ailleurs, son véritable premier choix n’était pas de rejoindre Houston. Il voulait jouer avec Chris Paul. Les deux hommes s’étaient entendus sur une éventuelle signature commune aux Clippers, Lakers ou Hawks. Howard attendait donc de ses dirigeants une amnistie de Kobe, ou un éventuel trade de Nash & Gasol afin de libérer l’espace nécessaire pour accueillir CP3. Raté. Dwight Howard et Kobe Bryant étaient trop différents pour cohabiter, même au sein d’une ville aussi grande que Los Angeles. Le pivot à sa manière de mener ses troupes, Kobe a la sienne.
« Tout le monde est fait différemment », rappelle Bryant. « Howard avait sa vision sur le leadership. Elle marche pour lui. Les leaders qui sont passés ici – moi, Kareem, Magic – nous faisons d’une manière différente et ça a marché pour nous. »
Autrement dit, va faire le gugusse à Houston, tu ne gagneras pas. C’est désormais à Dwight Howard de prouver qu’il peut s’imposer au sein d’un système qu’il aura lui-même choisi cette fois…