Et si Charlotte devait tourner la page LaMelo Ball ?

LaMelo Ball reste le moteur offensif des Hornets, mais son impact collectif interroge. Charlotte doit se demander s’il n’est pas temps d’agir.

Et si Charlotte devait tourner la page LaMelo Ball ?

« Si tu as un doute sur ton playmaker, mieux vaut pas trop tarder avant de le trader. » La phrase lâchée par Théo dans le CQFR résume un malaise qui dépasse le simple match perdu. Du côté de Charlotte, l’épisode face à Indiana (défaite 114-112) a remis LaMelo Ball au centre d’une question devenue récurrente : les Hornets peuvent-ils vraiment construire un projet gagnant en faisant de lui le moteur principal, ou faut-il agir avant que sa valeur ne baisse encore ?

Un contexte qui interroge, même quand LaMelo flambe

Sur le papier, LaMelo Ball a fait ce qu’on attend d’une star : 33 points en 27 minutes, une activité offensive énorme, un +19 au différentiel. Mais la soirée a surtout été marquée par un choix de gestion étonnant : LaMelo est sorti du banc sur un back-to-back, officiellement pour être ménagé… tout en jouant quasiment le même temps qu’un titulaire.

« C’est un back-to-back donc je veux le faire jouer mais je vais le ménager. Il sort du banc. Mais est-ce que tu (le) ménages ? Il joue quand même 27 minutes. C’était étonnant », constate Antoine. Et l’attaque, elle, a tourné autour de lui : « Il a pris 24 tirs en 27 minutes. Dont 15 tirs à 3 points. » Autrement dit, un volume massif, mais un résultat collectif qui ne suit pas.

Le duo Knueppel - Brandon Miller change la donne

L’argument principal avancé dans le débat est simple : Charlotte commence à entrevoir une autre hiérarchie possible, moins dépendante d’un meneur ultra-dominant. « Kon Knueppel et Brandon Miller sont appréciés par la franchise , ils font de belles perfs. Knueppel, c’est aussi un bon créateur. Miller, il n’est pas ridicule non plus balle en main », assure Antoine.

Le constat suit immédiatement : « Ils n’ont pas un énorme besoin d’avoir un meneur autour d’eux. En tout cas pas d'un meneur qui a beaucoup, beaucoup de ballons. » Si Charlotte croit à ce duo sur la durée, garder LaMelo au centre de tout devient moins une évidence, surtout si la franchise veut évoluer vers un jeu plus polyvalent.

Une valeur de marché qui risque de s’éroder

L’autre inquiétude est celle du timing. Le marché NBA semble aujourd’hui moins favorable aux meneurs scoreurs très ball-dominants. « On voit déjà qu’il y a pas un grand intérêt pour les meneurs », rappelle Antoine. « Ja Morant, Trae Young, LaMelo Ball, ce sont des joueurs qui ont beaucoup la balle. »

Le problème n’est pas le talent pur, mais l’équation « statut + contrat + impact ». « C’est dur de prouver que ton équipe est forcément toujours meilleure quand c’est eux qui ont autant la balle. » Mais également : « C’est dur de les faire jouer sans le ballon. (…) C’est des mecs qui ne défendent pas. »

Dans ce contexte, attendre peut devenir dangereux. Le parallèle avec Atlanta est explicite : « La leçon à retenir, c’est que si tu as un doute, mieux vaut pas trop tarder parce que tu te retrouves sinon avec CJ McCollum en fin de carrière et de la monnaie. »

Un profil qui colle mal aux tendances actuelles

Au-delà du cas LaMelo, l’échange pose une question plus large : que recherchent les franchises en reconstruction aujourd’hui ? La réponse est nette : « Des joueurs modernes, de la taille sur toutes les positions, capables d’être polyvalents, de jouer avec et sans le ballon. » À l’inverse, les « stars » dont on n’est pas sûr qu’elles fassent gagner, voient leur cote se détacher de leur réputation : « Leur valeur n’est pas en corrélation avec leur statut. »

Et c’est là que Charlotte doit trancher : continuer avec LaMelo comme visage et premier créateur, ou profiter d’une fenêtre encore ouverte pour récupérer des assets, clarifier la hiérarchie autour de Miller et Knueppel, et éviter d’arriver trop tard au moment où « sexy » ne suffira plus à peser dans une négociation.

En espérant que ça ne le soit pas déjà, trop tard. Car l’interrogation d’Antoine est légitime : « Les meilleures équipes aujourd’hui, elles ont déjà leur premier créateur. Je ne vois pas quelle équipe va s’intéresser à LaMelo Ball ». A part « des équipes en reconstruction qui veulent remplir la salle », selon Théo.

En tout cas, le temps presse, et les Hornets vont devoir vite trancher.

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